Pâques : son origine, ses célébrations, ses traditions

Pâques est la fête la plus importante du christianisme. Le dimanche de Pâques, les chrétiens célèbrent la résurrection de Jésus, survenue selon les Évangiles « le troisième jour » après sa mort sur la croix. Fête mobile, fixée chaque année au printemps, Pâques s’accompagne aussi de traditions plus anciennes liées au renouveau de la nature : œufs décorés, cloches, lièvre et repas de fête.

Elle clôt la Semaine sainte et ouvre le temps pascal, cinquante jours de fête qui mènent jusqu’à la Pentecôte.

L’étymologie de Pâques

Le mot s’écrivait autrefois « Pasques » : l’accent circonflexe a remplacé le s disparu. Il vient du latin pascha, emprunté au grec pascha, lui-même issu de l’araméen et de l’hébreu pessa’h, le nom de la Pâque juive. Le verbe hébreu dont il dérive évoque l’idée de « passer » : selon le livre de l’Exode, lors de la dixième plaie d’Égypte, l’ange chargé de frapper les premiers-nés passa au-dessus des maisons des Hébreux, dont les portes avaient été marquées du sang d’un agneau sans défaut.

La Passion de Jésus ayant eu lieu pendant la Pâque juive, à Jérusalem, les premiers chrétiens ont repris le nom de la fête en lui donnant un sens nouveau : le passage de la mort à la vie. Le Christ y est assimilé à l’agneau sacrifié, comme l’annonce Jean-Baptiste dans l’Évangile de Jean : « Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. »

En français, on écrit « la Pâque » au singulier pour la fête juive, et « Pâques » au pluriel pour la fête chrétienne. L’anglais Easter et l’allemand Ostern ont une tout autre origine, encore discutée : au VIIIe siècle, le moine anglo-saxon Bède le Vénérable les rattachait au nom d’une déesse du printemps, Eostre.

La date de Pâques

Pâques est une fête mobile. Sa règle de calcul a été fixée en 325 par le concile de Nicée, réuni par l’empereur Constantin : la fête est célébrée le premier dimanche qui suit la pleine lune ecclésiastique tombant le 21 mars ou juste après. Elle peut donc tomber entre le 22 mars et le 25 avril, soit 35 dates possibles. La date la plus tardive est rare : Pâques est tombée un 25 avril en 1943 et ne le refera qu’en 2038.

Les Églises orthodoxes appliquent la même règle, mais avec le calendrier julien. Les deux Pâques coïncident certaines années, comme en 2028, où tous les chrétiens la fêteront le 16 avril ; les autres années, l’écart peut atteindre cinq semaines. En 2026, catholiques et protestants ont fêté Pâques le 5 avril, les orthodoxes le 12 avril ; en 2027, l’écart sera maximal, avec le 28 mars d’un côté et le 2 mai de l’autre.

La date de Pâques commande tout le calendrier des fêtes mobiles : le mercredi des Cendres et le début du carême, quarante jours avant, l’Ascension, quarante jours après, et la Pentecôte, cinquante jours après.

L’histoire de la fête de Pâques

Pâques est la plus ancienne des fêtes chrétiennes. Elle commémore à la fois la dernière Cène, la Passion et la résurrection du Christ, survenues pendant les fêtes de la Pâque juive à Jérusalem. Dans les premiers siècles, les chrétiens la célèbrent d’abord à la même date que la Pâque juive, puis les communautés se divisent : certaines s’en tiennent à cette date, d’autres choisissent le dimanche suivant. Le désaccord dure jusqu’au concile de Nicée, qui impose le dimanche à toutes les Églises.

La fête s’est aussi greffée sur des coutumes plus anciennes, qui saluaient au début du printemps le retour de la lumière et le renouveau de la nature. Les œufs, le lièvre ou les feux de printemps en sont les héritiers, peu à peu rattachés à la fête chrétienne.

Les célébrations dans les différentes Églises

Dans l’Église catholique

Pâques est la solennité la plus importante de l’année liturgique. Les célébrations commencent le samedi soir par la vigile pascale : on bénit le feu nouveau, on allume le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité, puis on écoute les lectures de l’Ancien Testament avant de bénir l’eau baptismale. C’est traditionnellement la nuit où les adultes reçoivent le baptême et la confirmation, et où les fidèles renouvellent les promesses de leur propre baptême.

Le dimanche est célébrée la messe de la Résurrection, sommet de l’année liturgique. À Rome, le pape donne ce jour-là sa bénédiction urbi et orbi, « à la ville et au monde ». Pâques clôt le triduum pascal, du soir du Jeudi saint au dimanche, et ouvre le temps pascal, qui dure cinquante jours jusqu’à la Pentecôte.

L’expression « faire ses Pâques » vient de l’obligation, pour les catholiques, de communier au moins une fois par an pendant le temps pascal, après s’être confessés. Beaucoup de fidèles qui ne vont à la messe qu’une fois dans l’année choisissent ce jour-là.

Dans les Églises orthodoxes

La nuit de Pâques commence dans l’obscurité complète. Le prêtre sort du sanctuaire avec un cierge allumé, dont la flamme se transmet de proche en proche à tous les fidèles. Le clergé et l’assemblée sortent ensuite en procession et font trois fois le tour de l’église en chantant. Revenu devant les portes, le célébrant lit l’Évangile de la Résurrection selon saint Marc, puis lance pour la première fois la salutation qui sera échangée pendant tout le temps pascal : « Christ est ressuscité ! », à laquelle on répond « En vérité, il est ressuscité ! ».

