COLLEGUES TOXIQUES : comment les identifier et s’en protéger

collègue toxique

Un français sur dix ne supporterait pas ses collègues de travail. 36 % des employés se plaindraient de tensions sur le lieu de travail. De fait, 5 à 10 % des hommes ou des femmes au travail auraient une personnalité toxique provoquant baisse de l’estime de soi, démotivation, stress continu parmi leurs collègues. Disposant de moins d’influence sur la rémunération ou la carrière qu’un manager, leur proximité rend leur toxicité plus nuisible, nécessitant de s’en défendre activement avant qu’elle ne soit dommageable.

Qui sont-ils ?

Un collègue toxique est celui ou celle qui, de façon persistante et récurrente, multiplie les jugements négatifs, les sentiments et les intentions comportementales nuisibles envers ses collègues.

Cela peut aller des agressions verbales aux sautes d’humeur régulières, en passant par les incivilités et les fraudes en tous genres, sans oublier les comportements plus pervers tels que le harcèlement physique ou moral.

Maniant la manipulation, l’intimidation et l’humiliation, il recherche le pouvoir et pense l’obtenir en dégradant les autres et leur travail. Surinvestissant dans le travail pour être valorisé, il s’agit souvent d’une personne en souffrance.

Comment les reconnaître ?

  • Ils cachent bien leur jeu. Avenants et sympathiques, ils distillent leur venin sans que le groupe ne leur attribue directement les remarques acerbes et l’influence nuisible sur l’ambiance ;
  • ils suscitent des réactions diamétralement opposées, détestés ou très appréciés ;
  • ils tissent généralement des liens d’amitié avec leurs victimes ;
  • ils se posent souvent en victimes (surchargés de travail, sortant d’un problème de santé…) ;
  • ils sont imprévisibles, à la fois charmants et détestables ;
  • ils cherchent en permanence à prendre l’ascendant pour mieux manipuler ;
  • ils sont très critiques multipliant moqueries, blagues douteuses et remarques malveillantes sur leurs collègues ;
  • ils savent analyser les relations et l’ambiance et en jouer ;
  • ils enveniment les conflits, humilient en public ;
  • ils prospèrent lorsque la hiérarchie est déficiente ou fuit les conflits ;
  • ils sont calculateurs, préparant en permanence des coups bas ;
  • ils se mettent toujours en avant, n’hésitant pas à dénoncer les échecs ou les erreurs de leurs collègues.

Quels sont les différents types de collègues toxiques ?

Certains sont des cas pathologiques tels que :

  • l’envieux maladif qui est jaloux des moindres réussites de ses collègues, prenant sa revanche au moindre faux pas ou fomentant de mauvais coups ;
  • le up and down: d’humeur changeante, il souffle le chaud et le froid faisant vivre à ses collègues des montagnes russes relationnelles perturbantes ;
  • le séducteur manipulateur pratique le chantage affectif pour mieux parvenir à ses fins et manipuler dans son intérêt ;
  • l’informel est toujours en retard dans son travail, aux réunions. Son irresponsabilité affecte ses collègues ;
  • la commère se nourrit des faiblesses, des erreurs de ses collègues. Il médit en permanence et colporte les ragots à longueur de journée ;
  • l’hypocrite, fourbe ou lâcheur, maintient de fausses relations et lâche à la moindre occasion ;
  • le compétiteur malsain ou l’adversaire oppose des contrepropositions à chacune des initiatives de ses collègues, se sentant en compétition avec tout le monde ;
  • le démotivé fait le strict minimum, révoltant son entourage professionnel immédiat ;
  • le coléreux ou l’agressif est très occupé, peu aimable et travaille en solitaire.

Certaines formes sont plus pernicieuses comme :

  • le travailleur obsessionnel qui fait passer ses collègues pour des fainéants ;
  • celui ou celle qui indispose par son comportement, son odeur, sa voix, son langage.

Quelles conséquences sur ses collègues ?

  • Il franchit en permanence les limites du respect et de la dignité ;
  • il instaure la peur, l’insécurité, le mal-être et la division ;
  • il est invivable, méchant, diffuse de fausses informations ;
  • il appuie sur les faiblesses, démotive voire tétanise sess victimes ;
  • il tire ses collèges vers le bas ;
  • il donne le sentiment que ses collègues sont médiocres ;
  • il diffuse patiemment sa toxicité à l’ensemble de l’entreprise.

Comment en sortir ?

Il s’agit de :

  • réaliser la toxicité de ces relations,
  • ne pas leur trouver des excuses,
  • ne pas entrer dans leur jeu,
  • prendre du recul et cesser toute relation,
  • agir vite pour que la situation ne s’installe pas et ne se dégrade pas,
  • faire preuve de fermeté,
  • manier l’ironie ou l’humour pour désactiver leurs attaques,
  • pratiquer l’indifférence,
  • garder les preuves écrites des attaques et des signalements,
  • ne jamais quitter le plan professionnel,
  • en référer à la hiérarchie et aux ressources humaines de manière directe, honnête et surtout factuelle. Parfois, les collègues toxiques sont inconscients de l’effet qu’ils ont sur les autres, car très centrés sur eux-mêmes. Une discussion ferme et étayée avec la hiérarchie peut être salutaire.

Troisième facteur le plus anxiogène au travail, après les salaires et les charges de travail déraisonnables, les collègues toxiques entraînent une baisse de l’implication et une perte de productivité. La propagation des comportements toxiques étant rapide et fortement dommageable, il importe de la bloquer sans attendre au risque d’en pâtir ou d’être converti soi-même en collègue toxique…

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