Le tournoi de Roland-Garros, ou Internationaux de France de tennis, se dispute chaque printemps à Paris, porte d’Auteuil, à la fin mai et au début juin. Seul tournoi du Grand Chelem joué sur terre battue, le tournoi de Roland-Garros est aussi l’un des plus exigeants physiquement, avec ses longs échanges et ses matchs en cinq manches chez les hommes. Retour sur l’histoire, le palmarès et les règles du tournoi de Roland-Garros, des Mousquetaires des années 1920 aux champions d’aujourd’hui.
Histoire du tournoi de Roland-Garros
- 1891 : naissance du championnat de France de tennis, sur les terrains du Racing Club de France et du Stade français. Il est réservé aux joueurs licenciés dans des clubs français ;
- 1925 : le tournoi devient les Internationaux de France et s’ouvre aux joueurs étrangers. La première édition se joue au Stade français, à Saint-Cloud ;
- 1927 : les Quatre Mousquetaires, René Lacoste, Jean Borotra, Henri Cochet et Jacques Brugnon, remportent enfin la coupe Davis face aux États-Unis, à Philadelphie, après quatre échecs ;
- 1928 : pour accueillir la revanche, la Ville de Paris et le Stade français font construire un stade près de la porte d’Auteuil. Il est inauguré la même année et accueille désormais le tournoi.
Les Mousquetaires conservent la coupe Davis jusqu’en 1932. En leur hommage, le trophée du simple messieurs porte depuis 1981 le nom de Coupe des Mousquetaires. Le tournoi a pris l’ampleur d’un événement mondial : il a même accueilli les épreuves de tennis des Jeux olympiques de Paris en 2024.
Qui était Roland Garros ?
Le Stade français, qui cède trois hectares de terrain, pose une condition : le stade portera le nom de l’un de ses membres. Son président, Émile Lesieur, propose celui de son camarade de promotion à HEC, Roland Garros.
- un pionnier de l’aviation : le 23 septembre 1913, il réussit la première traversée aérienne de la Méditerranée ;
- un pilote de guerre : pendant la Première Guerre mondiale, il met au point un système permettant de tirer à travers l’hélice de son avion ;
- un héros mort au combat : il est abattu le 5 octobre 1918, à la veille de ses 30 ans, quelques semaines avant l’armistice.
Il n’avait jamais joué au tennis à haut niveau : au Stade français, il était licencié dans la section rugby.
Les grands champions de l’ère amateur
- les Mousquetaires : les huit premières éditions masculines, de 1925 à 1932, sont toutes remportées par Lacoste, Cochet ou Borotra ;
- Suzanne Lenglen : elle remporte la première édition internationale chez les dames, en 1925. Un court porte aujourd’hui son nom ;
- Simonne Mathieu : après six finales perdues, elle s’impose en 1938 et 1939, et gagne aussi six fois le double dames. Le trophée du double dames et le court construit dans les serres d’Auteuil portent son nom ;
- l’après-guerre : les éditions de 1941 à 1945, disputées sous l’Occupation, ne sont pas reconnues. Américains et Américaines dominent ensuite, malgré le succès de la Française Nelly Adamson Landry en 1948 ;
- les années 1960 : après les victoires de Nicola Pietrangeli (1959, 1960) et de Manuel Santana (1961), les Australiens prennent le pouvoir, Rod Laver réalisant le Grand Chelem en 1962.
Les professionnels étant exclus du tournoi, des Internationaux de France professionnels sont organisés à part, de 1930 à 1968. Ken Rosewall en remporte huit éditions.
Le palmarès du tournoi de Roland-Garros depuis l’ère Open
En 1968, le tournoi s’ouvre aux professionnels : c’est le début de l’ère Open, remportée cette année-là par Ken Rosewall face à Rod Laver, qui prend sa revanche en 1969.
Chez les messieurs
- Björn Borg : six titres (1974, 1975, puis de 1978 à 1981), dont le premier à 18 ans ;
- les années 1980 : Mats Wilander (1982, 1985, 1988), vainqueur à 17 ans pour son premier titre, et Ivan Lendl (1984, 1986, 1987). En 1983, Yannick Noah devient le dernier Français à remporter le simple messieurs ;
- les années 1990 et 2000 : Jim Courier, Gustavo Kuerten (trois titres), puis les Espagnols Albert Costa et Juan Carlos Ferrero ;
- Rafael Nadal : quatorze titres entre 2005 et 2022, un record absolu dans un même tournoi du Grand Chelem. Roger Federer s’impose une seule fois, en 2009, et Stan Wawrinka en 2015 ;
- Novak Djokovic : trois titres (2016, 2021, 2023) ;
- Carlos Alcaraz : vainqueur en 2024 et en 2025, après une finale historique de plus de cinq heures face à Jannik Sinner ;
- Alexander Zverev : vainqueur en 2026 face à l’Italien Flavio Cobolli, en cinq sets, pour son premier titre du Grand Chelem.
