PENTECÔTE : ses origines, sa signification

Fête chrétienne qui célèbre l’effusion (venue accompagnée de signes perceptibles) du Saint-Esprit (troisième personne de la Trinité, Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, égaux, participant d’une même essence divine et pourtant fondamentalement distincts), la Pentecôte clôt le temps pascal. Dans certains pays, elle se poursuit le lendemain par un lundi férié ou chômé, dit « Lundi de Pentecôte ».

Les origines

Dans le calendrier juif, la fête de Chavouot ou fête des Semaines (Chavouot, en hébreu) ou Pentecôte (cinquantième [jour], en grec ancien) dans le judaïsme hellénistique, se déroule « sept semaines entières » après la fête de Pessa’h (Pâques juive). Cinquante jours représentent sept semaines, selon la façon de compter de la Bible.

La fête de Chavouot trouve ses origines dans une fête célébrant les moissons puis l’Alliance sinaïtique entre Dieu et Moïse et l’instauration de la Loi mosaïque.

Les Actes des Apôtres rapportent que le 50e jour après Pâques, alors qu’une foule s’est rassemblée pour Chavouot, les Apôtres, Marie et quelques proches entendirent un bruit « pareil à celui d’un violent coup de vent » qui remplit la maison (premier signe). « Une sorte de feu qui se partageait en langues et se posa sur chacun d’entre eux » (deuxième signe). Remplis de l’Esprit saint, signifié par le vent et le feu, « ils se mirent à parler en d’autres langues » (3e prodige). La foule qui festoie est stupéfaite « parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre langue ». À tel point que certains les croient « pleins de vin doux » (Ac 2, 1-14).

Ainsi se réalise la promesse faite par le Christ aux apôtres au moment de son Ascension, une dizaine de jours plus tôt : « vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8).

Ayant reçu la force de l’Esprit, les apôtres ont le courage de sortir de la salle du Cénacle où ils étaient craintivement enfermés et commencent à témoigner de la résurrection du Christ, à faire connaître son enseignement et à baptiser. La Bonne Nouvelle ayant vocation à rejoindre tous les hommes, le don de l’Esprit permet aux apôtres de répondre à l’appel du Christ : être ses témoins « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Comme les apôtres, les chrétiens sont appelés à ne pas rester seulement entre eux, hors de la vie et du monde, mais, au contraire, à proclamer clairement et librement la Bonne Nouvelle du salut.

Lors de la Pentecôte, l’Église est constituée non par une volonté humaine mais, par la force de l’Esprit de Dieu. À la suite de cet événement naissent les premières communautés chrétiennes qui se sont ensuite organisées, développées et propagées.

Parce qu’il trouve sa source dans l’événement de la Pentecôte, le sacrement de la confirmation est souvent célébré le jour de cette fête, l’évêque imposant les mains sur chacun des confirmands, manifestant par ce geste le don de l’Esprit.

La prise de possession des disciples par l’Esprit-Saint évoque les transes prophétiques et l’apôtre Pierre, qui annonce la venue d’un peuple de prophètes, un statut accordé à tout disciple de Jésus qui peut s’engageant dans une mission universelle pour diffuser l’Évangile.

Dans l’évangile selon Jean, lors de la dernière Cène, Jésus annonce la venue du Paraclet (le Consolateur ou Défenseur) : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. »

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