Les morales des fables de La Fontaine sont passées dans la langue de tous les jours : « La raison du plus fort est toujours la meilleure », « Rien ne sert de courir »… Voici les morales des fables de La Fontaine classées de A à Z, avec le livre et le numéro de chaque fable, et une courte explication quand la morale n’est pas écrite. Pour aller plus vite, la liste suit l’ordre alphabétique du premier mot important du titre : cherchez « Corbeau » pour Le Corbeau et le Renard. Cette page rassemble ainsi toutes les morales des fables de La Fontaine en un seul endroit.
Pour les trente fables les plus connues, expliquées une à une en français d’aujourd’hui, lisez aussi notre sélection des fables de La Fontaine les plus célèbres.
Les Fables en quelques repères
Jean de La Fontaine a publié ses Fables en trois recueils : les livres I à VI en 1668, les livres VII à XI en 1678 et 1679, et le livre XII en 1694. En tout, quelque 240 fables, réparties en douze livres. Il puise ses sujets chez le Grec Ésope, le Latin Phèdre et, à partir du second recueil, chez l’Indien Bidpaï, comme le rappelle l’encyclopédie Larousse.
Dès la dédicace du premier livre au Dauphin, le fils de Louis XIV, La Fontaine annonce son projet : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. » Ses fables servent de support d’enseignement dès le XVIIIe siècle, et la Troisième République en fait un classique de l’école primaire.
La morale n’est pas toujours à la fin : elle ouvre parfois la fable, se glisse dans la bouche d’un personnage ou reste sous-entendue. Mais La Fontaine invite à lire le récit en entier, car, écrit-il dans Le Pâtre et le Lion, « Une morale nue apporte de l’ennui ; / Le conte fait passer le précepte avec lui ».
| Comment lire les références |
| (I, 2) : livre I, fable 2. Les numéros peuvent varier d’une unité selon les éditions, quand deux fables jumelles comme Le Héron et La Fille sont comptées séparément. |
| […] : vers coupés dans la citation. |
| Les vers sont en italique, les explications en caractères droits. |
Les morales des fables de La Fontaine de A à C
| Fable | Morale |
|---|---|
| L’Aigle et la Pie (XII, 11) | Quoiqu’ainsi que la pie il faille dans ces lieux / Porter habit de deux paroisses |
| L’Aigle et le Hibou (V, 18) | […] N’en accuse que toi / Ou plutôt la commune loi / Qui veut qu’on trouve son semblable / Beau, bien fait, et sur tous aimable. |
| L’Aigle et l’Escarbot (II, 8) | Pas de morale explicite. La Fontaine montre qu’un petit ennemi peut venger une offense faite par un grand : la leçon rejoint celle du Lion et le Moucheron, « entre nos ennemis / Les plus à craindre sont souvent les plus petits ». |
| L’Aigle, la Laie, et la Chatte (III, 6) | Des malheurs qui sont sortis / De la boîte de Pandore, / Celui qu’à meilleur droit tout l’Univers abhorre, / C’est la fourbe, à mon avis. |
| L’Alouette et ses Petits avec le Maître d’un champ (IV, 22) | Ne t’attends qu’à toi seul, c’est un commun Proverbe. |
| L’Amour et la Folie (XII, 14) | Tout est mystère dans l’Amour, / Ses Flèches, son Carquois, son Flambeau, son Enfance. / Ce n’est pas l’ouvrage d’un jour / Que d’épuiser cette science. |
| L’Âne chargé d’éponges et l’Âne chargé de sel (II, 10) | C’est assez qu’on ait vu par là qu’il ne faut point / Agir chacun de même sorte. / J’en voulais venir à ce point. |
| L’Âne et le Chien (VIII, 17) | Il se faut entr’aider, c’est la loi de nature […] Je conclus qu’il faut qu’on s’entr’aide |
| L’Âne et le petit Chien (IV, 5) | Ne forçons point notre talent ; / Nous ne ferions rien avec grâce : / Jamais un lourdaud, quoi qu’il fasse, / Ne saurait passer pour galant. |
| L’Âne et ses Maîtres (VI, 11) | […] tous gens sont ainsi faits : / Notre condition jamais ne nous contente : / La pire est toujours la présente. / Nous fatiguons le Ciel à force de placets. / Qu’à chacun Jupiter accorde sa requête, / Nous lui romprons encore la tête. |
| L’Âne portant des reliques (V, 14) | D’un Magistrat ignorant / C’est la robe qu’on salue. |
| L’Âne vêtu de la peau du Lion (V, 21) | Force gens font du bruit en France […] Un équipage cavalier / Fait les trois quarts de leur vaillance. Un « équipage cavalier » : l’allure d’un homme d’épée, qui fait illusion. |
| Un Animal dans la lune (VII, 18) | […] la Philosophie / Dit vrai, quand elle dit que les gens tromperont / Tant que sur leur rapport les hommes jugeront. […] |
| Les Animaux malades de la peste (VII, 1) | Plus d’amour, partant plus de joie. […] Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir. |
| L’Araignée et l’Hirondelle (X, 6) | Jupin pour chaque état mit deux tables au monde : / L’adroit, le vigilant, et le fort sont assis / À la première ; et les petits / Mangent leur reste à la seconde. |
| L’Astrologue qui se laisse tomber dans un puits (II, 13) | Charlatans, faiseurs d’horoscope, / Quittez les cours des princes de l’Europe. Satire de l’astrologie : l’astrologue qui lit l’avenir dans le ciel ne voit pas le puits à ses pieds. |
| L’Avantage de la science (VIII, 19) | Laissez dire les sots : le savoir a son prix. |
| L’Avare qui a perdu son trésor (IV, 20) | L’usage seulement fait la possession. / Je demande à ces gens de qui la passion / Est d’entasser toujours, mettre somme sur somme, / Quel avantage ils ont que n’ait pas un autre homme. |
| Le Berger et son Troupeau (IX, 19) | Haranguez de méchants soldats : / Ils promettront de faire rage ; / Mais, au moindre danger, adieu tout leur courage ; / Votre exemple et vos cris ne les retiendront pas. |
| La Besace (I, 7) | On se voit d’un autre œil qu’on ne voit son prochain. |