Chez les dames
- Margaret Court : titrée en 1969, 1970 et 1973 ;
- Chris Evert : sept titres entre 1974 et 1986, un record ;
- les années 1980 et 1990 : Martina Navratilova (1982, 1984), Steffi Graf (six titres), Monica Seles et Arantxa Sánchez Vicario (trois titres chacune) ;
- Mary Pierce : en 2000, elle devient la première Française titrée depuis Françoise Dürr en 1967 ;
- les années 2000 et 2010 : Justine Henin (2003, 2005, 2006, 2007), Serena Williams (trois titres), Maria Sharapova (deux titres), puis Jeļena Ostapenko, sacrée en 2017 à 20 ans ;
- Iga Świątek : quatre titres (2020, 2022, 2023, 2024) ;
- les dernières éditions : Coco Gauff en 2025, puis Mirra Andreeva en 2026, devenue à 19 ans la plus jeune lauréate du XXIe siècle.
Les règles du tournoi de Roland-Garros
- la terre battue : une surface lente, recouverte de brique pilée, qui allonge les échanges et favorise les joueurs endurants ;
- le format : trois manches gagnantes pour les hommes, deux pour les femmes ;
- le set décisif : longtemps joué sans jeu décisif, il se conclut depuis 2022 par un super tie-break en 10 points à 6 jeux partout, comme dans tous les tournois du Grand Chelem ;
- les juges de ligne : Roland-Garros est le dernier tournoi du Grand Chelem à conserver des juges de ligne plutôt qu’un arbitrage électronique. Sur terre battue, la balle laisse une trace que l’arbitre peut vérifier ;
- le calendrier : depuis 2006, le tableau principal commence un dimanche, et des sessions de nuit sont programmées depuis 2021.
Une dotation record
La Fédération française de tennis applique depuis 2007 l’égalité stricte des gains entre joueuses et joueurs. En 2026, la dotation globale a atteint 61,7 millions d’euros, en hausse de 9,5 % sur un an. Les vainqueurs des simples ont touché chacun 2,8 millions d’euros, et un joueur éliminé au premier tour 87 000 euros.
Malgré ces hausses, plusieurs têtes d’affiche ont jugé, dans une lettre ouverte, que la part des recettes reversée aux joueurs restait trop faible.
Les ramasseurs de balles
Âgés en général de 12 à 16 ans et titulaires d’une licence, ils sont retenus parmi plusieurs milliers de candidats après des tests physiques et d’adresse organisés dans toute la France pendant l’hiver. Sur le court, ils ramassent les balles, les transmettent aux joueurs et leur apportent la serviette.
Prix et tournois annexes
- le prix Citron : d’abord remis à une personnalité réputée pour son caractère bien trempé, il a ensuite distingué les joueurs à la personnalité « forte en zeste » ;
- le prix Orange : il récompensait le joueur le plus fair-play et le plus disponible avec la presse et le public, comme Roger Federer ou Gustavo Kuerten ;
- le prix Bourgeon : décerné par la presse, il saluait la révélation de la saison ;
- le trophée des Légendes : pendant la seconde semaine, d’anciennes gloires du tennis s’affrontent en double ;
- la journée caritative : longtemps, la veille de l’ouverture, la journée d’exhibition Benny Berthet a reversé ses bénéfices à des associations.
Le stade du tournoi de Roland-Garros aujourd’hui
- la place des Mousquetaires : inaugurée en 1989 par Philippe Chatrier, elle rend hommage aux quatre champions des années 1920 ;
- le court Philippe-Chatrier : le court central, qui porte le nom de l’ancien président de la Fédération, a été reconstruit et doté d’un toit rétractable en 2020 ;
- le court Suzanne-Lenglen : deuxième court du stade, couvert à son tour en 2024 ;
- le court Simonne-Mathieu : inauguré en 2019 dans le jardin des serres d’Auteuil, il est entouré de serres botaniques ;
- le musée : le Tenniseum, ou musée de Roland-Garros, retrace l’histoire du tennis depuis 2003.
La modernisation, lancée en 2015, a aussi apporté un éclairage nocturne sur les courts, une nouvelle esplanade et un centre des médias. Presque centenaire, le stade reste l’écrin d’un tournoi né pour célébrer les Mousquetaires. Pour en savoir plus sur la compétition, voir la page Internationaux de France de tennis, et découvrez aussi nos autres articles sur Paris.
Questions fréquentes
Pourquoi le tournoi s’appelle-t-il Roland-Garros ?
En hommage à l’aviateur Roland Garros, membre du Stade français et héros de la Première Guerre mondiale, mort en 1918. Le club en avait fait une condition pour céder le terrain du stade.
Qui détient le record de victoires ?
Rafael Nadal, avec quatorze titres en simple messieurs. Chez les dames, Chris Evert compte sept titres.
Quel est le dernier Français vainqueur ?
Yannick Noah chez les messieurs, en 1983. Chez les dames, Mary Pierce, en 2000.
Pourquoi n’y a-t-il pas d’arbitrage électronique ?
La Fédération estime que, sur terre battue, la trace laissée par la balle et l’œil des juges restent plus fiables que la technologie. Roland-Garros est le dernier tournoi du Grand Chelem à faire ce choix.