Suivent les matines, les heures de Pâques et la liturgie de saint Jean Chrysostome, au cours de laquelle on lit son homélie pascale. L’après-midi du dimanche ont lieu les vêpres dites de l’agapè, pendant lesquelles l’Évangile de Jean est lu en plusieurs langues, pour que tous les peuples entendent l’annonce de la Résurrection. La semaine qui suit, appelée Semaine lumineuse, prolonge la fête, et le chant de Pâques résonne jusqu’à la veille de l’Ascension.

Dans les Églises protestantes

Pour les luthériens, les réformés et les évangéliques, Pâques est aussi la fête la plus importante de l’année. Le culte de Pâques célèbre la victoire du Christ sur la mort, la grâce de Dieu et la promesse du salut, et s’accompagne souvent de la sainte cène.

Œufs, cloches et lièvre : les symboles de la fête

L’œuf est le symbole le plus ancien. Il évoque la germination du printemps et la promesse de la vie, et sa forme parfaite en a fait un emblème de renaissance. Pendant le carême, l’Église interdisait autrefois de manger des œufs : ceux que les poules continuaient de pondre étaient conservés, puis décorés et offerts à Pâques. Les œufs en chocolat ont pris le relais, et l’on peut aussi fabriquer soi-même un œuf de Pâques.

En France et en Belgique, ce sont les cloches qui apportent les œufs. Muettes depuis le Jeudi saint en signe de deuil, elles seraient parties à Rome pour être bénies par le pape. Le matin de Pâques, elles reviennent en carillonnant pour annoncer la Résurrection, et sèment dans les jardins les œufs que les enfants partent chercher.

Dans les pays germaniques, c’est le lièvre de Pâques, l’Osterhase, symbole antique de fécondité. Sa première mention écrite date de 1682 : dans une thèse sur les œufs de Pâques publiée à Heidelberg, le médecin Georg Franck von Franckenau décrit cette croyance dans les régions protestantes d’Alsace et du Palatinat. Ailleurs, le porteur d’œufs était un renard, un coq, une cigogne ou un coucou. Les émigrants allemands installés en Pennsylvanie au XVIIIe siècle ont emporté le lièvre avec eux : il est devenu l’Easter Bunny américain, qui apporte aux enfants des lapins en chocolat et des sucreries dans un panier tressé.

Comme pour Noël, les Alsaciens, les Allemands et les Suisses décorent leur maison à l’approche de la fête, et dans les jardins, les arbres de Pâques se parent d’œufs peints.

Les traditions de Pâques dans le monde

Chaque pays célèbre Pâques à sa table et à sa manière :

  • En France, le repas de Pâques se partage autour d’un gigot d’agneau rôti, souvent accompagné de flageolets. L’Alsace prépare le Lammele, un biscuit moulé en forme d’agneau, la ville de Crest, dans la Drôme, sa couve crestoise, et le Bressuirais sa galette pacaude aux pruneaux.
  • En Suisse alémanique, on déguste l’Osterfladen, une tarte à la semoule de Pâques ou au riz, connue à Bâle depuis le Moyen Âge.
  • En Italie, la colombe de Pâques, brioche en forme de colombe recouverte d’un glaçage aux amandes, a été popularisée à Milan dans les années 1930.
  • En Russie, on prépare le koulitch, une haute brioche aux fruits secs ou confits, et la paskha, un dessert de fromage blanc en forme de pyramide, que l’on fait bénir à l’église.
  • Au Québec, la tradition veut que l’on aille puiser l’eau de Pâques le matin de la fête, avant le lever du soleil, à contre-courant dans un ruisseau. Réputée ne jamais se gâter et soigner les petits maux, cette eau perpétue une coutume née au temps de la Nouvelle-France.
  • Dans les pays orthodoxes, on teint les œufs en rouge, couleur du sang du Christ et de la vie, et on se les échange pendant toute la semaine qui suit. On les entrechoque deux à deux : celui dont l’œuf reste intact a gagné. En Grèce notamment, on rapporte chez soi la flamme allumée pendant l’office de la Résurrection, et l’on trace avec elle une croix au-dessus de sa porte.

Questions fréquentes

Pourquoi la date de Pâques change-t-elle chaque année ?

Parce qu’elle dépend de la Lune : Pâques est célébrée le dimanche qui suit la première pleine lune du printemps, selon la règle fixée au concile de Nicée en 325. Elle tombe donc entre le 22 mars et le 25 avril.

Pourquoi écrit-on Pâques avec un s ?

Pour la distinguer de la Pâque juive, écrite au singulier. Le pluriel vient de l’ancienne forme « Pasques », dont le s a laissé place à l’accent circonflexe.

Pourquoi dit-on que les cloches partent à Rome ?

Les cloches des églises catholiques se taisent du Jeudi saint jusqu’à la vigile pascale, en signe de deuil. La tradition populaire explique ce silence par un voyage à Rome, d’où elles reviendraient chargées d’œufs.

Le lundi de Pâques est-il férié ?

En France, oui : le lundi de Pâques fait partie des jours fériés légaux, comme dans de nombreux pays européens. Il n’a en revanche pas de signification religieuse particulière.

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