| Le Bûcheron et Mercure (V, 1) | Ne point mentir, être content du sien, / C’est le plus sûr : cependant on s’occupe / À dire faux pour attraper du bien ; / Que sert cela ? Jupiter n’est pas dupe. |
| Le Cerf et la Vigne (V, 15) | Pas de morale en vers : le cerf, caché sous une vigne, en mange les feuilles et se trahit. La fable punit l’ingratitude envers celui qui vous protège. |
| Le Cerf malade (XII, 6) | Il en coûte à qui vous réclame, / Médecins du corps et de l’âme ! / Ô temps ! ô mœurs ! j’ai beau crier, / Tout le monde se fait payer. |
| Le Cerf se voyant dans l’eau (VI, 9) | Nous faisons cas du Beau, nous méprisons l’Utile ; / Et le Beau souvent nous détruit. |
| Le Chameau et les Bâtons flottants (IV, 10) | J’en sais beaucoup de par le monde / À qui ceci conviendrait bien : / De loin c’est quelque chose, et de près ce n’est rien. |
| Le Charlatan (VI, 19) | C’est folie / De compter sur dix ans de vie. / Soyons bien buvants, bien mangeants : / Nous devons à la mort de trois l’un en dix ans. |
| Le Chartier embourbé (VI, 18) | Aide-toi, le Ciel t’aidera. |
| Le Chat et le Rat (VIII, 22) | S’assure-t-on sur l’alliance / Qu’a faite la nécessité ? |
| Le Chat et le Renard (IX, 14) | La dispute est d’un grand secours ; / Sans elle on dormirait toujours. […] Le trop d’expédients peut gâter une affaire ; / On perd du temps au choix, on tente, on veut tout faire. / N’en ayons qu’un, mais qu’il soit bon. |
| Le Chat et les deux Moineaux (XII, 2) | La fable est dédiée au duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV : La Fontaine lui laisse le soin d’en tirer la morale. |
| Le Chat et un Vieux Rat (III, 18) | Il était expérimenté, / Et savait que la méfiance / Est mère de la sûreté. |
| Le Chat, la Belette, et le Petit Lapin (VII, 16) | Grippeminaud, le bon apôtre, / Jetant des deux côtés la griffe en même temps, / Mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre. Pas de morale explicite : satire des puissants qui, appelés à arbitrer, s’enrichissent aux dépens des deux parties. |
| La Chatte métamorphosée en Femme (II, 18) | Qu’on lui ferme la porte au nez, / Il reviendra par les fenêtres. Le naturel ne se change pas : c’est la version de La Fontaine du proverbe « Chassez le naturel, il revient au galop ». |
| La Chauve-Souris et les deux Belettes (II, 5) | Plusieurs se sont trouvés qui d’écharpe changeants / Aux dangers, ainsi qu’elle, ont souvent fait la figue. / Le Sage dit, selon les gens : / Vive le Roi, vive la Ligue ! |
| La Chauve-Souris, le Buisson, et le Canard (XII, 7) | Je connais maint detteur […] simple grand seigneur, qui tous les jours se sauve / Par un escalier dérobé. Pas de morale explicite, mais un regard amusé sur les endettés qui fuient leurs créanciers. |
| Le Chêne et le Roseau (I, 22) | Tout vous est aquilon, tout me semble zéphir. […] Je plie, et ne romps pas. Le roseau, souple, résiste à la tempête qui déracine le chêne : la souplesse vaut mieux que l’orgueil de la force. |
| Le Cheval et l’Âne (VI, 16) | En ce monde il se faut l’un l’autre secourir : / Si ton voisin vient à mourir, / C’est sur toi que le fardeau tombe. |
| Le Cheval et le Loup (V, 8) | Chacun à son métier doit toujours s’attacher. |
| Le Cheval s’étant voulu venger du Cerf (IV, 13) | Quel que soit le plaisir que cause la vengeance, / C’est l’acheter trop cher, que l’acheter d’un bien / Sans qui les autres ne sont rien. |
| Le Chien à qui on a coupé les oreilles (X, 8) | Le moins qu’on peut laisser de prise / Aux dents d’autrui, c’est le mieux. |
| Le Chien qui lâche sa proie pour l’ombre (VI, 17) | Chacun se trompe ici-bas : / On voit courir après l’ombre / Tant de fous, qu’on n’en sait pas / La plupart du temps le nombre. |
| Le Chien qui porte à son cou le dîné de son maître (VIII, 7) | Nous n’avons pas les yeux à l’épreuve des belles, / Ni les mains à celle de l’or : / Peu de gens gardent un trésor / Avec des soins assez fidèles. […] Si quelque scrupuleux, par des raisons frivoles, / Veut défendre l’argent, et dit le moindre mot, / On lui fait voir qu’il est un sot. / Il n’a pas de peine à se rendre : / C’est bientôt le premier à prendre. |
| Le Cierge (IX, 12) | Tout en tout est divers : ôtez-vous de l’esprit / Qu’aucun être ait été composé sur le vôtre. |
| La Cigale et la Fourmi (I, 1) | La Fourmi n’est pas prêteuse : / C’est là son moindre défaut. […] Vous chantiez ? j’en suis fort aise. / Eh bien ! dansez maintenant. |
| Le Coche et la Mouche (VII, 9) | Ainsi certaines gens, faisant les empressés, / S’introduisent dans les affaires : / Ils font partout les nécessaires, / Et, partout importuns, devraient être chassés. |
| Le Cochet, le Chat, et le Souriceau (VI, 5) | Garde-toi, tant que tu vivras, / De juger des gens sur la mine. |
| Le Cochon, la Chèvre, et le Mouton (VIII, 12) | […] Quand le mal est certain, / La plainte ni la peur ne changent le destin ; / Et le moins prévoyant est toujours le plus sage. |
| La Colombe et la Fourmi | Fable double avec Le Lion et le Rat (II, 11), qui la précède : « De cette vérité deux fables feront foi ». La colombe sauve la fourmi, qui la sauve à son tour : un bienfait est souvent rendu. |
| Le Combat des Rats et des Belettes (IV, 6) | Une tête empanachée / N’est pas petit embarras. / Le trop superbe équipage / Peut souvent en un passage / Causer du retardement. / Les petits en toute affaire / Esquivent fort aisément ; / Les grands ne le peuvent faire |
| Les Compagnons d’Ulysse (XII, 1) | Pas de morale écrite : changés en bêtes par Circé, les compagnons d’Ulysse refusent de redevenir hommes et préfèrent rester esclaves de leurs passions. |
| Le Conseil tenu par les Rats (II, 2) | Ne faut-il que délibérer, / La cour en conseillers foisonne ; / Est-il besoin d’exécuter, / L’on ne rencontre plus personne. |
