LE VIN : un placement de connaisseur, de long terme

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L’excellence des terroirs viticoles français (Champagne, Bordeaux, Bourgogne…) et de ses grands crus emblématiques est mondialement reconnue. Actif plaisir, le vin peut constituer un actif de diversification patrimoniale, à la condition de disposer de connaissances spécifiques et de se fixer un horizon de long terme. Placement atypique et actif périssable, le recours à des professionnels ou à des sociétés d’investissement spécialisées régulées par l’AMF ne dispense pas d’apprécier la bonne adéquation d’un tel investissement avec ses objectifs patrimoniaux.

Comment investir sur le marché du vin ?

Il existe différentes options : 

  • l’acquisition directe de vins en primeur (vin en cours de vinification mis en bouteille quelques années plus tard) ou déjà en bouteille : que ce soit, en ligne, aux enchères ou via le producteur ;
  • l’acquisition, par l’intermédiaire de négociants, de bouteilles (par caisses) ;
  • la souscription de parts de fonds d’investissement spécialisés ;
  • la souscription de parts de groupements fonciers viticoles (GFV).

Quelles en sont les contraintes ?

Il importe de :

  • Porter son choix sur des millésimes de longue garde, la sortie pouvant se situer à long terme (huit à dix ans);
  • Assurer des conditions de stockage et de conservation optimales. Si certains négociants proposent de garder les bouteilles dans leurs caves moyennant des frais, en assurer soi-même la conservation nécessite une cave naturelle ou électrique aux conditions d’hygrométrie et de température adéquates. Préserver dans un état parfait la bouteille, le bouchon et l’étiquette est déterminant pour la revente ;
  • Vérifier si le professionnel ou la société spécialisée détient les agréments nécessaires pour exercer son activité. Depuis mai 2017, les sociétés qui proposent d’investir dans le vin doivent posséder un numéro d’enregistrement délivré par l’AMF. Il est par ailleurs nécessaire d’évaluer le placement dans toutes ses composantes (type d’actif, diversité, frais à l’entrée et à la sortie, conditions de sortie, contreparties physiques en bouteilles…).

Quels en sont les risques ?

L’investissement dans le vin présente des risques liés à sa nature d’actif non côté et à son caractère périssable :

  • Risque de marché : bien que n’étant pas directement corrélé aux marchés financiers, le marché du vin suit des cycles de valorisation spécifiques et connaît des rotations d’intérêt liées au type de vin et au terroir ;
  • Risque de liquidité : Actif non coté, malgré l’existence de transactions en salles aux enchères, sur les sites spécialisés ou via des courtiers, rien ne garantit la liquidité des références possédées. Quant à la cession des parts de fonds ou de GFV, elle n’est pas garantie et dépend entièrement du gestionnaire ;
  • Risque de décote : lors de ventes aux enchères, une décote liée à l’incertitude de qualité de conservation, à l’état extérieur des bouteilles, au type de vin ou au millésime peut être appliquée ;
  • Risque de conservation : actif périssable, malgré de bonnes conditions de conservation, rien ne garantit la bonne tenue du vin sur la durée ;
  • Risques liés à la gestion et à l’intermédiaire : outre vérifier son enregistrement auprès de l’AMF, il s’agit de correctement évaluer le professionnalisme et la solidité de l’intermédiaire.

Quels en sont les avantages ?

Le placement vin présente différents attraits.

En effet, il s’agit d’un :

  • Actif plaisir qui, à défaut d’être revendu, peut être consommé; d’où l’importance de sélectionner des vins de qualité que l’on apprécie ;
  • Actif de diversification décorrélé des marchés actions et de taux, pouvant constituer environ 5 % de son patrimoine (voire 10 % pour un connaisseur) ;
  • Actif présentant une forte attractivité à l’international : en particulier, les grandes références et les domaines montants de Bourgogne et du Bordelais ;
  • Actif à la fiscalité attractive : en dessous de 5000 €, la plus-value sur la vente d’un lot de bouteilles de vins n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu. Au bout de 22 ans, la plus-value est exonérée d’impôts. Les parts de GFV sont exonérées de l’impôt sur la fortune immobilière à hauteur de 75 % jusqu’à 101 897 € et 50 % au-delà.

De façon générale, quelle stratégie d’investissement sera adoptée par un « connaisseur » du marché du vin ?

Outre la possibilité d’investir dans des parts de fonds ou des GFV, un « connaisseur » souhaitant intervenir en direct veillera à :

  • réserver une part centrale aux classiques des régions traditionnelles (grands bourgognes, stars ou domaines montants de Bordeaux et du Rhône). Les Bordeaux ont ainsi représenté 50 % des ventes aux enchères en 2017 ;
  • diversifier les régions viticoles en s’intéressant à des domaines de qualité, des vins rares, attirant les amateurs [vins du Jura, de la Loire, de l’Alsace, de Provence, d’Italie…] ;
  • retenir les bons millésimes de qualité et aptes à la garde ;
  • s’intéresser aux vins bio dynamiques, naturels ;
  • s’informer en permanence sur le marché du vin [côtes, enchères, tendances, acheteurs…].

De fait, une telle démarche requiert des connaissances et des compétences spécifiques faisant du vin un placement de connaisseur de long terme.