ET SI ON UTILISAIT DES FIGURES DE STYLE ? Les connaître et les utiliser (2/2) !

figures de style

Les composantes essentielles de l’art du discours, procédés stylistiques d’écriture, formules clés dans les interactions quotidiennes, les figures de style permettent de se singulariser, de retranscrire une vision et une personnalité originale en surprenant, sensibilisant le lecteur ou l’interlocuteur.

De quoi s’agit-il ?

Une figure de style est un procédé d’expression qui s’écarte de l’usage ordinaire de la langue, donnant une expressivité particulière au propos.

En décalage avec l’usage commun de la langue par l’emploi et l’agencement remarquable des mots, elles enrichissent les mots, créant un effet de sens.

Effort de pensée et de formulation, donnant au discours plus de grâce et de vivacité, d’éclat et d’énergie, elles provoquent l’émotion du lecteur.

Les différentes figures de style 

Au choix, elles peuvent jouer sur:

  1. le sens des mots en recourant à l’analogie (comparer) ou la substitution (remplacer),
  2.  la syntaxe (rupture de construction),
  3. la place des mots, en produisant l’insitance (insister)/ou l’opposition (opposer/contraster),
  4. les sonorités, relevant de l’art poétique,
  5. le discours.

INSISTER SUR LES MOTS

  • l’accumulation consiste en l’énumération de plusieurs mots de même catégorie ou nature dans le but de créer un effet d’amplification.

Exemples: « Adieu, veau, vache, cochon, couvée. » – La Fontaine; « Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. » – Voltaire 

  • un parallélisme est une apposition de deux constructions de phrase identiques dans un texte. Il s’agit d’une structure en miroir montrant l’identité ou l’opposition :

Exemples : « Innocents dans un bagne, anges dans un enfer. « Mon cheval sera la joie
Ton cheval sera l’amour »— Victor Hugo

  • une gradation est une énumération allant croissant ou décroissant en termes d’intensité. Elle permet de créer un effet d’intensification ou de diminution progressive de la force du propos.

Exemple : « C’est un roc ! C’est un pic ! C’est un cap ! / Que dis-je, c’est un cap ? C’est une péninsule ! » – Edmond Rostand.

  • une anaphore est la répétition du même terme ou de la même expression en début de phrase et à plusieurs reprises dans le but de marteler ce mot.

Exemple: « Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant ! / Rome qui t’a vu naître, et que ton cœur adore ! / Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore ! » – Corneille

  • une épiphore est la reprise d’un mot ou d’un groupe de mot dans plusieurs phrases qui se suivent. Elle permet de créer un effet rythmique et d’insister sur un mot en particulier à l’aide de la répétition.

Exemple : « Moi qui n’ai jamais prié Dieu / …/ Moi qui n’ai jamais prié Dieu / Que quand j’ai eu peur de Satan / Moi qui n’ai prié Satan / … / Moi qui n’ai prié Satan / Que quand j’ai eu peur du Bon Dieu » – Jacques Brel

  • une épanadiplose est la reprise à la fin d’une phrase du même mot que celui utilisé en début de phrase.

Exemple: « L’homme peut guérir de tout, non de l’homme » – Georges Bernanos.

par opposition, l’anadiplose est une reprise juxtaposée du même mot :

Exemple : « Comme le champ semé en verdure foisonne, De verdure se hausse en tuyau verdissant, Du tuyau se hérisse en épi florissant »— Du Bellay

  • l’épanalepse est la reprise d’un groupe de mot au début d’une proposition :

Exemples: « Ô triste, triste était mon âme / À cause, à cause d’une femme. » – Verlaine « Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle… »— Jean Racine,

  •  l’hyperbole consiste à exagérer, amplifier une idée ou une réalité, dans le but de la renforcer et la mettre en avant. Elle fait généralement référence à quelque chose d’impossible, dans un but ironique ou de dramatisation.

Exemples : « Je meurs de soif »; « Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. » – La Fontaine.

OPPOSER LES MOTS

  • Une antiphrase est l’expression d’une idée par son contraire avec une ironie clairement perceptible d’où nécessité de bien connaître le contexte ou de percevoir l’intonation.

