INTELLIGENCE SITUATIONNELLE : de quoi s’agit-il et comment la développer ?

L’adaptation à des situations imprévisibles, résistantes à l’analyse ou à l’usage de concepts, pas forcément logiques, non catégorisables, nécessite de disposer d’une pensée stratégique et d’une pratique des situations. Parce que les situations guident nos attitudes, notre comportement et nos décisions, développer une intelligence situationnelle s’avère fondamental.

De quoi s’agit-il ?

L’intelligence situationnelle s’entend de la capacité à comprendre une situation dans ses différentes dimensions et sa complexité pour s’y adapter et y apporter une réponse appropriée.

Être malin, saisir les opportunités, retourner les situations à son avantage passe par un geste, des mots, une attitude qui va faire évoluer la situation. Que ce soit le silence ou le passage immédiat à l’action, il s’agit de conjuguer ses aptitudes rationnelles et émotionnelles pour impacter favorablement la situation.

L’intelligence situationnelle s’exprime pleinement dans les relations interpersonnelles et de groupe. Les occasions de concertation, de négociation, de gestion des conflits ou de conseil sont autant de moments dans lesquels elle s’exprime pleinement.

Elle requiert de s’exprimer et de défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres, être empathique, réagir de façon appropriée en fonction de la situation, des enjeux, des rapports de force objectifs, de facteurs humains subjectifs.

Outre des capacités relationnelles et émotionnelles, elle met en jeu une aptitude stratégique des situations, à savoir: percevoir une scène professionnelle dans sa globalité, interne et externe, dégager les pistes d’opportunités tout en évitant les obstacles, les chausse-trappes, les blocages ou les impasses.

Comment développer une intelligence des situations ?

De façon générale, cela nécessite de :

  • mobiliser son attention ;
  • décoder les formes d’expression, les postures, le body langage ;
  • envisager les options possibles ;
  • décider du bon chemin ;
  • et passer à l’action, dans la temporalité la plus appropriée, en jouant sur l’effet de surprise ou à l’inverse en laissant du temps au temps.

Intelligence pragmatique de la complexité, elle renforce ses capacités à faire face à toutes sortes de situations, à oser en provoquer certaines ou à échapper à certaines.

Se mettre en « bonne situation » se travaille au quotidien. Les situations à chaud forgent l’expérience. L’empirisme fait le manager s’il sait anticiper, occuper le terrain afin de disposer d’un coup d’avance et exploiter les opportunités.

Comment la renforcer au quotidien ?

 Cela passe par :

  • la préparation de ses interventions :

    • Se comprendre soi-même : analyse de ses forces/faiblesses, de ses acquis;
    • Comprendre les autres acteurs : recueillir des informations sur les personnes à rencontrer, les points abordés, se mettre à la place des autres;
    • anticiper les enjeux de chacun, leur comportement, préparer des scénarios (plan A, plan B).
  • la concentration dans l’action :
    • Être attentif aux autres : observer la communication verbale ou non verbale, la tonalité des échanges, l’évolution des positions de chacun et les stratégies de groupe.
    • Écouter, questionner, reformuler, être dans la réflexion, ne pas interpréter ou faute de jugements de valeur, être empathique.
  • le diagnostic,
  • l’adaptation et l’action : identifier les solutions concrètes, arrêter une stratégie et un plan d’action.
  • la maîtrise de soi :ne pas se laisser envahir par les émotions, prendre du recul;
  • L’analyse à froid de ses pratiques et des points à améliorer:
    • Le regard critique sur ses pratiques (ateliers de codéveloppement, réseaux d’échanges de pratiques, demander des retours sur ses points forts ou faibles),
    • Faire évoluer certaines pratiques, comportements.
  • Le perfectionnement : formations liées à la communication, recherche de situations formatrices sur un plan individuel ou de groupe

Quelles applications selon la configuration ?

  • La gestion des conflits ou la négociation :

    • la connaissance des groupes en présence (rôle, enjeux positions, points d’accord ou de désaccord, réactions attendues, niveau de responsabilité, parcours professionnel);
    • l’évaluation des enjeux spécifiques, des attentes respectives, des alliances possibles;
    • la répartition des rôles de chacun;
    • la définition de la position générale et des points négociables ou non négociables.
  • Le management :

Une approche situationnelle va s’appuyer sur :

    • une ouverture aux idées différentes,
    • l’encouragement de la curiosité de chacun,
    • le développement de la capacité d’anticipation et d’adaptation.

Elle va favoriser la mobilisation de l’intelligence collective, la cohésion et l’adaptation au changement

Facilitant les agissements dans des situations et des contextes très variés engageant des interlocuteurs très différents, l’intelligence situationnelle permet d’être plus pertinent dans l’action quand l’imprévu arrive.

Mieux anticiper, gérer les aléas et renforcer la confiance en soi apporte une grande sérénité et maîtrise dans l’action.