La couleur de peau chez l’être humain, aussi appelée teint ou complexion, varie du brun foncé au clair presque blanc. Cette couleur de peau est déterminée par la quantité, la nature et la répartition des mélanines contenues dans la peau. Deux facteurs pèsent avant tout sur la couleur de peau : l’intensité du rayonnement solaire propre à chaque région et la génétique.
D’où vient la couleur de peau ?
Les mélanocytes (dont le nombre moyen est identique chez tous, quelle que soit la couleur de peau) produisent des mélanosomes, sortes de granules chargés de mélanine distribués aux cellules de la surface de l’épiderme (les kératinocytes). Répartis au-dessus du noyau de ces cellules, ils limitent les dommages causés au matériel génétique par les rayons ultraviolets. Plus les mélanosomes sont gros, nombreux et chargés en mélanine, plus la peau est foncée.
Dans les peaux foncées d’origine africaine, les mélanosomes sont indépendants les uns des autres et s’étalent de façon optimale. Chez les personnes d’origine européenne ou asiatique, ils sont au contraire regroupés dans de petits sacs et se répartissent moins régulièrement au-dessus du noyau. La nature des pigments (eumélanine brun-noir ou phéomélanine orange-rouge) et leurs proportions respectives influent aussi sur la couleur de peau.
L’hérédité, déterminante dans la pigmentation
Tous les gènes responsables de la pigmentation ne sont pas connus, mais leur mutation jouerait un rôle clé dans l’éclaircissement de la peau. La mutation du gène slc24a5 serait ainsi à l’origine de l’éclaircissement apparu en Afrique du Nord ou au Moyen-Orient, qui s’est ensuite répandu en Eurasie avant de se stabiliser. Certaines mutations génétiques, comme l’albinisme, influencent aussi fortement le teint.
Le rôle du rayonnement solaire et de la latitude
L’hérédité et la mutation des gènes de pigmentation sont étroitement liées à l’insolation reçue dans une zone géographique. L’indice de réflexion de la peau, moindre à l’équateur, croît avec la latitude : plus on se rapproche des pôles, moins la peau reçoit d’UV et plus elle s’éclaircit ; plus on descend vers l’équateur et les basses latitudes, plus elle est foncée. Il existe donc une forte corrélation entre la pigmentation et la latitude.
L’évolution de la couleur de peau de l’espèce humaine
Les chimpanzés ayant la peau pâle sous leur fourrure, les premiers hominiens africains, après avoir perdu la leur, avaient probablement la peau claire. Leur pigmentation aurait ensuite été une adaptation à l’effet délétère des UV-A, qui, en induisant une carence en vitamine B9, entravent le développement de la vie humaine.
À l’inverse, la faible pigmentation sous les hautes latitudes s’expliquerait par le fait qu’une peau trop sombre augmente le risque de rachitisme, par manque de vitamine D synthétisée grâce aux UV-B. Les Inuits, au teint cuivré, tireraient quant à eux leur vitamine D d’une alimentation riche en poissons. Cette logique éclaire aussi l’origine de la couleur des yeux, façonnée par des mécanismes voisins.
Les phototypes : classer la couleur de peau
Le phototype caractérise la sensibilité de la peau aux rayonnements UV, liée à la production de mélanine. Seule la mélanine noire (eumélanine), prédominante chez les phototypes élevés, protège des UV en renvoyant la lumière : les peaux foncées sont donc mieux protégées du soleil que les peaux claires, chez qui la mélanine rouge (phéomélanine) domine.
La classification de Fitzpatrick définit six phototypes, correspondant à six types de peaux et de couleurs de cheveux :
- Phototype I (type roux) : peau très blanche, cheveux blonds ou roux, yeux bleu-vert, souvent des taches de rousseur. Coups de soleil systématiques, la peau ne bronze jamais et rougit toujours.
- Phototype II (type nordique) : peau claire, cheveux blond roux à châtain, yeux clairs à bruns. Coups de soleil fréquents, bronzage à peine perceptible et très lent.
- Phototype III (le plus répandu) : peau intermédiaire, cheveux châtain à bruns, yeux bruns. Coups de soleil occasionnels, hâle brun clair.
