Site balnéaire d’exception : Saint-Jean Cap-Ferrat

Site exceptionnel et préservé, chargé d’histoire et de culture, Saint-Jean-Cap-Ferrat est l’un des lieux de résidence les plus prestigieux de la Côte d’Azur. Nichée entre Nice et Monaco, la presqu’île de Saint-Jean-Cap-Ferrat abrite de somptueuses villas, des jardins remarquables et quelques-uns des plus beaux hôtels de la Riviera. Surnommée la « presqu’île des milliardaires », Saint-Jean-Cap-Ferrat cultive depuis plus d’un siècle un art de vivre fait de luxe et de discrétion.

Saint-Jean-Cap-Ferrat, une histoire mouvementée

Le territoire de l’actuelle commune de Saint-Jean-Cap-Ferrat fut successivement occupé par les Ligures, les Lombards au VIe siècle et les Sarrasins du VIIIe au XIe siècle. En 1388, avec l’ensemble du pays niçois, le hameau de Saint-Jean, qui dépend alors de Villefranche, passe sous l’autorité de la maison de Savoie.

Au XVIe siècle, le duc Emmanuel-Philibert de Savoie y fait édifier le fort Saint-Hospice, pris et détruit en 1706 lors de la conquête de Nice par les troupes de Louis XIV. Au fil des guerres, le territoire passe plusieurs fois de la Savoie à la France, avant d’être définitivement rattaché à la France en 1860, avec l’ensemble du comté de Nice.

Un haut lieu de villégiature dès le début du XXe siècle

Terre aride et rocailleuse, la presqu’île n’abrite longtemps que quelques maisons de pêcheurs et d’agriculteurs regroupées autour de l’église et du port. À la fin du XIXe siècle, la Compagnie générale des eaux aménage au milieu d’un parc arboré un lac artificiel alimenté par les eaux de la Vésubie, agrémenté d’un îlot et d’une cascade. Grâce à cette eau abondante, la végétation se fait plus dense et plus variée. Le cap Ferrat devient un lieu d’excursion privilégié des familles niçoises, qui viennent en voiture à cheval pique-niquer sous les pins et les oliviers ou déjeuner près du port.

En 1904, le hameau se sépare de Villefranche-sur-Mer et devient une commune à part entière, d’abord appelée Saint-Jean-sur-Mer, puis Saint-Jean-Cap-Ferrat à partir de 1907. Au même moment se développe sur la Côte d’Azur un tourisme d’hiver de luxe. Grâce à la douceur de son climat, la Riviera attire les grandes familles anglaises et russes, et le roi des Belges Léopold II, suivi de l’aristocratie belge, fait de la presqu’île une destination très prisée. Grands hôtels, vastes domaines et villas somptueuses s’y construisent.

Jusqu’aux années 1930, la Côte d’Azur est presque exclusivement fréquentée l’hiver par une clientèle fortunée venue du nord de l’Europe, pour de longs séjours. La reine Victoria séjourne à Nice, où se déroule aussi le célèbre carnaval de Nice. Au cap Ferrat se succèdent familles aristocratiques, le duc de Connaught, le président Paul Deschanel, des hommes politiques de la IIIe République, la pianiste Marguerite Long, le violoniste Jacques Thibaud ou encore Charles Boyer et Charlie Chaplin.

Vers 1930, écrivains et artistes d’avant-garde commencent à « descendre » l’été sur la Côte, en quête d’isolement. Dans les années 1950, le tourisme devient estival. Station à la mode, Saint-Jean-Cap-Ferrat accueille des célébrités du monde entier, d’Édith Piaf à Elizabeth Taylor et Richard Burton, de Jean-Paul Belmondo à David Niven, Roger Moore ou Tony Curtis. Romy Schneider s’y marie en 1966. De nombreux hommes politiques y ont séjourné, du général de Gaulle à Winston Churchill, en passant par Valéry Giscard d’Estaing ou Bill Clinton.

Le marché immobilier de Saint-Jean-Cap-Ferrat aujourd’hui

Dans les années 2000, la superficie limitée de la presqu’île, sa proximité avec Monaco et l’afflux de très grandes fortunes internationales font flamber les prix. Saint-Jean-Cap-Ferrat est aujourd’hui la commune la plus chère des Alpes-Maritimes et l’une des plus chères de France. Au 1er septembre 2026, le prix moyen s’établit autour de 18 200 € le mètre carré, tous biens confondus. En 2024, les transactions s’échelonnaient d’environ 8 800 à 29 500 € le mètre carré, et les propriétés d’exception, vendues hors marché, atteignent des dizaines de millions d’euros.

Plus de 90 % des biens vendus sont des résidences secondaires, pour un panier moyen supérieur à 2,5 millions d’euros. Les transactions se déroulent dans la plus grande discrétion : antithèse de Saint-Tropez, la presqu’île est recherchée pour son calme, et l’anonymat de ses propriétaires y est préservé. Les acquéreurs privilégient la vue sur la mer depuis les hauteurs, l’absence de vis-à-vis et la piscine. Les biens orientés à l’est, vers Monaco, sont plus prisés que ceux qui regardent Nice, à l’ouest ; les secteurs de la plage Paloma et de la pointe Saint-Hospice sont particulièrement recherchés.

