Les centennials, ou génération Z, forment la cohorte née entre 1995 et 2011. D’adolescents à jeunes adultes, les centennials représentent plus d’un quart de la population mondiale. On les surnomme parfois la nouvelle génération silencieuse, en référence à celle de leurs arrière-grands-parents, réputée travailleuse, peu revendicative et attachée aux valeurs d’autorité et de responsabilité. Le rapprochement tient sur un point décisif : comme elle, les centennials ont grandi dans l’incertitude économique et en ont tiré une prudence durable.
Qui sont les centennials
Les bornes de 1995 et 2011 succèdent sans rupture à celles des millennials, arrêtées en 1994. En 2026, les plus âgés ont trente et un ans et les plus jeunes quinze. C’est la première génération à n’avoir jamais connu un monde sans Internet, ce qui constitue la ligne de partage la plus nette avec toutes celles qui la précèdent.
On les assimile parfois à des millennials en version améliorée. La formule est réductrice, mais elle capte quelque chose : les centennials sont plus décomplexés, plus créatifs et plus proactifs que leurs aînés immédiats, sans partager leur optimisme initial.
Un rapport natif au numérique
Là où leurs aînés ont adopté la technologie progressivement, jusqu’à en faire parfois un usage excessif et peu réfléchi, la génération Z l’a toujours pratiquée. Elle en fait un emploi sélectif et utilitaire, choisissant ses plateformes plutôt que de les cumuler.
Avides de connaissances rapides à assimiler et à réutiliser, ils préfèrent créer seuls ou collaborer à plusieurs plutôt que copier, sélectionner et partager des contenus produits par d’autres. Ils appartiennent à une communauté qui va de soi, quand leurs parents s’étaient lancés dans une adhésion communautaire effrénée, notamment via les grands réseaux sociaux.
La communication des centennials
Ils cherchent à afficher leur singularité et à donner d’eux-mêmes une image valorisante, mais dans des cercles discrets et restreints plutôt que devant une audience large. Pour communiquer, ils privilégient l’image, la vidéo courte, le GIF et l’émoji au texte, jugés plus instantanés et plus percutants.
Le marketing des marques a repris cette logique à son compte sous le nom de snack content, le contenu au format court qui va droit au but. C’est l’un des rares cas où les usages d’une génération ont directement reformaté les pratiques professionnelles qui la ciblent.
Une génération prudente
Ayant toujours connu le chômage de masse, ils se montrent nettement plus préoccupés par l’avenir que les millennials. Surprotégés par des parents dits hélicoptères, ils veulent travailler pour réussir, là où leurs aînés cherchaient d’abord à vivre l’instant et à obtenir la meilleure expérience possible au travail.
- Un départ du domicile parental retardé, phénomène que l’on désigne en France sous le nom de Tanguy. Selon l’INSEE, une large majorité des 18-24 ans habite encore chez ses parents tout ou partie de l’année.
- Une prudence financière marquée : soucieux de payer les biens et services à leur juste prix, ils s’endettent moins que leurs aînés.
- Un fort esprit de compétition, assumé sans les réserves idéologiques des générations précédentes.
- Une admiration pour les influenceurs, notamment les youtubeurs, qui démontrent qu’avec de la ténacité et du travail tout reste possible.
- La création d’entreprise comme issue : un moyen de se faire une place dans une société perçue comme bloquée et de sortir de la dépendance parentale.
- Le cumul d’activités : prêts à mener de front plusieurs projets ou passions, ce qui leur a valu le surnom de slasheurs.
Les valeurs des centennials
Ils sont très préoccupés par l’environnement et le développement durable, et se montrent prêts à agir plutôt qu’à rester des spectateurs engagés : l’engagement bénévole y est nettement plus répandu que dans les cohortes précédentes au même âge.
Ils accordent aussi une réelle importance à ce qu’ils consomment, avec une préférence marquée pour la cuisine maison, les produits frais et naturels, et une attention à l’hygiène de vie souvent outillée par des applications de suivi. Cette exigence alimentaire est l’un des traits qui les distinguent le plus nettement des millennials.
Plus exigeants, plus créatifs et plus impétueux que leurs aînés, les centennials forment une génération pragmatique et plus casanière, qui se prépare activement à transformer l’entreprise, vers plus de flexibilité, d’agilité, d’humanité, d’égalité et de sens, et la société, vers plus de justice, de solidarité et de responsabilité environnementale.
Leur place dans la succession des générations
- La génération silencieuse, née entre 1925 et 1945, celle de leurs arrière-grands-parents, à laquelle on les compare si souvent.
- Les baby-boomers, nés entre 1946 et 1964, leurs grands-parents, dont l’optimisme leur est étranger.
- La génération X, née entre 1965 et 1979, souvent celle de leurs parents.
- Les xennials, nés entre 1975 et 1985, dernière cohorte à se souvenir du monde d’avant Internet.
- Les millennials, ou génération Y, nés entre 1980 et 1994, leurs aînés immédiats et principal point de comparaison.
- Le tableau général des générations occidentales, pour situer chaque cohorte d’un coup d’œil.
Questions fréquentes
Quelles sont les dates des centennials ? Le site retient 1995 à 2011, bornes qui s’enchaînent sans rupture avec les millennials, arrêtés en 1994. Les références internationales varient : le Pew Research Center fait commencer la génération Z en 1997 et la clôt en 2012. Le critère de fond reste le même dans tous les cas, à savoir n’avoir jamais connu un monde sans Internet ni sans téléphone mobile.
Centennials, génération Z, zoomers : quelle différence ? Aucune, ce sont trois noms pour la même cohorte. Génération Z prolonge la logique alphabétique après X et Y. Centennials renvoie à la naissance autour du changement de siècle. Zoomers est un mot-valise apparu sur les réseaux sociaux, formé sur boomers, et employé le plus souvent avec une nuance ironique. Le premier domine dans les études, le troisième dans l’usage courant.
Pourquoi les appelle-t-on la nouvelle génération silencieuse ? Parce qu’ils partagent plusieurs traits avec la cohorte née entre 1925 et 1945 : prudence financière, attachement à la sécurité de l’emploi, goût de l’effort et méfiance envers les promesses. Dans les deux cas, ces dispositions viennent d’une jeunesse marquée par l’incertitude économique. La comparaison a toutefois une limite : les silencieux se taisaient, alors que la génération Z s’exprime abondamment, simplement sur d’autres terrains.
Que signifie être un slasheur ? Le terme désigne quelqu’un qui exerce plusieurs activités de front, la barre oblique du mot anglais slash servant à les séparer dans la présentation de soi. Chez les centennials, ce cumul n’est pas toujours subi : il combine souvent un emploi principal, une activité indépendante et un projet créatif. Il traduit à la fois une précarité réelle et un refus assumé de se laisser définir par un seul métier.
Aller plus loin :
Les grandes générations sociales occidentales du XXe et du XXIe siècle