Parmi les mots variables, le verbe est celui qui connaît le plus de variations. En français, les modes et les temps organisent ces variations : le mode indique la façon d’envisager l’action (certaine, incertaine, soumise à condition, ordre), le temps la situe dans la chronologie. Bien distinguer les modes et les temps est donc essentiel pour conjuguer juste. Cet article présente les modes et les temps du verbe, puis précise, mode par mode, quand employer chaque temps.
Quels sont les modes et les temps du verbe ?
Un mode est la façon d’envisager l’action exprimée par le verbe : certaine, incertaine, soumise à condition, ordre, nom ou adjectif. Il existe deux types de modes :
- les modes personnels : ceux dans lesquels le verbe se conjugue selon la personne, introduits par un pronom personnel (je, tu, il…) ;
- les modes impersonnels : ceux dans lesquels le verbe ne varie pas selon la personne (infinitif, participe, gérondif) et permettent de lui conférer des emplois réservés à d’autres classes, comme le nom ou l’adjectif.
Aux modes personnels, le temps permet de situer les actions les unes par rapport aux autres, dans le présent, le passé ou le futur. C’est cette combinaison entre les modes et les temps qui donne à chaque mode personnel ses propres temps :
- L’indicatif, qui exprime des actions et des vérités générales : présent, imparfait, passé simple, passé composé, plus-que-parfait, passé antérieur, futur simple et futur antérieur.
- Le subjonctif, qui exprime un souhait, une volonté ou un conseil : présent, imparfait, passé et plus-que-parfait.
- Le conditionnel, qui exprime une condition : présent et passé.
- L’impératif, qui exprime un ordre : présent et passé.
Quand utiliser chaque mode et le temps associé ?
Le choix entre les modes et les temps dépend de l’intention exprimée. Voici, mode par mode, les principaux emplois de chaque temps.
1 / L’indicatif exprime l’affirmation, la certitude ou la probabilité d’une action située dans le passé, le présent ou le futur :
- Le présent s’utilise pour :
- une action qui se passe au moment où l’on parle : « Je regarde la télévision » ;
- une action habituelle, un fait scientifique, un fait toujours vrai ou un proverbe : « Tous les samedis, je m’exerce à l’escrime ; la Terre tourne autour du Soleil ; le temps est assassin » ;
- un compte rendu, un commentaire : « Le Tour de France arrive à Paris un dimanche » ;
- une action dans un passé récent : « Je viens de rentrer de l’école » ;
- une action du passé qui se poursuit dans le présent : « Je révise mes cours depuis une heure » ;
- une action future dépendant d’une autre, souvent avec la conjonction si : « Un mot de plus, et tu montes dans ta chambre ; s’il ne s’entraîne pas, l’équipe perd le match. »
- Le passé simple, temps du récit écrit : « Il sortit en trombe de la classe, passa devant le proviseur et s’enfuit en courant. »
- Le passé antérieur, à l’écrit, pour une action passée immédiatement antérieure à une autre au passé simple : « Dès qu’ils eurent marqué, le stade se leva comme un seul homme. »
- L’imparfait, pour une action en cours d’accomplissement dans le passé : « En pleine mer, les deux trois-mâts s’affrontaient : certains matelots tiraient au canon, d’autres se battaient à l’épée. »
- Le passé composé, pour une action réalisée dans le passé. À l’oral, il présente une succession d’actions ou une vérité générale : « Hier, j’ai obtenu mon permis. Je me suis marié. »
- Le plus-que-parfait, pour une action antérieure à une autre, avec un intervalle entre les deux ; il exprime aussi une habitude, une hypothèse ou un regret : « Si on avait su, on ne serait pas venus. »
- Le futur simple, pour une action à venir, proche ou lointaine : « Nous en reparlerons lorsque le temps s’y prêtera. »
- Le futur antérieur, pour une action future antérieure à une autre action future : « Il dépassera son père lorsqu’il sera adulte. »
2 / Le subjonctif exprime l’incertitude ou la possibilité d’une action :
- Le présent, pour une action simultanée à l’action principale, ou postérieure à elle : « Je souhaite que tu viennes ; je sifflerai pour que tu comprennes le signal. »
- Le passé, pour une action antérieure à l’action principale ou achevée à un moment précis : « J’ai détesté qu’il vienne avec son chien ; vous chanterez jusqu’à ce que vous ayez compris les paroles. »
- L’imparfait et le plus-que-parfait, réservés au français soutenu, quand l’action principale est au passé ou au conditionnel : « Il souhaita qu’elle vînt seule » (forme soutenue de « qu’elle vienne »).
3 / Le conditionnel exprime une action, présente ou passée, qui dépend d’une condition directe ou indirecte :
- Le présent, pour une action soumise à condition, un souhait, un regret, une demande polie ou un défi : « Si vous gagniez, nous serions fiers ; je souhaiterais le vérifier. »
- Le passé (forme courante), pour une action qui aurait eu lieu si une condition avait été remplie, ou une information à vérifier : « Si tu m’avais écouté, nous n’en serions pas là ; j’ai cru comprendre que tu aurais souhaité être vétérinaire. »
- Le passé, forme littéraire (identique au subjonctif plus-que-parfait) : « Si j’avais su, il n’eût pas terminé ses vacances. »
4 / L’impératif exprime un ordre, un conseil ou une défense, au présent ou au passé :
- Le présent : « Prends-en de la graine ; sers-toi ; prends garde à toi. »
- Le passé, pour une action à accomplir avant un moment donné : « Sois arrivé avant la nuit. »
Questions fréquentes
- Quelle est la différence entre un mode et un temps ? Le mode traduit la façon d’envisager l’action (certaine, incertaine, ordre…) ; le temps la situe dans la chronologie et indique si elle est accomplie ou en cours.
- Combien de modes personnels compte le français ? Quatre : l’indicatif, le subjonctif, le conditionnel et l’impératif. S’y ajoutent trois modes impersonnels : l’infinitif, le participe et le gérondif.
- Quand emploie-t-on le subjonctif plutôt que l’indicatif ? L’indicatif énonce un fait réel ou certain ; le subjonctif s’impose après l’expression d’un souhait, d’une volonté ou d’un doute, le plus souvent introduit par « que ».
- Passé simple ou passé composé ? Le passé simple appartient au récit écrit et soutenu ; le passé composé domine à l’oral et dans la langue courante.
Savoir quel mode et quel temps choisir est essentiel pour s’exprimer correctement, à l’oral comme à l’écrit, selon la situation.