Les villas d’exception

Au début du XXe siècle, les premières villas apparaissent le long du bord de mer qui relie la presqu’île à Beaulieu-sur-Mer, l’actuelle promenade Maurice-Rouvier. Leurs propriétaires rivalisent de faste et de créativité.

La villa Ephrussi de Rothschild

En 1883, la baronne Béatrice de Rothschild épouse le banquier Maurice Ephrussi. En 1905, elle acquiert 7 hectares sur l’isthme qui relie le cap Ferrat à la côte et y fait édifier un palais rose à l’italienne, entouré de neuf jardins à thème, où elle réunit mobilier, tableaux et objets d’art du XVe au XIXe siècle. Léguée à l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France en 1934, la villa est ouverte au public depuis 1937.

Villa Ephrussi de Rothschild

La villa Fleur du Cap, ancienne Lo Scoglietto

En 1880, Alfred Bounin, négociant niçois en huile d’olive, réunit plusieurs terrains le long de l’actuelle promenade Maurice-Rouvier. Son fils Paul transforme la petite maison L’Isoletta, la surélève et la baptise Lo Scoglietto, « le petit écueil » en niçois. Il y aménage une gloriette devenue temple de l’Amour. Parmi les propriétaires successifs figurent Charlie Chaplin et David Niven. La demeure a depuis été rebaptisée la Fleur du Cap.

La villa Les Cèdres et les villas de Léopold II

À la fin du XIXe siècle, le roi des Belges Léopold II, dont l’immense fortune provient de l’exploitation de l’État indépendant du Congo, acquiert peu à peu plus de 50 hectares sur le versant ouest de la presqu’île. Il achète d’abord une villa dotée d’un port privé, près du quartier de Passable, l’actuelle villa Iberia, puis en 1904 la villa Les Cèdres, anciennement Les Oiseaux, construite en 1830. Elle avait appartenu à David-Désiré Pollonais, maire de Villefranche-sur-Mer. Le roi y installe sa compagne, Blanche Delacroix, et y reçoit le grand-duc Pierre de Russie, Lord Salisbury ou le prince héritier de Suède et de Norvège. Il fait aussi construire trois villas, Boma, Matadi et Banana, qui portent le nom de localités du Congo.

En 1924, Alexandre Marnier-Lapostolle, créateur du Grand Marnier, rachète Les Cèdres et crée autour de la villa un jardin botanique exceptionnel, riche de milliers d’espèces tropicales. En 2016, le groupe Campari acquiert la société Marnier-Lapostolle et met la propriété en vente l’année suivante pour 350 millions d’euros, un record mondial. Elle est vendue en 2019 pour 200 millions d’euros au milliardaire ukrainien Rinat Akhmetov. L’écurie et le jardin en terrasses, avec ses balustrades et ses statues, sont recensés à l’inventaire des monuments historiques.

La villa La Vigie

En 1898, l’industriel lyonnais Émile Crozet-Fourneyron fait bâtir, à l’emplacement d’anciens moulins à grains, une villa de forme circulaire qui surplombe le village, avec une vue qui s’étend du cap d’Antibes aux côtes italiennes.

Villa La Vigie

La villa Maryland

Voisine de La Vigie, la villa Maryland est édifiée en 1904 pour le Britannique Arthur Wilson, ami personnel du roi Édouard VII, qui y reçoit toute la colonie anglaise de la Côte d’Azur. Cette villa de style florentin, célèbre pour son patio-cloître aux colonnes de marbre rouge, est entourée d’un parc botanique planté d’essences tropicales et méditerranéennes. Elle a notamment appartenu au cofondateur de Microsoft Paul Allen.

La villa Baia dei Fiori, ancienne villa Sylvia

Le peintre américain Ralph Curtis fait construire en 1902 une grande demeure à l’italienne aux toits de tuiles vernissées vertes, qu’il baptise du prénom de sa fille, Sylvia. Dans les années 1950, la villa, rebaptisée Baia dei Fiori, passe à un pacha égyptien apparenté à la famille du roi Farouk. Son jardin d’agrément est réputé.

Le Château Saint-Jean

Demeure de style néogothique vénitien, dotée d’un parc d’un hectare et d’un port privé avec garage à bateaux, le château Saint-Jean est construit en 1899 pour le banquier italo-allemand Carlo Wedekind. Il passe ensuite à la peintre hongroise Vilma Lwoff-Parlaghy, dite la princesse Lwoff, puis à plusieurs propriétaires américains.

La villa La Fiorentina

Sur la pointe Saint-Hospice, la comtesse de Beauchamp fait construire en 1917 une vaste demeure au cœur d’un parc de 22 hectares, La Fiorentina. Elle la revend à Sir Edmund Davis, magnat des mines d’Afrique australe, à qui l’on doit une bonne partie du sentier qui borde la petite presqu’île. Les propriétaires successifs modifient la villa, dont le parc est aujourd’hui réduit à environ 3 hectares.

