Génération alpha (2012-… ) : une génération née dans le numérique

La génération alpha correspond à la cohorte née à partir de 2012, baptisée ainsi par le sociologue et démographe australien Mark McCrindle. Première classe d’âge entièrement née au XXIe siècle, la génération alpha a aujourd’hui entre la naissance et quatorze ans : ses aînés sont au collège. Aux caractéristiques et aux comportements inédits, la génération alpha concentre déjà l’attention des marques, contraintes de repenser entièrement leur offre et leur communication pour l’atteindre.

Qui est la génération alpha

Le nom vient de l’alphabet grec. Après X, Y et Z, la série latine était épuisée : McCrindle a choisi de recommencer avec une autre alphabet, pour signifier qu’il ne s’agissait pas d’un prolongement mais d’un nouveau départ. La cohorte s’étend jusqu’en 2024 dans sa définition d’origine, la génération suivante, baptisée bêta, commençant en 2025.

Sur ce site, la borne basse est fixée à 2012, dans la continuité des centennials arrêtés en 2011. McCrindle retenait quant à lui 2010. L’écart de deux ans ne modifie en rien la caractérisation du groupe.

Née dans le numérique, pas avec

La formule est de McCrindle : cette génération est née dans et non avec le numérique. La nuance est réelle. Les centennials n’ont jamais connu de monde sans Internet, mais leurs parents leur ont transmis un rapport à l’écran encore marqué par l’apprentissage. Les alphas, eux, trouvent l’interface tactile aussi évidente qu’une poignée de porte.

Les enquêtes conduites dans les pays anglo-saxons au cours des dernières années dessinaient déjà cette tendance : une large majorité d’enfants américains manipulait des applications ou des jeux sur smartphone avant trois ans, une part importante des trois-quatre ans consultait des plateformes vidéo, et le premier téléphone personnel arrivait autour de six ans. Ces ordres de grandeur ont toutes chances d’avoir progressé depuis.

Cette génération est connectée à tout, au sens propre de l’expression internet of everything. À l’aise avec les surfaces tactiles et les objets connectés, elle privilégie les contenus vidéo, authentiques, vivants, dynamiques et directement utiles.

Ce que la génération alpha change pour les marques

Retenir une attention aussi volatile suppose de changer de méthode. Trois chantiers reviennent systématiquement :

  • Une présence transmédia : le récit se déploie sur plusieurs supports complémentaires plutôt que d’être décliné à l’identique partout.
  • Des outils de réalité augmentée et virtuelle, qui répondent à une attente d’immersion plutôt que de consultation.
  • L’intelligence artificielle, pour la personnalisation et l’interaction conversationnelle, devenue un standard implicite pour cette classe d’âge.

Reste le préalable : instaurer un rapport de confiance solide. Ce public est surinformé et déjà très sollicité, ce qui rend les approches publicitaires classiques largement inopérantes sur lui.

Un avenir professionnel incertain

Génération la mieux informée de l’histoire, elle promet d’être plus indépendante et entreprenante, par choix autant que par nécessité. Elle affrontera la généralisation du travail indépendant et une économie à la demande, la gig economy, où la mission remplace l’emploi.

En l’absence de régulation contraignante et avec le rétrécissement de la sphère publique protectrice, il est probable qu’elle connaisse davantage de précarité et d’inégalités que les générations qui l’ont précédée. C’est l’hypothèse la plus souvent avancée, et rien dans les évolutions récentes ne la contredit.

Les défis de la génération alpha

Ultra adaptable, s’autoformant en permanence par l’apprentissage mixte qui combine présentiel et distanciel, fonctionnant en mode projet, elle aura à relever des défis d’une ampleur inédite.

Les vagues de transformation numérique à venir, internet des objets, intelligence artificielle générative, web décentralisé, promettent de bouleverser la société, le rapport au travail, les interactions économiques et le lien social. À cela s’ajoutent deux inconnues qui ne figuraient pas dans les projections faites à sa naissance : le dérèglement climatique, dont elle vivra les effets à l’âge adulte, et l’automatisation d’une part des métiers intellectuels, qui pourrait redéfinir la valeur même de la formation.

Sa place dans la succession des générations

Questions fréquentes

Quelles sont les dates de la génération alpha ? Ce site retient une naissance à partir de 2012, dans la continuité des centennials arrêtés en 2011. Mark McCrindle, qui a forgé le terme, fait commencer la cohorte en 2010 et la clôt en 2024. Les deux découpages coexistent dans la littérature. Ce qui fait consensus, c’est le critère : être né après la diffusion massive du smartphone et de la tablette, l’iPad étant sorti en 2010.

Pourquoi une lettre grecque ? Parce que l’alphabet latin était épuisé. Après les générations X, Y et Z, McCrindle a proposé de repartir sur l’alphabet grec plutôt que de revenir au A, afin de marquer une rupture plutôt qu’une continuité. La logique s’est poursuivie : la génération suivante, née à partir de 2025, a été baptisée bêta.

Quelle différence avec les centennials ? Une nuance de degré qui produit une différence de nature. Les centennials n’ont jamais connu de monde sans Internet, mais ils ont vu arriver le smartphone, les réseaux sociaux et le streaming. Les alphas trouvent tout cela déjà installé, y compris l’assistant vocal et l’intelligence artificielle conversationnelle. Leurs aînés ont appris à utiliser ces outils, eux n’ont jamais eu à les apprendre.

Est-il trop tôt pour caractériser cette génération ? En partie, oui, et il faut le dire. Les plus âgés ont quatorze ans, aucun n’est entré dans la vie active, et l’essentiel des descriptions disponibles repose sur des observations d’usage plutôt que sur des comportements adultes constatés. Les traits décrits ici sont des tendances observées et des projections raisonnables, pas des conclusions établies. Les générations précédentes ont d’ailleurs souvent démenti les portraits qu’on en dressait à leur adolescence.

Aller plus loin :

Les grandes générations sociales occidentales du XXe et du XXIe siècle

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