Prise de notes visuelle ou « sketchnoting » : une méthode d’apprentissage ludique très efficace

L’apprentissage visuel serait plus adapté au fonctionnement de notre cerveau, engagé en permanence dans des connexions multiples et l’association d’idées. Sans structure prédéfinie, le sketchnoting ou « prise de notes visuelle » permet d’organiser, de synthétiser et de mieux s’approprier les connaissances à long terme.

De quoi s’agit-il ?

Une sketch note, combinaison de deux termes anglais (« notes » ou « prise de notes » et « sketch », esquisser, dessiner, griffonner), est une note réalisée au moyen d’un dessin. Méthode de prise de notes mêlant l’écrit et le dessin, elle est souvent réalisée lors d’un événement (conférence, interview, concert, réunion…). Cette technique de facilitation graphique permet de traduire des informations de façon dynamique avec des mots clés, des schémas, des formes géométriques, des flèches de liaison…

La méthode du sketchnoting a été formalisée en 2006 par le designer et auteur américain Mike Rohde. Estimant que la prise de notes traditionnelle échouait à capturer l’ensemble des détails d’une conférence, il a eu l’idée de combiner les méthodes classiques de prise de notes avec le doodling (l’art de griffonner) pour créer des notes plus faciles à mémoriser. Il a d’abord baptisé ses notes « sketchnotes », combinant croquis (sketches) et notes, avant de populariser la méthode avec son livre The Sketchnote Handbook (2013).

Cette technique vient donc du doodling, une méthode simple de dessin accessible à tous. Par rapport au mind mapping, l’organisation et la description de l’information sont plus ouvertes. Cette technique vise la « simplexité », la capacité à rendre simples des notions complexes. Les mettre en images permet en effet de les rendre accessibles à tous.

Par définition, elle nécessite de :

  • maîtriser une démarche de synthèse créative de l’information,
  • utiliser une technique de prise de notes mêlant titres, mots, lettres, éléments graphiques, images, flèches, encadrements, puces…

Quels sont ses objectifs ?

Elle vise à :

  • respecter le fonctionnement du cerveau,
  • sortir de la linéarité en exprimant les idées d’une autre façon et en introduisant des liens, des images, des mots clés,
  • stimuler la créativité, l’apprentissage ludique,
  • donner une vision globale du sujet traité, aller à l’essentiel, synthétiser et résumer.

De fait, elle facilite l’attention, l’écoute active, l’organisation des idées et leur mémorisation à long terme. Méthode de prise de notes, mode d’expression, de partage et de mémorisation des informations, en triant l’information, elle permet d’éviter la surcharge cognitive.

Comment procéder ?

L’apprentissage du sketchnoting n’est pas difficile, mais demande un minimum d’entraînement, de dépassement des appréhensions personnelles sur ses capacités en dessin, d’intégrer quelques éléments formels de base (personnages, formes simples — triangles, carrés, ronds, flèches, connecteurs) et d’écrire les textes avec soin.

Cela peut se faire en trois temps : une phase de prise de notes classique ou seulement des mots clés, une phase de « crayonné » qui pose les bases de la sketchnote, et ensuite la finalisation (le passage au noir et à la couleur).

Pour se lancer, il s’agit de :

  • commencer progressivement par petites touches sur un sujet sans enjeu (comment organiser son temps de la semaine à venir, par exemple) ;
  • définir ses objectifs (but, résultats) ;
  • se lancer à dessiner, filtrer les informations et les placer sur une page ;
  • maîtriser les éléments visuels pour organiser l’information (personnages, conteneurs, courbes, bannières, cercles, progression par escalier, lignes brisées, quadrillage…) ;
  • ajouter un titre de manière à le souligner par rapport à l’ensemble, et travailler le lettrage et la typographie pour faciliter la lecture ;
  • disposer les éléments sur la page en adoptant une structure (colonnes, bandes horizontales, cases, puces numérotées) et des séparateurs pour faciliter le trajet visuel ;
  • exprimer les idées à l’aide de mots clés, de phrases courtes, de dessins, d’icônes, de symboles, d’illustrations et de personnages ;
  • utiliser la couleur en alternant les couleurs chaudes et froides pour regrouper ou séparer les informations (délimiter les espaces, créer des contrastes…), enjoliver (décorer, faire briller…), créer du relief (surligner ou souligner une info importante…) ;
  • finaliser la planche après coup en retravaillant contrastes, taille des éléments, ombres, profondeur, répétition.

Quels outils sont disponibles ?

En dehors des applications permettant de combiner des images, il existe des outils libres pour s’exercer (Sketch et Sketchboard.io) ou pour animer ses dessins.

Méthode de prise de notes ludique très efficace, mêlant différents sens, elle favorise l’attention et s’adapte à tout type de mémoire (visuelle, verbale, kinesthésique…). Elle a par ailleurs un pouvoir apaisant, permettant de ralentir le rythme favorisant la mémorisation à long terme.

Questions fréquentes

Faut-il savoir dessiner pour faire du sketchnoting ?

Non, la qualité artistique n’est pas l’objectif. Il s’agit de capturer une information de façon mémorable pour soi-même, avec des formes simples et des mots clés, pas de produire une œuvre.

Quelle est la différence entre sketchnoting et facilitation graphique ?

Le sketchnoting est généralement une pratique individuelle de prise de notes personnelles, tandis que la facilitation graphique (ou capture graphique) vise à restituer en temps réel des échanges de groupe, souvent affichés collectivement.

Quel matériel utiliser pour débuter ?

Un simple cahier, un feutre noir fin et quelques marqueurs de couleur suffisent pour commencer, avant d’explorer des outils numériques dédiés si l’on souhaite aller plus loin.

Aller plus loin :

CARTE MENTALE ou MIND MAPPING

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