| Contre ceux qui ont le goût difficile (II, 1) | Les délicats sont malheureux : / Rien ne saurait les satisfaire. |
| Le Corbeau et le Renard (I, 2) | Apprenez que tout flatteur / Vit aux dépens de celui qui l’écoute. / Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. |
| Le Coq et le Renard (II, 15) | Car c’est double plaisir de tromper le trompeur. |
| Le Corbeau, la Gazelle, la Tortue et le Rat (XII, 15) | À qui donner le prix ? Au cœur, si l’on m’en croit. Fable adressée à Mme de La Sablière, amie et protectrice de La Fontaine : un éloge de l’amitié. |
| Le Corbeau voulant imiter l’Aigle (II, 16) | Il faut se mesurer ; la conséquence est nette : / Mal prend aux volereaux de faire les voleurs. / L’exemple est un dangereux leurre : / Tous les mangeurs de gens ne sont pas grands seigneurs ; / Où la guêpe a passé, le moucheron demeure. Les lois sont comme des toiles d’araignée : elles arrêtent les moucherons et laissent passer les guêpes. |
| La Cour du Lion (VII, 7) | Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire, / Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère ; / Et tâchez quelquefois de répondre en Normand. |
| Le Curé et le Mort (VII, 11) | Proprement toute notre vie / Est le curé Chouart, qui sur son mort comptait, / Et la fable du Pot au lait. Nous passons notre vie à faire des projets, comme Perrette dans La Laitière et le Pot au lait. |
| Le Cygne et le Cuisinier (III, 12) | Ainsi, dans les dangers qui nous suivent en croupe, / Le doux parler ne nuit de rien. « Ne nuit de rien » : ne nuit en rien. |
Les morales des fables de La Fontaine de D à J
| Fable | Morale |
|---|---|
| Daphnis et Alcimadure (XII, 24) | Fable dédiée à Mme de La Mésangère, fille de Mme de La Sablière : une jeune femme trop cruelle envers celui qui l’aime en est punie. La Fontaine y plaide pour l’amour. |
| Démocrite et les Abdéritains (VIII, 26) | Que j’ai toujours haï les pensers du vulgaire ! […] Le peuple est juge récusable. La Fontaine prend le contre-pied du proverbe latin « Vox populi, vox Dei », la voix du peuple est la voix de Dieu. |
| Le Dépositaire infidèle (IX, 1) | Quand l’absurde est outré, l’on lui fait trop d’honneur / De vouloir par raison combattre son erreur : / Enchérir est plus court, sans s’échauffer la bile. |
| Les Deux Amis (VIII, 11) | Qu’un ami véritable est une douce chose ! / Il cherche vos besoins au fond de votre cœur ; / Il vous épargne la pudeur / De les lui découvrir vous-même. / Un songe, un rien, tout lui fait peur / Quand il s’agit de ce qu’il aime. |
| Les Deux Aventuriers et le Talisman (X, 13) | Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire. […] Fortune aveugle suit aveugle hardiesse. / Le sage quelquefois fait bien d’exécuter, / Avant que de donner le temps à la sagesse / D’envisager le fait, et sans la consulter. |
| Les Deux Chèvres (XII, 4) | Faute de reculer, leur chute fut commune ; / Toutes deux tombèrent dans l’eau. / Cet accident n’est pas nouveau / Dans le chemin de la Fortune |
| Les Deux Chiens et l’Âne mort (VIII, 25) | Les vertus devraient être sœurs, / Ainsi que les vices sont frères : / Dès que l’un de ceux-ci s’empare de nos cœurs, / Tous viennent à la file ; il ne s’en manque guères. […] Tout cela, c’est la mer à boire ; / Mais rien à l’homme ne suffit. |
| Les Deux Coqs (VII, 13) | La fortune se plaît à faire de ces coups ; / Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. / Défions-nous du sort, et prenons garde à nous, / Après le gain d’une bataille. |
| Les Deux Mulets (I, 4) | Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi Le mulet chargé d’argent est attaqué par les voleurs ; celui qui porte de l’avoine passe sans encombre. |
| Les Deux Perroquets, le Roi et son Fils (X, 11) | L’absence est aussi bien un remède à la haine / Qu’un appareil contre l’amour. |
| Les Deux Pigeons (IX, 2) | L’absence est le plus grand des maux. […] Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? / Que ce soit aux rives prochaines ; / Soyez-vous l’un à l’autre un monde toujours beau, / Toujours divers, toujours nouveau ; / Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste. […] Ai-je passé le temps d’aimer ? |
| Les Deux Taureaux et une Grenouille (II, 4) | Hélas ! On voit que de tout temps / Les petits ont pâti des sottises des grands. |
| Les Devineresses (VII, 15) | C’est souvent du hasard que naît l’opinion ; / Et c’est l’opinion qui fait toujours la vogue. |
| Les Dieux voulant instruire un fils de Jupiter (XI, 2) | […] De quoi ne vient à bout / L’esprit joint au désir de plaire ? |
| La Discorde (VI, 20) | L’auberge enfin de l’Hyménée / Lui fut pour maison assignée. |
| Discours à Madame de La Sablière (fin du livre IX) | Pas de morale : à travers des exemples d’animaux, dont Les Deux Rats, le Renard et l’Œuf, La Fontaine conteste la théorie des « animaux-machines » de Descartes. |
| Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues (I, 12) | Un envoyé de l’Empereur et un émissaire du Sultan comparent leurs armées : un dragon à plusieurs têtes se prend dans une haie, un dragon à une seule tête et plusieurs queues passe. Leçon : mieux vaut un seul chef que plusieurs. |
| L’Écolier, le Pédant et le Maître d’un jardin (IX, 5) | Je hais les pièces d’éloquence / Hors de leur place, et qui n’ont point de fin ; / Et ne sais bête au monde pire / Que l’écolier, si ce n’est le pédant. Au XVIIe siècle, le pédant est le maître d’école. |
| L’Écrevisse et sa Fille (XII, 10) | Les sages quelquefois, ainsi que l’Ecrevisse, / Marchent à reculons, tournent le dos au port. / C’est l’art des matelots : c’est aussi l’artifice / De ceux qui, pour couvrir quelque puissant effort, / Envisagent un point directement contraire. |
