SAINTS DE GLACE : origines, mythe ou réalité

Tradition, mythe ou réalité ?

Des périodes de froid intense ont été identifiées en Europe au Ve et au VIe siècle durant cette période des saints de glace.

Afin de mettre un terme à une série de calamités naturelles, Saint Mamert introduisit la fête des Rogations en 470. Les paysans se réunissaient et récitaient lors de processions paroissiales des prières pour protéger les cultures durant ces jours critiques. Le patronage de ces saints n’étant pas toujours favorable, ils ont fini par incarner le retour du froid.

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En 1960, l’Église catholique a décidé de « remplacer » les saints associés aux inquiétudes agricoles par d’autres saints et saintes sans lien avec ces croyances populaires, jugées paganistes.

Une explication populaire justifie la tradition des saints de glace par un phénomène astronomique se produisant les 12 et 13 mai de chaque année. L’orbite de la Terre  traverserait un nuage de poussière formé  de « particules et de » résidus provenant de la formation des planètes à l’aube de leur existence ». Pendant quelques heures, la poussière ferait obstacle aux rayonnements solaires. La Terre traverserait à nouveau un nuage de poussière six mois plus tard, le 11 novembre, avec l’effet inverse. Cette explication est infirmée par les astronomes qui n’ont connaissance d’aucun nuage de poussière de ce type sur la trajectoire de la Terre.

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Dans les latitudes moyennes de l’hémisphère nord et notamment en Europe de l’Ouest, le mois de mai correspond à la fin de la rapide circulation de systèmes météorologiques d’hiver. Le passage de fronts froids, amenant de l’air du nord, se produit parfois. Quand le ciel se dégage ensuite sous un anticyclone, la perte de chaleur est importante, surtout la nuit. Il est normal d’avoir des périodes froides à cette époque même si la tendance des températures est à la hausse.

Les dictons sur les saints de glace

La popularité des saints de glace est encore vivace, comme en attestent les nombreux dictons qui leur sont consacrés.

  • « Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints de Glace, mais Saint-Urbain les tient tous dans sa main. »
  • « Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace. »
  • « Avant Saint-Servais, point d’été ; après Saint-Servais, plus de gelée. »
  • « Quand la Saint-Urbain est passée, le vigneron est rassuré. »
  • « À la saint Urbain, la fleur au grain » ou « Gelée le soir de saint Urbain, anéantit fruits, pain, vin. »

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  • « À la saint Urbain s’il fait beau, on le porte en procession. S’il gèle, les vignerons fâchés le jettent le cul dans les orties. »
  • « Erbinet (ou Urbinet), le pire de tous quand il s’y met, car il casse le robinet » ou « S’il pleut à la saint Urbain, c’est quarante jours de pluie en chemin. »
  • « À la Saint-Georges sème ton orge, à la Saint-Marc c’est trop tard. »
  • « Saint-Servais, Saint-Pancrace et Saint-Mamert font à trois un petit hiver. »

Période de l’année où le refroidissement nocturne par nuit de rayonnement avec un ciel clair est suffisant pour générer des gelées en plaine, la date des gelées les plus tardives ne dépasse généralement pas la période des saints de glace excepté dans les régions les plus septentrionales.