Perennials : ces personnes sans âge qui refleurissent

Pourquoi les perennials sont de plus en plus nombreux

Plusieurs évolutions favorisent cet effacement des frontières d’âge :

  • l’allongement de la vie et le maintien en forme plus tardif, qui repoussent l’âge où l’on se sent « vieux » ;
  • le recul de l’âge de la retraite, qui prolonge la vie active ;
  • la cohabitation prolongée entre parents et enfants, qui brouille les repères générationnels et fait circuler les goûts, en matière d’alimentation, de mode ou de culture ;
  • le numérique, qui met tout le monde sur les mêmes plateformes et les mêmes réseaux.

Le phénomène rejoint d’autres figures de cette jeunesse prolongée, comme les quinquados ou les jeuniors.

La recherche en psychologie souligne d’ailleurs le poids de l’état d’esprit. Les travaux de la chercheuse Becca Levy, à l’université Yale, ont montré que les personnes ayant une image positive de leur propre vieillissement vivaient en moyenne plus longtemps que celles qui en avaient une image négative.

Une élite privilégiée ?

Le portrait des perennials décrit des personnes plutôt à l’aise financièrement, en bonne santé et bien insérées. Il concerne donc d’abord ceux qui ont les moyens de leur curiosité, et ne doit pas faire oublier que l’âge reste, pour beaucoup, un facteur de discrimination, notamment dans l’emploi. L’idée n’en garde pas moins sa force : refuser que la date de naissance dicte la manière de vivre.

Cette discrimination fondée sur l’âge porte un nom : l’âgisme. Le terme a été forgé à la fin des années 1960 par le gérontologue américain Robert Butler. En revendiquant une identité indépendante de l’âge, les perennials participent, à leur manière, à la lutte contre ces stéréotypes, qui visent aussi bien les seniors que les plus jeunes.

Ce que change l’émergence des perennials

  • pour la société : au sein de cette communauté intergénérationnelle, les préjugés liés à l’âge, au sexe ou au milieu social ont moins de prise. Les schémas générationnels cèdent la place à des passions, des valeurs et des expériences partagées ;
  • pour les parcours de vie : on s’engage, on fait des pauses, on prend de nouveaux départs à tout âge, loin d’un parcours linéaire ;
  • pour les marques : le marketing délaisse les tranches d’âge au profit des goûts, des centres d’intérêt et des comportements, que le numérique permet de cibler finement.

Loin du jeunisme, cette pression sociale à paraître toujours plus jeune, les perennials utilisent leurs talents et leur expérience pour s’épanouir, quel que soit leur âge.

Questions fréquentes

Que veut dire perennial ?

En anglais, le mot désigne une plante vivace. Appliqué aux personnes, il qualifie ceux qui se définissent par leur état d’esprit plutôt que par leur âge.

Qui a inventé le terme perennials ?

L’entrepreneuse américaine Gina Pell, en 2016, dans un article intitulé « Meet the Perennials ».

Les perennials sont-ils une génération ?

Non. Contrairement aux baby-boomers ou aux millennials, ils ne sont pas définis par une période de naissance, mais par des valeurs et des comportements partagés à tout âge.

Quelle différence avec le jeunisme ?

Le jeunisme valorise la jeunesse et pousse à paraître plus jeune que son âge. Les perennials, eux, revendiquent leur âge, quel qu’il soit, sans en faire une limite.

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