Exemple: « Tout ce joli monde se trouve en prison»

  • une antithèse consiste à rapprocher deux termes qui s’opposent pour en renforcer le contraste.

Exemples: « Il a l’air vivace et maladif. » – Victor Hugo; « Tout lui plaît et déplaît, tout le choque et l’oblige. Sans raison il est gai, sans raison il s’afflige. » – Boileau

  • un oxymore est le fait de rapprocher deux termes dont le rapprochement est inattendu et crée une formule en apparence contradictoire.

Exemples : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles / Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ; » – Corneille

  • un chiasme est composé de deux expressions qui se suivent, mais la deuxième adopte l’ordre inverse de la première (A – B / B’ – A’).

Exemples: « Ayant le feu pour père, et pour mère la cendre. » – Agrippa d’Aubigné; « Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre. » – Gandhi.

  • un paradoxe en tant que figure de style est le fait d’énoncer une idée qui va à l’encontre de l’opinion commune, dans le but de choquer ou d’interpeler.

Exemples: « Paris est tout petit, c’est là sa vraie grandeur. » – Jacques Prévert ; « De nombreux enfants au Q.I. élevé sont en échec scolaire »

  • un zeugme est une ellipse d’un mot ou d’un groupe de mots qui devraient être normalement répétés, ce qui a pour conséquence de mettre sur le même plan syntaxique deux éléments appartenant à des registres sémantiques différents. 

Exemples : « Vêtu de probité candide et de lin blanc » – Victor Hugo;« Les marchands de boisson et d’amour. » – Guy de Maupassant; « Sous le pont Mirabeau coule la Seine / Et nos amours. » – Guillaume Apollinaire

JOUER SUR LES SONORITES (répétition ou proximité)

  • l’assonance est le fait de répéter les mêmes voyelles ou le même son dans un phrase ou plusieurs vers.

Exemple: « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant » – Paul Verlaine;« Lève, Jérusalem, lève ta tête altière » – Jean Racine

Elle s’oppose à la contre-assonance qui est la répétition des voyelles en fin de phrase (brise / vase).

  • l’allitération consiste en la répétition de sons formés à l’aide de consonnes et non de voyelles.

Exemple: « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » – Racine; « La rue assourdissante autour de moi hurlait » – Baudelaire

  • une paronomase est le fait de rapprocher deux homonymes (qui se prononcent pareil) ou deux paronymes (qui se prononcent presque pareil).

Exemple: « Et l’on peut me réduire à vivre sans bonheur,/ Mais non pas me résoudre à vivre sans honneur. » – Corneille« Qui se ressemble s’assemble »

  • l’homéotéleute est le fait de répéter un son à la fin de plusieurs mots successifs.

Exemple: « Et il frissonne, sans personne !… » – Jules Laforgue; « Temps passés / Trépassés Les dieux qui me formâtes / Je ne vis que passant ainsi que vous passâtes » – Guillaume Apollinaire

JOUER SUR LE DISCOURS

  • une prosopopée consiste à faire parler un absent, un mort, un animal ou une chose. Elle est similaire à la personnification même si le fait de faire parler quelque chose ne la change pas en personne. 

Exemple: « Écoutez. Je suis Jean. J’ai vu des choses sombres. » – Victor Hugo

  • une prétérition est le fait de parler de quelque chose après avoir annoncé que l’on ne va pas en parler ;

Exemple : « Monsieur de La Rochefoucauld, pour ne pas le nommer… »; « Inutile de vous présenter monsieur Dupont. »

  •  une question rhétorique est une fausse question généralement dans le but de maintenir l’intérêt de son interlocuteur.

Exemples : « Qu’y a-t-il de plus vivant que les troupeaux ? » – Henri Michaux ;« Mais les hommes conservent-ils de la passion dans ces engagements éternels ? » – Madame de Lafayette.

Aller plus loin: 

ET SI ON UTILISAIT DES FIGURES DE STYLE ? Les connaître et les utiliser (1/2) !

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