LES DIFFÉRENTS REGISTRES DE LA LANGUE FRANÇAISE

Un registre de langue ou niveau de langue ou style est un mode d’expression variant suivant le type d’interlocuteurs ou de lecteurs, les circonstances et le contexte général (choix lexicaux et syntaxiques et ton différents).

Le français dispose de différents niveaux de langue :

  • vulgaire ou trivial,
  • argotique,
  • populaire,
  • familier,
  • courant,
  • soutenu, parfois affecté ou déplacé,
  • sublime ou littéraire, noble ou relevé.

registres

Les différents registres

  • Le registre vulgaire recourt à des termes crus, volontiers insultants, à connotation sexuelle et à d’autres mots ou expressions condamnées par la bienséance qui gouverne le comportement en société.
  • Le registre argotique est employé dans le but de se différencier, de choquer ou d’amuser. L’argot possède un vocabulaire spécifique ou détourne des mots du vocabulaire courant pour leur donner un sens argotique. Lorsque les règles de la grammaire normative sont respectées, le vocabulaire marque le registre argotique.

Sorte de dialecte, façon de parler d’un groupe social, d’une classe sociale, ou de toute catégorie se distinguant par une culture spécifique, il diffère du jargon qui est propre à une profession ou une activité dotée d’un lexique spécialisé.

  • Le registre populaire est utilisé entre personnes peu instruites ou personnes instruites qui emploient volontairement ce registre de langue (étudiants, adolescents). Généralement très expressif, même si la recherche expressive est inconsciente, les règles de grammaire ne sont pas respectées, et plusieurs anglicismes sont utilisés.
  • Le registre familier est utilisé entre proches, personnes d’une même communauté sociale dans laquelle tout formalisme peut être atténué. Il s’agit d’une expression orale et spontanée qui se fonde sur l’absence de lien hiérarchique rigide entre les interlocuteurs.

La syntaxe est simplifiée voire approximative (phrases courtes, inachevées, ou interminables, interjections fréquentes, répétitions, pléonasmes,  juxtaposition de phrases sans mots de liaison). Il recourt à des abréviations, des exagérations, des périphrases ou des expressions toutes faites. La forme interrogative directe sans inversion ou mot interrogatif est courante, « ne » est supprimé dans la négation. Le pronom sujet « on » est souvent utilisé à la place de « nous ». Le vocabulaire est familier, la prononciation rapide marquée par l’élision de nombreux « e » muets ou des syllabes avalées. La concordance des temps n’est pas toujours respectée.

  • Le registre courant, ou standard, est employé avec un interlocuteur qu’on ne connait pas intimement et avec lequel on entretient une certaine distance.

C’est le style des échanges professionnels ou officiels. Neutres, impersonnels, ils requièrent une distance entre interlocuteurs (professeur à l’élève, homme politique prononçant un discours,…).

Les formes et le vocabulaire du registre courant oral sont généralement admis à l’écrit. Le vocabulaire est usuel compris par tous, comportant peu de termes recherchés ou spécialisés. Les temps simples de l’indicatif sont employés tels le passé simple, le futur, le passé composé ainsi que des phrases coordonnées et subordonnées simples (relatives, subordonnées de cause, etc.). La prononciation est normale, le ton neutre. Il y a  peu d’effets de style.

  • Le registre soutenu ou soigné est généralement employé à l’écrit, dans la parole non spontanée ou dans un rapport hiérarchique. Il recourt à des phrases pouvant être longues (appelées périodes), une syntaxe souvent complexe, un vocabulaire riche, rare et recherché. Des figures de style recherchées sont fréquentes: métaphores, chiasmes. Une parfaite concordance des temps est respectée. L’emploi de l’imparfait et du plus-que-parfait du subjonctif (à l’oral comme à l’écrit), du passé simple et du passé antérieur de l’indicatif (à l’oral) sont possibles. La forme interrogative directe inversée et l’inversion du sujet après certains adverbes de liaison (tels que : aussi, ainsi, peut-être, etc.) sont recherchées.

Dans certaines situations, le choix du registre soutenu peut être jugé déplacé et ressenti comme incongru, abusif, précieux ou maniéré.

  • Il existe un degré supérieur au niveau soutenu,  utilisé dans la poésie et la tragédie et usant d’un vocabulaire spécifique, de constructions archaïques ou sophistiquées…

Il s’agit du registre sublime (ou littéraire, noble ou relevé) disposant d’un vocabulaire original employé par les grands auteurs de la littérature, du théâtre et les poètes.


Le sous-registres du niveau de langue littéraire

Le registre littéraire ou la tonalité se définit généralement par l’effet recherché par l’auteur sur le lecteur. Les procédés stylistiques ou les thèmes privilégiés vont déterminer la réception du texte par le lecteur. Il se décline habituellement en différents sous-registres :

  • Le registre réaliste, qui s’est imposé dans les romans, cherche à produire un effet de réalité (vérisme ou vérisimilitude) plus qu’une transcription fidèle de la réalité;
  • Le registre comique a pour but de faire rire, de divertir en représentant les travers ou défauts des hommes;
  • le registre burlesque consiste à traiter un sujet noble et héroïque dans un style vulgaire;
  • Le registre satirique vise à critiquer un événement, un groupe social ou un caractère, par la moquerie, la raillerie;
  • Le registre épique exalte des figures dépassant l’humanité et les réalités ordinaires;
  • Le registre merveilleux fait entrer le lecteur dans le domaine de l’imaginaire et du rêve (registre onirique);
  • Le registre lyrique cherche l’adhésion du lecteur par l’identification avec l’auteur à travers les confidences de celui-ci;
  • Le registre laudatif va mettre en valeur l’objet du texte, en faire l’éloge, de façon à susciter chez le lecteur l’admiration;
  • Le registre fantastique introduit une faille dans le réel, jouant sur le doute d’une réalité possible. Il diffère de la fantasy qui n’émet aucune ambiguïté quant au caractère imaginaire de ses histoires;
  • Le registre dramatique joue sur l’identification du lecteur avec les personnages, mais crée la peur et l’inquiétude en mettant en scène la menace et la destruction dans des péripéties renouvelées où intervient le suspense;
  • Le registre pathétique vise à créer des effets particulièrement forts, déclenchant la compassion;
  • Le registre tragique présente des personnages hors du commun aux destins marqués par la fatalité;
  • Le registre ironique s’établit sur la connivence, usant de l’implicite pour interroger l’intelligence du destinataire.

La langue française est riche de nombreux registres qui peuvent être alternés et utilisés en fonction du type d’interlocuteurs, de la situation et de l’effet recherché.

Citation sur la langue française :

« Qui ne connaît pas les langues étrangères ne sait point la sienne. »

Goethe ; Les maximes et réflexions