Du chihuahua de 2 kg au dogue allemand de plus de 70 kg, les races de chiens offrent une diversité sans équivalent dans le monde animal. Pour s’y retrouver, la Fédération cynologique internationale les classe en dix groupes, selon leur morphologie et leur fonction d’origine. Combien existe-t-il de races de chiens, comment sont-elles classées, lesquelles préfèrent les Français ? Voici le guide complet des races de chiens, groupe par groupe.
Qu’est-ce qu’une race de chien ?
Toutes les races descendent du loup, domestiqué il y a plus de 15 000 ans, mais l’homme les a façonnées de manières très différentes. Une race rassemble des chiens qui partagent des caractères physiques et comportementaux héréditaires, fixés par des générations de sélection. Chaque race est décrite par un standard, document officiel qui précise la taille, le poids, la forme de la tête, la couleur et la texture du pelage, les allures et le caractère attendus.
En France, la Société centrale canine (SCC) tient depuis 1885 le Livre des origines français (LOF), seul registre généalogique canin agréé par le ministère de l’Agriculture. Un chien n’est « de race » au sens officiel que s’il y est inscrit : sinon, on parle de chien « de type » berger, labrador ou autre.
Comment sont nées les races de chiens ?
De l’Antiquité au Moyen Âge, des types de chiens
Pendant des siècles, on ne parle pas de races mais de types de chiens, définis par leur fonction : lévriers pour la chasse à vue, molosses pour la garde et la guerre, chiens de berger pour les troupeaux. Les chiens sont choisis pour leurs aptitudes, et l’apparence importe peu.
Au Moyen Âge, la chasse devient l’affaire de la noblesse, qui entretient de véritables meutes. Entre 1387 et 1389, le comte de Foix Gaston Fébus décrit dans son Livre de la chasse les différents chiens de son époque : dogues ou alans, lévriers, chiens courants de plusieurs sortes, mâtins, et chiens d’oysel, ancêtres de nos chiens d’arrêt. Son traité restera jusqu’à la fin du XVIe siècle la référence de tous les chasseurs.
Le XIXe siècle, âge d’or de la création des races
La plupart des races actuelles sont pourtant récentes. Elles naissent dans l’Europe du XIXe siècle, et surtout dans l’Angleterre victorienne, avec la mode des expositions canines :
- 1859 : le premier concours canin moderne se tient à Newcastle, en Angleterre, avec 23 pointers et 27 setters.
- 1873 : fondation à Londres du Kennel Club, premier club canin national, pour encadrer expositions et concours.
- 1882 : naissance en France de la Société centrale pour l’amélioration des races de chiens, future Société centrale canine. Le premier chien inscrit au LOF, le 11 mars 1885, est un griffon d’arrêt à poil laineux nommé Marco.
Les éleveurs fixent alors l’apparence de chaque race dans un standard et ferment les livres des origines : seuls les chiots de parents inscrits peuvent être inscrits à leur tour. Pour obtenir de nouvelles qualités, ils croisent des races existantes. Une vaste étude génétique publiée en 2017, portant sur 161 races, l’a confirmé : les chiens ont d’abord été sélectionnés pour une fonction, comme garder un troupeau ou arrêter le gibier, puis croisés pour obtenir certains traits physiques. Les chiens de chasse britanniques, comme le golden retriever ou les setters, datent ainsi de l’époque victorienne, et les croisements de bouledogues et de terriers d’Irlande remontent aux années 1860.
Le XXe siècle, l’ère de la reconnaissance officielle
En 1911, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la France et les Pays-Bas fondent la FCI pour harmoniser l’élevage, les expositions et les jugements. Disparue pendant la Première Guerre mondiale, elle est recréée en 1921 par la Société centrale canine et la Société royale Saint-Hubert de Belgique. Elle publie depuis les standards de ses races en quatre langues : anglais, français, allemand et espagnol. Et l’histoire continue : de nouvelles races sont encore reconnues chaque année.
Combien existe-t-il de races de chiens ?
La Fédération cynologique internationale (FCI), qui fédère les organismes canins nationaux d’une centaine de pays, dont la SCC pour la France, reconnaît environ 360 races. Ce nombre évolue chaque année : en février 2026, la FCI a encore accepté à titre provisoire le chien courant des Tatras et le chien de berger macédonien Karaman.
Pour être reconnue à titre provisoire, une nouvelle race doit compter au moins huit groupes de familles indépendants. Elle peut alors être présentée en exposition internationale, mais il faut attendre de longues années avant sa reconnaissance définitive. Les autres grands organismes, comme l’American Kennel Club, tiennent leurs propres listes : le nombre de races varie donc selon le pays et l’organisme.
La classification des races de chiens par la FCI
Conçue à l’origine pour les expositions canines internationales, la nomenclature de la FCI combine la morphologie et la fonction des chiens. Chaque race est rangée dans l’un des dix groupes, puis dans une section, parfois une sous-section, et reçoit un numéro de standard.
Groupe 1 : chiens de berger et de bouvier
Ce groupe réunit les chiens qui conduisent les troupeaux, à l’exception des bouviers suisses (groupe 2) et des chiens de berger nordiques (groupe 5). Les grands chiens qui protègent le bétail sans le conduire, comme le montagne des Pyrénées, sont classés dans le groupe 2.
- Section 1, chiens de berger : berger allemand, berger belge malinois, berger australien, border collie, beauceron, briard.
- Section 2, chiens de bouvier : bouvier des Flandres, bouvier australien.

Groupe 2 : pinschers, schnauzers, molossoïdes, chiens de montagne et bouviers suisses
- Section 1, type pinscher et schnauzer : dobermann, schnauzer, pinscher allemand, pinscher nain.
- Section 2, molossoïdes : de type dogue (boxer, dogue allemand, dogue de Bordeaux, rottweiler) et de type montagne (terre-neuve, montagne des Pyrénées, saint-bernard, léonberg).
- Section 3, bouviers suisses : bouvier bernois, grand bouvier suisse.

