LAPALISSADE ou VÉRITÉ DE LA PALICE : origine et signification

Affirmation tellement évidente qu’elle en devient ridicule ou déclenche la raillerie ou l’hilarité, une vérité de La Palice ou lapalissade fait référence à un grand maréchal de François Ier mort au combat à la bataille de Pavie qui n’en a jamais prononcé !

De quoi s’agit-il ?

Une lapalissade ou vérité de La Palice consiste à affirmer une « vérité vraie »,    une évidence immédiatement perceptible, qui déclenche le rire de l’interlocuteur ou encore la réponse suivante : « La Palice en aurait dit autant ! ».

Forme de truisme (vérité trop manifeste qu’il est superflu de vouloir démontrer et d’énoncer), elle est souvent utilisée en politique pour faire passer de fausses idées, donnant une impression renforcée de vérité et d’évidence.

À la différence d’une tautologie qui est une proposition toujours vraie sans que cela soit forcément perceptible d’emblée et sans connotation péjorative, une lapalissade énonce une évidence, une banalité reconnue immédiatement par tous. Elle à une connotation péjorative (affirmation ou réflexion niaise). Le locuteur y a recours à dessein (pour plaisanter) ou non, suscitant une réaction immédiate de rire ou de moquerie. Elle diffère d’un pléonasme qui est un terme ou une expression ajoutant une répétition consciente ou inconsciente à ce qui a été énoncé.

Origines

Le terme de vérité de La Palice ou lapalissade fait référence à Jacques II de Chabannes, seigneur de La Palice, dit La Palisse, maréchal de François Ier. L’orthographe de lapalissade provient du nom moderne de la ville de Lapalisse dans le Bourbonnais qui abrite le château historique de Jacques de La Palice.

La Palice n’a été l’auteur d’aucune lapalissade.

Pour illustrer, le courage dont il fit preuve au siège de Pavie (1525) et où il trouvera la mort (François Ier sera fait prisonnier), ses soldats écrivirent une chanson à sa mémoire, dans laquelle se trouve la strophe suivante :

Hélas, La Palice est mort,
Il est mort devant Pavie ;
Hélas, s’il n’était pas mort,
Il ferait encore envie

Sa veuve, Marie de Melun, fit édifier à sa mémoire un somptueux monument funéraire, avec comme épitaphe quelques mots inspirés de la strophe précédente :

Ci-gît le Seigneur de La Palice
S’il n’était mort il ferait encore envie.

Comme il existait à l’époque deux graphies correspondantes au s minuscule : le s rond (s) et le s long (ſ), le f pouvait être confondu avec s long (ſ).

Une erreur de lecture transforma la phrase en  « Hélas, s’il n’était pas mort, il ſerait (serait) encore en vie». Bien malgré lui, La Palisse est passé à la postérité pour ses « réflexions niaises ou ridicules tant elles sont évidentes » alors qu’il s’agirait d’un malentendu.

Suite, page suivante : cliquer sur « 2 » ci-dessous