LANGAGE DES ARBRES : un réseau de communication et de défense très élaboré

Un arbre est capable d’identifier l’espèce de l’insecte à la teneur de sa salive. Les arbres émettent également des substances pour prévenir les prédateurs de l’espèce agresseuse. Les ormes et les pins attirent ainsi des petites guêpes qui pondent des œufs dans le corps des chenilles envahisseuses.pests-2436782_960_720.jpg
Ce défaut de diffusion très lente du signal d’alerte au sein de l’arbre est contrebalancé par l’utilisation de la voie des airs lui permettant de franchir de grandes distances en peu de temps et de prévenir les parties éloignées de plusieurs mètres. Se diluant rapidement dans l’air, le rayon d’action des alertes odorantes est néanmoins inférieur à 100 m.
Le monde animal perçoit tous les signaux chimiques émis par les arbres, connaissant les attaques en cours et les espèces agresseuses. Les prédateurs des agresseurs peuvent ainsi intervenir au bon endroit à bon escient.

Peter Wohlleben ajoute que concernant les substances secrétées, les chênes envoient des tanins amers et toxiques dans l’écorce et les feuilles. Les saules fabriquent de la salicyline, bénéfique pour les humains (la tisane d’écorce de saule, ancêtre de l’aspirine, atténuant les maux de tête et la fièvre) mais, destructrice pour les insectes.
Outre les parties extérieures, les arbres sont en mesure d’envoyer des messages à leurs racines qui connectent les arbres entre eux et fonctionnent par tous les temps. Les informations y sont transmises chimiquement et électriquement à la vitesse de 1cm/s.

En effet, les racines d’un arbre s’étendent sur une surface double de celle de sa couronne extérieure et se traduisent par un entrelacement de ramifications souterraines et de points de contact et d’échange avec les autres arbres.

Lorsqu’une forêt héberge des arbres solitaires ou des arbres individualistes, Peter Wohlleben souligne que les arbres utilisent le réseau des champignons pour garantir la continuité de la transmission. De fait, champignons et arbres collaborent étroitement. Sachant qu’une cuillerée à café de terre forestière contient plusieurs kilomètres de ces filaments appelés hyphes, un seul champignon peut au fil des siècles s’étendre sur plusieurs kilomètres carrés et mettre en réseau des forêts entières.les-racines.jpg

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