LANGAGE DES ARBRES : un réseau de communication et de défense très élaboré

En effet, les racines d’un arbre s’étendent sur une surface double de celle de sa couronne extérieure et se traduisent par un entrelacement de ramifications souterraines et de points de contact et d’échange avec les autres arbres.

Lorsqu’une forêt héberge des arbres solitaires ou des arbres individualistes, Peter Wohlleben souligne que les arbres utilisent le réseau des champignons pour garantir la continuité de la transmission. De fait, champignons et arbres collaborent étroitement. Sachant qu’une cuillerée à café de terre forestière contient plusieurs kilomètres de ces filaments appelés hyphes, un seul champignon peut au fil des siècles s’étendre sur plusieurs kilomètres carrés et mettre en réseau des forêts entières.les-racines.jpg
Outre les arbres et les buissons, les graminées échangent également entre elles et probablement toutes les espèces végétales présentes dans la communauté forestière. En revanche, en zone agricole, la végétation est silencieuse. La main de l’homme fait perdre aux plantes cultivées leur aptitude à communiquer par voie souterraine ou aérienne….

Hors les signaux défensifs, Peter Wohlleben n’oublie pas de mentionner l’importance des signaux agréables, en particulier les messages olfactifs envoyés par les fleurs. Les arbres fruitiers, les saules ou les châtaigniers les diffusent pour attirer les abeilles. Le doux nectar est la récompense de la pollinisation qu’elles accomplissent à leur insu et en bonne intelligence.bee-3360682_960_720.jpg

Par ailleurs, la forme et la couleur des fleurs sont des signaux destinés à les distinguer de la verdure du feuillage.

En dévoilant au grand public le comportement incroyable des arbres qui s’échangent olfactivement, visuellement et électriquement des informations vitales, Peter Wohlleben nous alerte sur les conséquences néfastes de la destruction des zones arborées anciennes ou du labourage intensif des zones de petite végétation. La résistance des arbres survivants aux agressions des parasites ou du climat s’en trouve fortement diminuée. Des siècles de ramifications et d’échanges d’informations indispensables à leur survie et leur adaptation sont anéantis à jamais.

Référence :

Peter Wohlleben, la vie secrète des arbres, édition Les arènes

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