ARTE POVERA : un art de rupture poétique et visionnaire

Oeuvre d'arte povera
L’Arte povera est né en Italie à la fin des années 1960 en réaction au mode de vie américain et à l’art consumériste (pop art) caractérisé par la surenchère, le spectaculaire et le tout médiatique.
Un groupe d’artistes (Alighiero Boetti, Mario Merz,Jannis Kounellis, Luciano Fabro, Michelangelo Pistoletto, Giulio Paolini), pour la plupart issus de la ville industrielle Turin, marqués par les conflits sociaux, rejetant le mercantilisme du marché de l’art, vont privilégier le naturel, l’instinct et l’éphémère.
arte poveraSelon le critique d’art italien Germano Celant à l’origine du terme, l’arte povera est«un hymne à l’élément primaire, à l’élément banal, à la nature, à l’homme,  fragment d’esprit et de corps ».
Manifeste social et politique, il est plus une attitude, un comportement, une discipline qu’un mouvement, à savoir :
— une façon d’être et de créer privilégiant le geste et le processus créatif au détriment de l’objet fini ; 
— un refus de considérer l’art comme un produit que l’on s’approprie ou sacralise ;
— une mise en œuvre simple, voire archaïque, de matériaux dits « pauvres, sommaires, bruts, naturels (bois, charbon, pierres…), souvent de récupération ;
— une prise en compte de l’espace d’exposition comme partie prenante de l’installation ;
— une dimension poétique voire un matérialisme spirituel poussant à réfléchir sur les mystères de l’existence.
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Art frugal, de récupération ou de récolte, il se veut essentiel, ancré dans le réel, à portée symbolique et poétique.
Les artistes de l’Arte povera dépassent les limites de la sculpture ou de la peinture, sortent du cadre pour exalter le réel et développer un langage visuel radical.
De nombreuses expériences d' »art pauvre » seront également menées dans des disciplines telles que l’architecture (“Global tools”, contre-école d’architecture et de design repensant l’espace social dans un cadre écologique), la danse, le cinéma ou la musique.
L’Arte povera, à l’origine guérilla artistique basée sur une radicalité formelle et une économie de moyens, n’a jamais été aussi d’actualité.
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Loin d’être un moment de régression de la culture, il trouve aujourd’hui de nombreuses résonances et prolongements dans différentes formes d’art non ostentatoires ancrées dans le réel ou la nature (Land art, art du Monde, art écologique…) qui connaissent un engouement public de plus en plus important notamment auprès des Millennials et des Centennials
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