La villa Les Bruyères

Bâtie en 1908, la villa Les Bruyères est achetée après la Première Guerre mondiale par le duc de Connaught, fils de la reine Victoria, qui la conserve jusqu’en 1942.

La villa La Mauresque

L’écrivain britannique Somerset Maugham acquiert La Mauresque à la fin des années 1920 et y vit jusqu’à sa mort, en 1965. Dans son parc de 4 hectares, il plante de nombreux arbres fruitiers, dont les premiers avocatiers cultivés en France. Au sommet de sa gloire, il y reçoit le duc et la duchesse de Windsor, Winston Churchill, Harpo Marx, Lord Beaverbrook ou l’Aga Khan.

La villa Santo Sospir

Construite en 1931 dans un style régionaliste méditerranéen sur le versant ouest du cap, la villa Santo Sospir est rachetée par la riche héritière Francine Weisweiller. En 1950, elle y invite Jean Cocteau, rencontré lors d’un tournage. Pour s’occuper, le poète demande s’il peut dessiner une tête d’Apollon au-dessus de la cheminée du salon : c’est le début de sa première grande décoration murale. Il « tatoue » murs, plafonds et portes de motifs méditerranéens, pêcheurs, soleils et figures de la mythologie grecque. La villa est inscrite aux monuments historiques depuis 2007.

La villa Natacha

L’éditeur d’art Tériade y reçoit Henri Matisse, qui réalise pour la salle à manger un vitrail et un mur en céramique, ainsi que Chagall, Picasso ou le poète grec Odysséas Elýtis, prix Nobel de littérature en 1979.

Les grands hôtels de Saint-Jean-Cap-Ferrat

Le Royal-Riviera

En novembre 1904 ouvre le Panorama Palace, qui compte 150 chambres avec salle de bains, un luxe pour l’époque, un court de tennis et un hangar abritant six canots pour les promenades en mer. Selon la légende, c’est là que Paris Singer, héritier des machines à coudre, surnommé « le châtelain de Saint-Jean », se serait épris de la danseuse Isadora Duncan. Rebaptisé Bedford en 1921, transformé un temps en résidence, l’établissement renaît sous le nom de Royal-Riviera, redécoré par Grace Leo dans un style néo-hellénistique aux tons vert olive, ambre et terre de Sienne.

Le Grand-Hôtel du Cap-Ferrat

Construit en 1908 au cœur d’un jardin de 7 hectares qui abrite quelque 400 essences, le Grand-Hôtel du Cap-Ferrat obtient la distinction « Palace » en 2011. L’extrémité rocheuse du cap rendant la mer difficile d’accès, une crique est aménagée à la dynamite, avec une piscine d’eau de mer au ras du rivage. Racheté en 2007 par le milliardaire Leonard Blavatnik, qui lance un vaste programme de rénovation et d’extension, l’hôtel est exploité depuis 2015 par le groupe Four Seasons.

Grand Hotel du Cap Ferrat

La Voile d’Or

Face au port et à Beaulieu-sur-Mer, l’hôtel occupe l’emplacement de l’ancienne maison des douanes, remplacée en 1904 par l’hôtel du Parc, premier hôtel de Saint-Jean, racheté en 1914 par Paris Singer. En 1925, le capitaine Powell, champion anglais de golf et de billard, en fait La Voile d’Or, où se pressent David Niven, Gregory Peck ou Jack Hawkins. Repris en 1964 par la famille Lorenzi, agrandi et transformé en hôtel de luxe, il est vendu en 2019 à un groupe d’investisseurs, qui engage d’importants travaux de rénovation. Il est aujourd’hui exploité comme hôtel cinq étoiles, ouvert de mai à octobre.

Questions fréquentes

Pourquoi appelle-t-on Saint-Jean-Cap-Ferrat la presqu’île des milliardaires ?

Parce qu’elle concentre, sur un territoire très restreint, des propriétés parmi les plus chères d’Europe, appartenant à de grandes fortunes internationales, de Léopold II à Rinat Akhmetov.

Combien coûte l’immobilier à Saint-Jean-Cap-Ferrat ?

Environ 18 200 € le mètre carré en moyenne en septembre 2026, mais les villas avec vue mer se négocient bien au-delà, souvent plusieurs dizaines de millions d’euros.

Peut-on visiter une villa à Saint-Jean-Cap-Ferrat ?

Oui, la villa Ephrussi de Rothschild et ses jardins sont ouverts au public toute l’année. Les autres villas sont des propriétés privées.

Où se trouve Saint-Jean-Cap-Ferrat ?

Dans les Alpes-Maritimes, sur une presqu’île située entre Villefranche-sur-Mer et Beaulieu-sur-Mer, à une dizaine de kilomètres de Nice et de Monaco.

Site exceptionnel, doté d’une végétation luxuriante et de propriétés uniques, Saint-Jean-Cap-Ferrat reste un lieu à part, partagé entre familles d’implantation ancienne, qui résistent à la flambée des prix, et propriétaires parmi les plus fortunés du monde.

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