| L’Éducation (VIII, 24) | On ne suit pas toujours ses aïeux ni son père : / Le peu de soin, le temps, tout fait qu’on dégénère. / Faute de cultiver la nature et ses dons, / Ô combien de Césars deviendront Laridons ! |
| L’Éléphant et le Singe de Jupiter (XII, 21) | Le singe envoyé par Jupiter ne s’occupe pas de la querelle de l’éléphant : les petits et les grands sont égaux aux yeux des dieux. |
| L’Enfant et le Maître d’école (I, 19) | En toute affaire ils ne font que songer / Aux moyens d’exercer leur langue. À rapprocher de L’Écolier, le Pédant et le Maître d’un jardin : contre les beaux parleurs qui sermonnent au lieu d’aider. |
| L’Enfouisseur et son compère (X, 4) | Il n’est pas malaisé de tromper un trompeur |
| Le Faucon et le Chapon (VIII, 21) | Une traîtresse voix bien souvent vous appelle ; / Ne vous pressez donc nullement |
| La Femme noyée (III, 16) | Le mari cherche sa femme noyée en remontant le courant, car elle avait l’esprit de contradiction : on ne change pas un caractère. |
| Les Femmes et le Secret (VIII, 6) | Rien ne pèse tant qu’un secret ; / Le porter loin est difficile aux dames / Et je sais même sur ce fait / Bon nombre d’hommes qui sont femmes. |
| Le Fermier, le Chien, et le Renard (XI, 3) | Toi donc, qui que tu sois, ô père de famille / (Et je ne t’ai jamais envié cet honneur), / Couche-toi le dernier, et vois fermer ta porte. / Que si quelque affaire t’importe, / Ne la fais point par procureur. |
| La Fille (VII, 5) | Fable double avec Le Héron, même morale : à trop faire la difficile, on finit par se contenter de moins. |
| La Forêt et le Bûcheron (XII, 16) | Voilà le train du monde et de ses sectateurs : / On s’y sert du bienfait contre les bienfaiteurs. / Je suis las d’en parler ; mais que de doux ombrages / Soient exposés à ces outrages, / Qui ne se plaindrait là-dessus ! / Hélas ! j’ai beau crier et me rendre incommode, / L’ingratitude et les abus / N’en seront pas moins à la mode. |
| La Fortune et le Jeune Enfant (V, 11) | Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures ; / On pense en être quitte en accusant son sort. / Bref la Fortune a toujours tort. |
| Un Fou et un Sage (XII, 22) | Un fou jette des pierres à un sage, qui le dirige vers un homme riche… et puissant. Selon une note ancienne citée par Walckenaer, la fable visait un abbé qui censurait les évêques à la cour. |
| Le Fou qui vend la sagesse (IX, 8) | Jamais auprès des fous ne te mets à portée : / Je ne te puis donner un plus sage conseil / Il n’est enseignement pareil / À celui-là de fuir une tête éventée. |
| Les Frelons et les Mouches à miel (I, 21) | À l’œuvre on connaît l’artisan. |
| Le Geai paré des plumes du Paon (IV, 9) | Il est assez de geais à deux pieds comme lui, / Qui se parent souvent des dépouilles d’autrui. |
| La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion (I, 6) | Le lion garde toute la proie pour lui : c’est la loi du plus fort, d’où vient l’expression « la part du lion ». |
| Le Gland et la Citrouille (IX, 4) | Dieu fait bien ce qu’il fait. / Sans en chercher la preuve / En tout cet univers, et l’aller parcourant, / Dans les citrouilles je la trouve. |
| La Goutte et l’Araignée (III, 8) | Plutôt un conte qu’une fable : la goutte choisit le riche, l’araignée la cabane du pauvre, puis elles échangent leurs logis. |
| La Grenouille et le Rat (IV, 11) | La ruse la mieux ourdie / Peut nuire à son inventeur ; / Et souvent la perfidie / Retourne sur son auteur. |
| La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Bœuf (I, 3) | Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : / Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, / Tout petit prince a des ambassadeurs, / Tout marquis veut avoir des pages. |
| Les Grenouilles qui demandent un Roi (III, 4) | De celui-ci contentez-vous / De peur d’en rencontrer un pire |
| Le Héron (VII, 4) | Ne soyons pas si difficiles : / Les plus accommodants, ce sont les plus habiles : / On hasarde de perdre en voulant trop gagner. / Gardez-vous de rien dédaigner, / Surtout quand vous avez à peu près votre compte. |
| L’Hirondelle et les Petits Oiseaux (I, 8) | Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres / Et ne croyons le mal que quand il est venu. |
| L’Homme entre deux âges, et ses deux Maîtresses (I, 17) | Plutôt un conte : ses deux maîtresses, l’une jeune, l’autre âgée, lui arrachent chacune les cheveux qui ne leur plaisent pas, et il finit chauve. La Fontaine en tire une leçon de prudence en amour. |
| L’Homme et la Couleuvre (X, 1) | On en use ainsi chez les grands : / La raison les offense ; ils se mettent en tête / Que tout est né pour eux, quadrupèdes et gens, / Et serpents. / Si quelqu’un desserre les dents, / C’est un sot. J’en conviens : mais que faut-il donc faire ? / Parler de loin, ou bien se taire. Le symbole des ingrats, dit la couleuvre, ce n’est point le serpent, c’est l’homme. |
| L’Homme et la Puce (VIII, 5) | Par des vœux importuns nous fatiguons les dieux, / Souvent pour des sujets même indignes des hommes. |
| L’Homme et l’ldole de bois (IV, 8) | Tu n’es qu’un être sans esprit / […] On n’en peut rien tirer qu’avecque le bâton. / Plus je te remplissais, plus mes mains étaient vides : / J’ai bien fait de changer de ton. |
| L’Homme et son Image (I, 11) | Notre âme, c’est cet Homme amoureux de lui-même ; / Tant de miroirs, ce sont les sottises d’autrui, / Miroirs, de nos défauts les peintres légitimes ; / Et quant au canal, c’est celui / Que chacun sait, le livre des Maximes. Hommage aux Maximes de La Rochefoucauld. |
