NOTRE-DAME DE PARIS – VICTOR HUGO : les passages marquants sur la cathédrale

Notre-Dame de Paris. 1482 est un roman historique de Victor Hugo publié en 1831.

L’intrigue se déroule à Paris en 1482 et se situe principalement à la cathédrale Notre Dame de Paris. Le roman se compose de 59 chapitres répartis en onze livres de longueur inégale. En particulier, le livre III évoque Notre-Dame de Paris, son histoire et ses restaurations mal pensées. Il est une vision de Paris d’un spectateur du Moyen Age l’observant du haut des tours de la cathédrale.

Nous avons extrait ci-dessous quelques phrases sur Notre Dame de Paris.

Avec quelle amertume il voyait s’écrouler pièce à pièce tout son échafaudage de gloire et de poésie!
Ce livre granitique commencé par l’Orient, continué par l’antiquité grecque et romaine, le moyen âge en a écrit la dernière page.
Chaque flot du temps superpose son alluvion, chaque race dépose sa couche sur le monument, chaque individu apporte sa pierre. Ainsi font les castors, ainsi font abeilles, ainsi font les hommes. Le grand symbole de l’architecture Babel, est une ruche.
Depuis l’origine des choses jusqu’au quinzième siècle de l’ère chrétienne inclusivement, l’architecture est le grand-livre de l’humanité, l’expression principale de l’homme à ses divers états de développement, soit comme force, soit comme intelligence.
En effet, dans l’enceinte de Notre-Dame, la condamnée était inviolable. La cathédrale était un lieu de refuge. Toute justice humaine expirait sur le seuil.
Inspirons, s’il est possible, à la nation l’amour de l’architecture nationale. C’est là, l’auteur le déclare, un des buts principaux de ce livre ; c’est là un des buts principaux de sa vie.
L’architecture est le grand livre de l’humanité, l’expression principale de l’homme à divers états de développement, soit force soit comme intelligence.
L’art n’a plus que la peau sur les os. Il agonise misérablement.
L’Égypte l’eût pris pour le dieu de ce temple le moyen âge l’en croyait le démon il en était l’âme.
La beauté est parfaite. La beauté n’aime que la beauté. La beauté peut tout. La beauté est la seule chose qui n’existe pas à demi.
La foule s’épaississait à tout moment, et, comme une eau qui dépasse son niveau, commençait à monter le long des murs, à s’enfler autour des piliers, à déborder sur les entablements, sur les corniches …
Les grands édifices, comme les grandes montagnes, sont l’ouvrage des siècles. Souvent l’art se transforme qu’ils pendent encore : pendent opera interrupta; ils se continuent paisiblement selon l’art transformé. L’art nouveau prend le monument où il le trouve, s’y incruste, se l’assimile, le développe à sa fantaisie et l’achève s’il peut. La chose s’accomplit sans trouble, sans effort, sans réaction, suivant une loi naturelle et tranquille. C’est une greffe qui survient, une sève qui circule, une végétation qui reprend. Certes, il y a matière à bien gros livres, et souvent histoire universelle de l’humanité, dans ces soudures successives de plusieurs arts à plusieurs hauteurs sur le même monument. L’homme, l’artiste, l’individu s’effacent sur ces grandes masses sans nom d’auteur; l’intelligence humaine s’y résume et s’y totalise. Le temps est l’architecte, le peuple est le maçon. 
Les modes ont fait plus de mal que les révolutions.
Les plus grands produits de l’architecture sont moins des œuvres individuelles que des œuvres sociales ; plutôt l’enfantement des peuples en travail que le jet des hommes de génie.
Nos pères avaient un Paris de pierre, nos fils auront un Paris de plâtre.
Notre-Dame de Paris est en particulier un curieux échantillon de cette variété. Chaque face, chaque pierre du vénérable monument est une page non seulement de l’histoire du pays, mais encore de l’histoire de la science et de l’art. 
Notre-Dame est aujourd’hui déserte, inanimée, morte. On sent qu’il y a quelque chose de disparu. Ce corps immense est vide; c’est un squelette; l’esprit l’a quitté, on en voit la place, et voilà tout.
Paris est né, comme on sait, dans cette vieille île de la Cité qui a la forme d’un berceau. La grève de cette île fut sa première enceinte, la Seine son premier fossé.
Qu’est-ce qu’il y aurait à la fin si tout était au commencement ?
Regardez cette colonnette. Autour de quel chapiteau avez-vous vu feuilles plus tendres et mieux caressées du ciseau?
Sans doute c’est encore aujourd’hui un majestueux et sublime édifice que l’église de Notre-Dame de Paris. Mais, si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant les dégradations, les mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui en avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière. 
Sur la face de cette vieille reine de nos cathédrales, à côté d’une ride on trouve toujours une cicatrice. Tempua edax, homo edacior; ce que je traduirais volontiers ainsi: le temps est aveugle, l’homme est stupide.
 

Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée.

Laisser un commentaire