Parents hélicoptères : ils empêchent leurs enfants de grandir

Comment le parent hélicoptère peut-il corriger son comportement ?

Favoriser l’autonomie et l’envol de l’enfant suppose de :

  • ne pas se substituer à lui lorsqu’il est capable, ou presque capable, d’accomplir une action ;
  • mettre l’ego parental de côté et renoncer aux comportements qui en découlent ;
  • lui donner l’occasion de prendre de petits risques, quitte à le surveiller de loin ;
  • limiter les contacts permanents au téléphone ;
  • répondre à ses interrogations par des questions, pour le pousser à réfléchir, s’écouter, prendre des décisions et les tester jusqu’à trouver la bonne solution ;
  • lui faire confiance, l’encourager et lui rappeler ses réussites passées, par exemple en tenant un « cahier des réussites » ;
  • le laisser choisir ses centres d’intérêt et encourager ses opinions ;
  • développer son intelligence émotionnelle en l’aidant à nommer ce qu’il ressent ;
  • lui déléguer des tâches du quotidien (mettre la table, aider à ranger, plier le linge…) pour qu’il contribue à la vie de la maison et se sente utile ;
  • ne pas répondre à toutes ses sollicitations non urgentes et cesser de le protéger de toutes les conséquences de ses actes ;
  • privilégier l’écoute plutôt que l’aide a priori ;
  • apprendre à se détendre et à mettre le holà aux exigences démesurées et à la pression que l’on se met soi-même ;
  • se détacher des pressions extérieures (société, médias, réseaux sociaux…) qui poussent à l’hyperprotection.

L’âge compte : on ne laisse pas la même marge à un enfant de 4 ans et à un adolescent de 15 ans. L’idée n’est pas de se retirer brutalement, mais d’ajuster progressivement son niveau d’intervention, comme le recommandent les chercheurs de l’université du Minnesota : reconnaître quand l’enfant est capable de gérer seul une situation, et le guider quand elle devient trop difficile pour lui.

Prendre toutes les décisions à sa place, intervenir dans ses conflits et résoudre ses moindres problèmes risque au final d’en faire un adulte immature et dépendant. Construire une bulle protectrice peut s’avérer source de fragilité ultérieure. La bienveillance parentale est au contraire un mélange équilibré d’apprentissages guidés et d’encouragements à agir seul : comme l’oiseau qui prépare jour après jour ses petits à voler de leurs propres ailes, le parent prépare l’envol final du nid.

Questions fréquentes

Qui a inventé l’expression « parent hélicoptère » ?

L’image vient du psychologue Haim Ginott (1969) ; l’expression a été popularisée en 1990 par Foster Cline et Jim Fay.

Quelle différence avec un parent tondeuse ?

Le parent hélicoptère surveille et intervient en cas de difficulté ; le parent tondeuse va plus loin en supprimant les obstacles avant même que l’enfant ne les rencontre.

Être un parent impliqué, est-ce être un parent hélicoptère ?

Non. L’implication parentale est associée à de nombreux bénéfices ; elle devient problématique quand elle n’est plus adaptée à l’âge de l’enfant et prive celui-ci des occasions d’apprendre par lui-même.

Les effets sont-ils réversibles ?

Rien n’est figé : en laissant progressivement plus de place à l’enfant ou à l’adolescent, on lui permet de reprendre confiance dans ses propres capacités. En cas d’anxiété ou de détresse marquée, un professionnel de l’enfance ou un psychologue peut accompagner la famille.

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