| L’Homme qui court après la fortune, et l’Homme qui l’attend dans son lit (VII, 12) | Pas de morale en vers : la fable oppose l’agitation de celui qui court après la fortune aux joies simples d’une vie tranquille. L’homme qui l’attend dans son lit la voit arriver chez lui. |
| L’Horoscope (VIII, 16) | On rencontre sa destinée / Souvent par des chemins qu’on prend pour l’éviter |
| L’Huître et les Plaideurs (IX, 9) | Mettez ce qu’il en coûte à plaider aujourd’hui ; / Comptez ce qu’il en reste à beaucoup de familles ; / Vous verrez que Perrin tire l’argent à lui, / Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles. |
| L’Ingratitude et l’Injustice des hommes envers la Fortune (VII, 14) | Le bien nous le faisons, le mal c’est la Fortune, / On a toujours raison, le destin toujours tort. |
| L’Ivrogne et sa Femme (III, 7) | Chacun a son défaut où toujours il revient : / Honte ni peur n’y remédie. |
| Le Jardinier et son Seigneur (IV, 4) | Petits princes, videz vos débats entre vous. / De recourir aux Rois vous seriez de grands fous. / Il ne les faut jamais engager dans vos guerres, / Ni les faire entrer sur vos terres. |
| La Jeune Veuve (VI, 21) | Dernière fable du premier recueil : un conte souriant où le deuil éternel promis au mari défunt s’efface avec le temps et le goût de vivre. |
| Le Juge arbitre, l’Hospitalier, et le Solitaire (XII, 25) | Cette leçon sera la fin de ces ouvrages : / Puisse-t-elle être utile aux siècles à venir ! / Je la présente aux rois, je la propose aux sages : / Par où saurais-je mieux finir ? Dernière fable du dernier recueil. Le solitaire montre à ses deux visiteurs qu’il faut d’abord se connaître soi-même, selon le précepte « Connais-toi toi-même ». |
| Jupiter et le Métayer (VI, 4) | Concluons que la Providence / Sait ce qu’il nous faut, mieux que nous. |
| Jupiter et le Passager (IX, 13) | Ô combien le péril enrichirait les Dieux, / Si nous nous souvenions des vœux qu’il nous fait faire ! / Mais le péril passé, l’on ne se souvient guère / De ce qu’on a promis aux Cieux ; |
| Jupiter et les Tonnerres (VIII, 20) | Ô vous, rois, qu’il voulut faire / Arbitres de notre sort, / Laissez entre la colère / Et l’orage qui la suit / L’intervalle d’une nuit. « Il » : Jupiter. |
Les fables qui commencent par L : le Lion, le Loup, le Lièvre
| Fable | Morale |
|---|---|
| Le Laboureur et ses Enfants (V, 9) | Travaillez, prenez de la peine : / C’est le fonds qui manque le moins. […] Mais le père fut sage / De leur montrer avant sa mort / Que le travail est un trésor. |
| La Laitière et le Pot au lait (VII, 10) | Quel esprit ne bat la campagne ? / Qui ne fait châteaux en Espagne ? Perrette rêve à ce que lui rapportera son lait, renverse son pot, et voilà « adieu veau, vache, cochon, couvée ». |
| Les Lapins (X, 14) | Le moins de gens qu’on peut à l’entour du gâteau, / C’est le droit du jeu, c’est l’affaire. Fable aussi appelée Discours à M. le duc de La Rochefoucauld. « Le droit du jeu » : la règle du jeu. |
| La Lice et sa Compagne (II, 7) | Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette. / Pour tirer d’eux ce qu’on leur prête, / Il faut que l’on en vienne aux coups ; / Il faut plaider, il faut combattre. / Laissez-leur prendre un pied chez vous, / Ils en auront bientôt pris quatre. |
| Le Lièvre et la Perdrix (V, 17) | Il ne se faut jamais moquer des misérables : / Car qui peut s’assurer d’être toujours heureux ? |
| Le Lièvre et la Tortue (VI, 10) | Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. |
| Le Lièvre et les Grenouilles (II, 14) | Il n’est, je le vois bien, si poltron sur la terre, / Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi. |
| Le Lion (XI, 1) | Proposez-vous d’avoir le lion pour ami, / Si vous voulez le laisser croître. |
| Le Lion abattu par l’Homme (III, 10) | Avec plus de raison nous aurions le dessus, / Si mes confrères savaient peindre. Le lion répond au tableau qui montre un lion terrassé par un homme : chacun se représente à son avantage. |
| Le Lion amoureux (IV, 1) | Amour, Amour, quand tu nous tiens, / On peut bien dire : Adieu prudence. |
| Le Lion devenu vieux (III, 14) | Ah ! c’est trop, lui dit-il ; je voulais bien mourir ; / Mais c’est mourir deux fois que souffrir tes atteintes. L’expression « le coup de pied de l’âne », l’attaque lâche contre un puissant tombé, vient de cette fable. |
| Le Lion et l’Âne chassant (II, 19) | L’âne, qui a fait fuir le gibier en braillant, se vante de sa vaillance : on peut tromper par vantardise ceux qui ne vous connaissent pas, mais on fait rire les autres. |
| Le Pâtre et le Lion ; Le Lion et le Chasseur (VI, 1 et 2) | La vraie épreuve de courage / N’est que dans le danger que l’on touche du doigt : / Tel le cherchait, dit-il, qui, changeant de langage, / S’enfuit aussitôt qu’il le voit. Fables doubles, à la morale commune. Le Pâtre et le Lion s’ouvre sur : « Une morale nue apporte de l’ennui ; / Le conte fait passer le précepte avec lui ». |
| Le Lion et le Moucheron (II, 9) | Quelle chose par là nous peut être enseignée ? / J’en vois deux, dont l’une est qu’entre nos ennemis / Les plus à craindre sont souvent les plus petits ; / L’autre, qu’aux grands périls tel a pu se soustraire, / Qui périt pour la moindre affaire. |
| Le Lion et le Rat (II, 11) | Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde : / On a souvent besoin d’un plus petit que soi. / De cette vérité deux fables feront foi. […] Patience et longueur de temps / Font plus que force ni que rage. |
| Le Lion, le Loup, et le Renard (VIII, 3) | Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire : / Faites, si vous pouvez, votre cour sans vous nuire. / Le mal se rend chez vous au quadruple du bien. / Les daubeurs ont leur tour, d’une ou d’autre manière : / Vous êtes dans une carrière / Où l’on ne se pardonne rien. |
