Avec l’allongement de la durée de vie, les centenaires n’ont jamais été aussi nombreux. En France, ils sont environ trente fois plus qu’en 1970, et les démographes s’attendent à ce que leur nombre continue de croître fortement d’ici 2070. Certaines régions du monde, les « zones bleues », semblent compter davantage de centenaires qu’ailleurs, et les chercheurs tentent d’identifier les facteurs de cette longévité. Portrait des centenaires, entre statistiques, records et secrets supposés de longue vie.
Qu’est-ce qu’un centenaire ?
Un centenaire est une personne qui a atteint l’âge de cent ans ou plus. Au-delà de 105 ans, les démographes parlent parfois de semi-supercentenaires, et à partir de 110 ans de supercentenaires.
Combien y a-t-il de centenaires en France ?
La progression est spectaculaire. La France comptait une centaine de centenaires en 1900, environ 200 en 1950, un peu plus de 1 000 en 1970 et plus de 8 000 en 2000. Selon l’Insee, près de 37 000 centenaires résident en France au 1er janvier 2026. Plus de huit sur dix sont des femmes.
La France est l’un des pays d’Europe qui comptent le plus de centenaires. Si les tendances actuelles de la mortalité se poursuivent, l’Insee projette plus de 200 000 centenaires en France en 2070, selon les chiffres repris par l’Ined.
Pourquoi les centenaires sont-ils de plus en plus nombreux ?
Cette hausse tient d’abord à l’allongement de l’espérance de vie, porté par l’amélioration constante des conditions de vie, de l’hygiène, de la médecine et de l’alimentation. En 2025, l’espérance de vie à la naissance atteint en France 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes. En vingt ans, les femmes ont gagné 2,1 ans et les hommes 3,6 ans : l’écart entre les sexes se réduit.
Elle dépend aussi de la taille des générations : les personnes qui atteignent cent ans aujourd’hui sont nées au milieu des années 1920, après la Première Guerre mondiale. Les disparités restent fortes d’un pays à l’autre, en particulier entre pays développés et pays en développement, et même, en France, entre les plus aisés et les plus modestes.
Existe-t-il un âge limite ?
La question divise les scientifiques. En 2018, une étude publiée dans la revue Science, menée par la démographe Elisabetta Barbi sur près de 4 000 Italiens âgés de 105 ans et plus, a montré que le risque de mourir, qui augmente de façon exponentielle jusqu’à 80 ans, ralentit ensuite pour se stabiliser à partir de 105 ans : à cet âge, la probabilité d’atteindre l’anniversaire suivant est d’environ une chance sur deux. Pour ses auteurs, s’il existe une limite biologique fixe, nous n’en sommes pas encore proches.
D’autres chercheurs restent sceptiques. Une étude parue dans Nature en 2016 soutenait au contraire que la longévité maximale humaine avait déjà été atteinte, autour de 115 ans pour la plupart des doyens de l’humanité.
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