Groupe 3 : terriers
- Section 1, terriers de grande et moyenne taille : airedale terrier, fox-terrier.
- Section 2, terriers de petite taille : cairn terrier, west highland white terrier.
- Section 3, terriers de type bull : bull terrier, staffordshire bull terrier, american staffordshire terrier.
- Section 4, terriers d’agrément : yorkshire terrier.

Groupe 4 : teckels
Le seul groupe consacré à une seule race, le teckel, déclinée en trois tailles (standard, nain et kaninchen) et trois types de poil (ras, long et dur).

Groupe 5 : chiens de type spitz et de type primitif
- Chiens nordiques de traîneau (husky sibérien, malamute de l’Alaska, samoyède), de chasse et de garde.
- Spitz européens : spitz allemand, volpino italien.
- Spitz asiatiques : chow-chow, akita, shiba.
- Chiens de type primitif : basenji, chien du pharaon, chien nu du Mexique, podencos.

Groupe 6 : chiens courants, chiens de recherche au sang et races apparentées
- Section 1, chiens courants, qui chassent en meute en suivant la piste : beagle, basset hound, grand bleu de Gascogne.
- Section 2, chiens de recherche au sang, spécialistes du gibier blessé : chien de rouge de Hanovre.
- Section 3, races apparentées : dalmatien.

Groupe 7 : chiens d’arrêt
- Section 1, chiens d’arrêt continentaux : braque allemand, braque français, épagneul breton.
- Section 2, chiens d’arrêt britanniques et irlandais : pointer, setter anglais, setter irlandais.

Groupe 8 : chiens rapporteurs, leveurs de gibier et chiens d’eau
- Section 1, chiens rapporteurs : labrador retriever, golden retriever.
- Section 2, chiens leveurs de gibier : cocker anglais, springer anglais.
- Section 3, chiens d’eau : barbet, chien d’eau portugais.

Groupe 9 : chiens d’agrément et de compagnie
Le groupe le plus divisé, avec onze sections :
- Bichons et apparentés : bichon maltais, bichon frisé, bichon havanais, coton de Tuléar, petit chien lion.
- Caniches : toy, nain, moyen et grand.
- Petits chiens belges : griffon bruxellois, petit brabançon.
- Chiens nus : chien chinois à crête.
- Chiens du Tibet : shih tzu, lhassa apso, épagneul tibétain.
- Chihuahua.
- Épagneuls anglais d’agrément : cavalier king charles.
- Épagneuls japonais et pékinois.
- Épagneul nain continental (papillon et phalène) et petit chien russe.
- Kromfohrländer.
- Petits molossoïdes : bouledogue français, carlin, boston terrier.

Groupe 10 : lévriers
Quatorze races réparties en trois sections selon le poil : long ou frangé (lévrier afghan, barzoï, saluki), dur (lévrier irlandais, deerhound) et court (greyhound, whippet, sloughi, galgo).

Les races non reconnues par la FCI
Il n’existe pas de « groupe 11 » dans la nomenclature de la FCI. Les races non reconnues sont simplement absentes de sa liste. Certaines sont reconnues par un organisme national, comme l’American Kennel Club aux États-Unis. D’autres sont des races en devenir, que leurs éleveurs tentent de faire accepter.
Enfin, les croisements à la mode, comme le labradoodle ou le cockapoo, ne sont pas des races : leurs caractères ne sont pas fixés, et deux chiots d’une même portée peuvent être très différents.
Les races de chiens préférées des Français
Chaque année, la Centrale canine publie le classement des races de chiens les plus inscrites au LOF. En 2025, près de 200 000 chiots de 286 races différentes y ont été enregistrés. Après sept ans en tête, le berger australien a cédé la première place au golden retriever, avec un peu plus de 15 000 naissances. Le staffordshire bull terrier, le setter anglais et le berger belge figurent aussi parmi les races les plus populaires de ces dernières années. Avant de choisir, mieux vaut aussi se renseigner sur la santé de la race : l’espérance de vie du chien va d’environ 5 ans pour certaines races géantes à plus de 15 ans pour les plus robustes.
Les races de chiens françaises
La France a vu naître de très nombreuses races, en particulier chez les chiens de chasse. Parmi les plus connues :
- Chiens de berger : beauceron, briard, berger des Pyrénées.
- Chiens de garde et de montagne : dogue de Bordeaux, montagne des Pyrénées.
- Chiens de chasse : épagneul breton, braque français, grand bleu de Gascogne, basset artésien normand.
- Chiens de compagnie : caniche, bouledogue français, petit chien lion, et le coton de Tuléar, originaire de Madagascar et placé sous patronage français.
Ces races françaises ne représentent pourtant qu’une petite part des naissances inscrites au LOF, dominées par des races étrangères comme le golden retriever ou le berger australien.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de races de chiens dans le monde ?
La FCI en reconnaît environ 360, à titre définitif ou provisoire. D’autres organismes en reconnaissent davantage ou moins : il n’existe pas de chiffre unique.
Combien de groupes de chiens la FCI distingue-t-elle ?
Dix groupes, eux-mêmes divisés en sections, établis selon la morphologie et la fonction d’origine des chiens.
Quelle est la race de chien préférée des Français ?
En 2025, c’est le golden retriever, qui a détrôné le berger australien, en tête du classement de la Centrale canine depuis sept ans.

Un chien sans pedigree est-il un chien de race ?
Non, au sens officiel : seul un chien inscrit au LOF est un chien de race. Un chien qui en a l’apparence sans être inscrit est dit « de type ».