| Le Lion, le Singe, et les deux Anes (XI, 5) | Toute profession s’estime dans son cœur, / Traite les autres d’ignorantes, / Les qualifie impertinentes. […] L’amour-propre, au rebours, fait qu’au degré suprême / On porte ses pareils ; car c’est un bon moyen / De s’élever aussi soi-même. |
| Le Lion malade et le Renard (VI, 14) | Le renard refuse d’entrer chez le lion malade : il voit bien les traces des animaux qui entrent, mais aucune de ceux qui sortent. Le prudent se fie à ce qu’il observe. |
| Le Lion s’en allant en guerre (V, 19) | Le monarque prudent et sage / De ses moindres sujets sait tirer quelque usage / Et connaît les divers talents. / Il n’est rien d’inutile aux personnes de sens |
| La Lionne et l’Ourse (X, 12) | Quiconque en pareil cas se croit haï des Cieux, / Qu’il considère Hécube, il rendra grâce aux Dieux. Hécube, épouse de Priam, perdit son mari, ses enfants et sa patrie. Celui qui souffre du mal qu’il a fait aux autres n’a pas à se plaindre. |
| Le Loup devenu Berger (III, 3) | Quiconque est Loup agisse en Loup ; / C’est le plus certain de beaucoup. |
| Le Loup et la Cigogne (III, 9) | Morale implicite : la cigogne retire un os de la gorge du loup, qui lui répond qu’elle peut s’estimer heureuse d’avoir gardé sa tête. N’attendez pas de reconnaissance des méchants. |
| Le Loup et l’Agneau (I, 10) | La raison du plus fort est toujours la meilleure : / Nous l’allons montrer tout à l’heure. |
| Le Loup et le Chasseur (VIII, 27) | Fureur d’accumuler, monstre de qui les yeux / Regardent comme un point tous les bienfaits des Dieux, / Te combattrai-je en vain sans cesse en cet ouvrage ? […] Je reviens à mon texte. Il faut que l’on jouisse. […] La convoitise perdit l’un ; / L’autre périt par l’avarice. |
| Le Loup et le Chien (I, 5) | Vous ne courez donc pas / Où vous voulez ? […] Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor. Le chien est gras mais porte un collier ; le loup est maigre mais libre. Il choisit la liberté. |
| Le Loup et le Chien maigre (IX, 10) | Lâcher ce qu’on a dans la main, / Sous espoir de grosse aventure, / Est imprudence toute pure. Le chien maigre promet au loup un meilleur repas quand il aura grossi, et ne se laisse plus reprendre. |
| Le Loup et le Renard (XI, 6) | Ne nous en moquons point : nous nous laissons séduire / Sur aussi peu de fondement ; / Et chacun croit fort aisément / Ce qu’il craint et ce qu’il désire. Le loup prend le reflet de la lune dans un puits pour un fromage. |
| Le Loup et le Renard (XII, 9) | D’où vient que personne en la vie / N’est satisfait de son état ? […] Que sert-il qu’on se contrefasse ? / Prétendre ainsi changer est une illusion : / L’on reprend sa première trace / À la première occasion. Le renard veut devenir loup, et retourne à sa nature au premier coq qui passe. |
| Le Loup et les Bergers (X, 5) | Bergers, bergers, le loup n’a tort / Que quand il n’est pas le plus fort : / Voulez-vous qu’il vive en ermite ? Le loup, pris de remords, songe à renoncer à la chair, puis voit des bergers manger un agneau à la broche et se ravise : pourquoi serait-il le seul à se priver ? |
| Le Loup, la Chèvre et le Chevreau (IV, 15) | Deux sûretés valent mieux qu’une ; / Et le trop en cela ne fut jamais perdu. |
| Le Loup, la Mère et l’Enfant (IV, 16) | Biaux chires leups, n’écoutez mie / Mère tenchent chen fieux qui crie. En vieux picard : « Beaux sires loups, n’écoutez point mère tançant son fils qui crie ». |
| Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe (II, 3) | Le juge prétendait qu’à tort et à travers / On ne saurait manquer condamnant un pervers. |
| Les Loups et les Brebis (III, 13) | Nous pouvons conclure de là / Qu’il faut faire aux méchants guerre continuelle. / La paix est fort bonne de soi : / J’en conviens ; mais de quoi sert-elle / Avec des ennemis sans foi ? |
Les morales des fables de La Fontaine de M à Q
| Fable | Morale |
|---|---|
| Le Mal marié (VII, 2) | Que le bon soit toujours camarade du beau, / Dès demain je chercherai femme ; / Mais comme le divorce entre eux n’est pas nouveau, / Et que peu de beaux corps hôtes d’une belle âme / Assemblent l’un et l’autre point, / Ne trouvez pas mauvais que je ne cherche point. |
| Le Marchand, le Gentilhomme, le Pâtre, et le Fils du roi (X, 15) | Il ne faut pas tant d’art pour conserver ses jours ; / Et, grâce aux dons de la nature, / La main est le plus sûr et le plus prompt secours. |
| Le Mari, la Femme, et le Voleur (IX, 15) | […] la plus forte passion / C’est la peur : elle fait vaincre l’aversion. |
| Les Médecins (V, 12) | L’un disait : « Il est mort ; je l’avais bien prévu. » / « S’il m’eût cru, disait l’autre, il serait plein de vie. » Satire des médecins entêtés dans leurs théories, à une époque où Molière les raille aussi. |
| Les Membres et l’Estomac (III, 2) | Reprise de l’apologue antique de Ménénius Agrippa : les membres refusent de nourrir l’estomac et dépérissent. La Fontaine compare l’estomac à la royauté, qui fait vivre tout le corps social. |
| Le Meunier, son Fils, et l’Âne (III, 1) | Parbieu ! dit le meunier, est bien fou du cerveau / Qui prétend contenter tout le monde et son père. […] Quant à vous, suivez Mars, ou l’Amour, ou le Prince ; / Allez, venez, courez ; demeurez en province ; / Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement : / Les gens en parleront, n’en doutez nullement. |
| Le Milan et le Rossignol (IX, 18) | Ventre affamé n’a point d’oreilles |