- Phototype IV (type méditerranéen) : peau mate, cheveux et yeux bruns ou noirs. Coups de soleil occasionnels lors d’expositions intenses, beau bronzage brun foncé.
- Phototype V (type latino) : peau brun foncé, cheveux et yeux noirs. Coups de soleil rares, bronzage brun très foncé.
- Phototype VI (type africain) : peau très foncée, cheveux et yeux noirs. Coups de soleil très exceptionnels.
L’échelle de Von Luschan, plus fine que celle de Fitzpatrick, sert aussi à déterminer la couleur de peau : les teintes 1-5 correspondent au type I, 6-10 au type II, 11-15 au type III, 16-20 au type IV, 21-29 au type V et 30-36 au type VI. Les types V et VI ne se rencontraient à l’origine qu’en dehors de l’Europe.
Le projet Humanae : un nuancier Pantone humain
La photographe brésilienne Angélica Dass a lancé le projet Humanae pour réaliser un immense nuancier Pantone humain à partir de toutes les teintes de peau. Elle associe chaque code couleur Pantone à la pigmentation cutanée d’une personne. Fort de plusieurs milliers de clichés, ce travail bouscule les idées reçues sur l’identité sociale et personnelle : même proche d’une teinte codifiée, chaque être humain possède un teint qui lui est propre.
« Le but ultime d’Humanae est de provoquer une discussion sur la diversité ethnique, de créer des images qui nous correspondent indépendamment de la nationalité, de l’origine, du statut économique, de l’âge ou des critères de beauté. Nous ne pouvons nous réduire à des principes et des clichés : nous sommes juste humains. »
Angélica Dass
Comment expliquer le bronzage ?
Le bronzage est le phénomène par lequel la peau prend une couleur plus foncée en réaction à une exposition, naturelle ou artificielle, aux ultraviolets. Cette production de mélanine par l’épiderme est un mécanisme de défense face à un excès de rayonnement, qui pourrait endommager l’ADN des cellules.
Chaque individu diffère par sa sensibilité au soleil et sa capacité à bronzer, selon le type de pigmentation de sa peau. Les peaux mates bronzent plus vite que les peaux claires, car la mélanine y est naturellement plus présente. Sous l’action des UV, les kératinocytes se multiplient et rendent la peau plus solide et moins perméable, tandis que les mélanocytes produisent la teinte dorée à brune caractéristique.
Après 30 ans, le nombre de mélanocytes diminue de 10 à 20 % par décennie, rendant le bronzage plus difficile. Le processus est lent et la peau très vulnérable lors des premières heures d’exposition. Une surexposition peut provoquer des coups de soleil et, à long terme, favoriser des maladies de la peau et un photovieillissement (rides, lentigos solaires) ; elle peut aussi affaiblir le système immunitaire. Une exposition minimale reste néanmoins utile : elle permet à l’organisme de synthétiser la vitamine D, précieuse pour les os et le sommeil.
Questions fréquentes
Pourquoi la couleur de peau varie-t-elle selon la latitude ?
Parce que l’ensoleillement décroît des tropiques vers les pôles : près de l’équateur, une peau foncée protège des UV intenses ; aux hautes latitudes, une peau claire capte plus facilement le peu d’UV disponible pour synthétiser la vitamine D.
Quelles sont les différentes couleurs de peau ?
On les classe généralement en six phototypes, du type I (peau très claire qui ne bronze pas) au type VI (peau très foncée), selon la quantité et le type de mélanine produits.
Qu’est-ce qu’un phototype ?
C’est une mesure de la sensibilité de la peau aux UV, liée à sa production de mélanine. Il détermine la facilité à bronzer et le risque de coups de soleil.
Pourquoi la peau bronze-t-elle au soleil ?
Le bronzage est une défense : sous l’effet des UV, la peau fabrique davantage de mélanine pour protéger l’ADN des cellules d’un excès de rayonnement.
Citation sur la couleur de peau :
« L’important n’est pas la couleur de peau, la langue parlée ou la religion pratiquée ; l’important est de se respecter mutuellement et de se considérer comme des êtres humains. »
Malala Yousafzai
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