| Le Milan, le Roi, et le Chasseur (XII, 12) | Comme les Dieux sont bons, ils veulent que les rois / Le soient aussi : c’est l’indulgence / Qui fait le plus beau de leurs droits, / Non les douceurs de la vengeance. […] L’on a vu de tout temps / Plus de sots fauconniers que de rois indulgents. |
| La Montagne qui accouche (V, 10) | C’est promettre beaucoup : mais qu’en sort-il souvent ? / Du vent. La montagne en travail « accoucha d’une souris » : l’expression vient de là. |
| La Mort et le Malheureux (I, 15) | Ne viens jamais, ô Mort ; on t’en dit tout autant. La fable reprend un mot prêté à Mécène : mieux vaut vivre infirme que mourir. |
| La Mort et le Bûcheron (I, 16) | Le trépas vient tout guérir ; / Mais ne bougeons d’où nous sommes : / Plutôt souffrir que mourir, / C’est la devise des hommes. |
| La Mort et le Mourant (VIII, 1) | La Mort ne surprend point le sage : / Il est toujours prêt à partir, / S’étant su lui-même avertir / Du temps où l’on se doit résoudre à ce passage. […] Défendez-vous par la grandeur, / Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse : / La Mort ravit tout sans pudeur. |
| La Mouche et la Fourmi (IV, 3) | Ni mon grenier, ni mon armoire / Ne se remplit à babiller |
| Le Mulet se vantant de sa généalogie (VI, 7) | Quand le malheur ne serait bon / Qu’à mettre un sot à la raison, / Toujours serait-ce à juste cause / Qu’on le dit bon à quelque chose. |
| Les Obsèques de la Lionne (VIII, 14) | Amusez les rois par des songes, / Flattez-les, payez-les d’agréables mensonges : / Quelque indignation dont leur cœur soit rempli, / Ils goberont l’appât ; vous serez leur ami. |
| L’Œil du maître (IV, 21) | Il n’est, pour voir, que l’œil du maître. |
| L’Oiseau blessé d’une flèche (II, 6) | Des enfants de Japet toujours une moitié / Fournira des armes à l’autre |
| L’Oiseleur, l’Autour, et l’Alouette (VI, 15) | Les injustices des pervers / Servent souvent d’excuse aux nôtres. / Telle est la loi de l’univers ; / Si tu veux qu’on t’épargne, épargne aussi les autres |
| L’Oracle et l’Impie (IV, 19) | Vouloir tromper le Ciel, c’est folie à la Terre ; / Le dédale des cœurs en ses détours n’enserre / Rien qui ne soit d’abord éclairé par les dieux. / Tout ce que l’homme fait, il le fait à leurs yeux, / Même les actions que dans l’ombre il croit faire. |
| Les Oreilles du lièvre (V, 4) | Le lièvre, craignant qu’on prenne ses oreilles pour des cornes, quitte le pays. La morale reste implicite : quand règne la raison du plus fort, mieux vaut s’éloigner à temps. |
| L’Ours et l’Amateur des jardins (VIII, 10) | Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; / Mieux vaudrait un sage ennemi. |
| L’Ours et les deux Compagnons (V, 20) | Il m’a dit qu’il ne faut jamais / Vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait mis par terre. |
| Le Paon se plaignant à Junon (II, 17) | Cesse donc de te plaindre, ou bien, pour te punir, / Je t’ôterai ton plumage. Junon répond au paon qui se plaint de sa voix : chacun a ses dons, et rien n’est parfait. |
| Parole de Socrate (IV, 17) | Chacun se dit ami ; mais fol qui s’y repose. / Rien n’est plus commun que ce nom ; / Rien n’est plus rare que la chose. |
| Le Paysan du Danube (XI, 7) | Le paysan du Danube, venu à Rome, impressionne le Sénat par son discours : il ne faut point juger des gens sur l’apparence, rappelle La Fontaine au début de la fable. |
| La Perdrix et les Coqs (X, 7) | C’est de l’homme qu’il faut se plaindre seulement. |
| Le Petit Poisson et le Pêcheur (V, 3) | Petit poisson deviendra grand, / Pourvu que Dieu lui prête vie ; / Mais le lâcher en attendant, / Je tiens pour moi que c’est folie. […] Un Tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux Tu l’auras : / L’un est sûr, l’autre ne l’est pas. « Un tiens » : impératif du verbe tenir, d’où le proverbe. |
| Phébus et Borée (VI, 3) | Plus fait douceur que violence |
| Philomèle et Progné (III, 15) | Et c’est le souvenir d’un si cruel outrage / Qui fait, reprit sa sœur, que je ne vous suis pas : / En voyant les hommes, hélas ! / Il m’en souvient bien davantage. Le rossignol Philomèle refuse de quitter les bois : le thème de la retraite loin des hommes apparaît dès le livre III. |
| Le Philosophe scythe (XII, 20) | Ils ôtent à nos cœurs le principal ressort ; / Ils font cesser de vivre avant que l’on soit mort. La Fontaine s’oppose aux stoïciens, qui veulent retrancher les passions et les désirs. |
| Les Poissons et le Berger qui joue de la flûte (X, 10) | Ô vous, pasteurs d’humains et non pas de brebis, / Rois, qui croyez gagner par raisons les esprits / D’une multitude étrangère, / Ce n’est jamais par là que l’on en vient à bout : / Il y faut une autre manière ; / Servez-vous de vos rets, la puissance fait tout. |
| Les Poissons et le Cormoran (X, 3) | Qu’importe qui vous mange ? homme ou loup, toute panse / Me paraît une à cet égard ; / Un jour plus tôt, un jour plus tard, / Ce n’est pas grande différence. |
| Le Pot de terre et le Pot de fer (V, 2) | Ne nous associons qu’avecque nos égaux ; / Ou bien il nous faudra craindre / Le destin d’un de ces pots. |
| La Poule aux œufs d’or (V, 13) | L’avarice perd tout en voulant tout gagner. […] Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus / Qui du soir au matin sont pauvres devenus / Pour vouloir trop tôt être riches ! |
| Le Pouvoir des fables (VIII, 4) | Le monde est vieux, dit-on : je le crois ; cependant / Il le faut amuser encor comme un enfant. |
| La Querelle des Chiens et des Chats, et celle des Chats et des Souris (XII, 8) | La Discorde a toujours régné dans l’univers ; / Notre monde en fournit mille exemples divers : / Chez nous cette déesse a plus d’un tributaire. […] Dieu fit bien ce qu’il fit, et je n’en sais pas plus. / Ce que je sais, c’est qu’aux grosses paroles / On en vient sur un rien, plus des trois quarts du temps. |
Les fables de R à V : du Renard aux Voleurs
| Fable | Morale |
|---|---|
| Le Rat de ville et le Rat des champs (I, 9) | Fi du plaisir / Que la crainte peut corrompre. |
| Le Rat et l’Éléphant (VIII, 15) | Se croire un personnage est fort commun en France : / On y fait l’homme d’importance, / Et l’on n’est souvent qu’un bourgeois : / C’est proprement le mal françois |
| Le Rat et l’Huître (VIII, 9) | […] ceux qui n’ont du monde aucune expérience / Sont, aux moindres objets, frappés d’étonnement. […] Et puis nous y pouvons apprendre / Que tel est pris qui croyait prendre. |
| Le Rat qui s’est retiré du monde (VII, 3) | Je suppose qu’un moine est toujours charitable. Satire des moines retirés du monde qui refusent d’aider les autres. Certains commentateurs y voient une allusion au refus du clergé de contribuer aux frais de la guerre de Hollande ; le dernier vers est ironique. |
| Le Renard anglais (XII, 23) | Fable dédiée à Mme Harvey : la ruse d’un renard anglais sert d’argument contre ceux qui refusent toute intelligence aux bêtes. |
| Le Renard ayant la queue coupée (V, 5) | Le renard qui a perdu sa queue conseille aux autres de couper la leur : méfiez-vous des conseils intéressés. |
| Le Renard et la Cigogne (I, 18) | Trompeurs, c’est pour vous que j’écris, / Attendez-vous à la pareille. |
| Le Renard et le Bouc (III, 5) | En toute chose il faut considérer la fin. |
| Le Renard et le Buste (IV, 14) | Belle tête, dit-il, mais de cervelle point. / Combien de grands Seigneurs sont bustes en ce point. |
| Le Renard et les Poulets d’Inde (XII, 18) | Le trop d’attention qu’on a pour le danger / Fait le plus souvent qu’on y tombe. |
| Le Renard et les Raisins (III, X1) | Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. / Fit-il pas mieux que de se plaindre ? Le renard, qui ne peut atteindre les raisins, fait mine de les dédaigner : d’où l’expression « ils sont trop verts ». |
| Le Renard, le Loup et le Cheval (XII, 17) | […] de tout inconnu le sage se méfie. |
| Le Renard, le Singe, et les Animaux (VI, 6) | […] À peu de gens convient le diadème. Le singe, élu roi, tombe dans le piège tendu par le renard : il ne suffit pas d’amuser pour savoir gouverner. |
| Le Renard, les Mouches et le Hérisson (XII, 13) | Plus telles gens sont pleins, moins ils sont importuns. |
| Rien de trop (IX, 11) | De tous les animaux l’homme a le plus de pente / À se porter dedans l’excès. / Il faudrait faire le procès / Aux petits comme aux grands. Il n’est âme vivante / Qui ne pèche en ceci. Rien de trop est un point / Dont on parle sans cesse, et qu’on n’observe point. |
| Le Rieur et les Poissons (VIII, 8) | On cherche les rieurs ; et moi je les évite. / Cet art veut sur tout autre un suprême mérite. / Dieu ne créa que pour les sots / Les méchants diseurs de bons mots. La Fontaine réfléchit à l’art du poète qui amuse. |
| Le Satyre et le Passant (V, 7) | Arrière ceux dont la bouche / Souffle le chaud et le froid ! Souffler le chaud et le froid : dire tantôt une chose, tantôt son contraire. |
| Le Savetier et le Financier (VIII, 2) | Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme, / Et reprenez vos cent écus. |
| Le Serpent et la Lime (V, 16) | Ceci s’adresse à vous, esprits du dernier ordre, / Qui, n’étant bons à rien, cherchez sur tout à mordre. / Vous vous tourmentez vainement. / Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages / Sur tant de beaux ouvrages ? / Ils sont pour vous d’airain, d’acier, de diamant. La Fontaine s’en prend aux critiques envieux. On a parfois rapproché la fable des attaques que subissait alors Boileau. |
| Simonide préservé par les Dieux (I, 14) | On ne peut trop louer trois sortes de personnes : / Les Dieux, sa maîtresse, et son roi. / Malherbe le disait ; j’y souscris, quant à moi : / Ce sont maximes toujours bonnes. Simonide de Céos, poète grec, chantait les vainqueurs des jeux. La fable plaide pour la protection des gens de lettres. |
| Le Singe (XII, 19) | N’attendez rien de bon du peuple imitateur, / Qu’il soit singe ou qu’il fasse un livre : / La pire espèce, c’est l’auteur. Contre les plagiaires, thème déjà présent dans Le Geai paré des plumes du Paon. |
| Le Singe et le Chat (IX, 17) | Raton / N’était pas content, ce dit-on. / Aussi ne le sont pas la plupart de ces princes / Qui, flattés d’un pareil emploi, / Vont s’échauder en des provinces / Pour le profit de quelque roi. Le chat Raton tire les marrons du feu, et le singe Bertrand les mange : d’où l’expression « tirer les marrons du feu ». |
| Le Singe et le Dauphin (IV, 7) | De telles gens il est beaucoup / Qui prendraient Vaugirard pour Rome, / Et qui, caquetants au plus dru, / Parlent de tout, et n’ont rien vu. Le singe, sauvé par un dauphin qui le prend pour un homme, prétend connaître le Pirée « pour ami » : le dauphin le rejette à l’eau. |
| Le Singe et le Léopard (IX, 3) | Ce n’est pas sur l’habit / Que la diversité me plaît ; c’est dans l’esprit : / L’une fournit toujours des choses agréables ; / L’autre en moins d’un moment lasse les regardants. / Ô ! que de grands seigneurs au Léopard semblables, / N’ont que l’habit pour tous talents ! |
| Le Soleil et les Grenouilles (VI, 12) | Que ferons-nous, s’il lui vient des enfants ? / Dirent-elles au Sort : un seul Soleil à peine / Se peut souffrir. Les grenouilles s’inquiètent du mariage du Soleil. Certains commentateurs y ont vu une allusion politique. |
| Le Soleil et les Grenouilles (deuxième fable) (hors recueil) | Traduction par La Fontaine d’une allégorie latine du père Commire contre les Provinces-Unies, reprise par le père Bouhours / Car si le Soleil se pique, / Il le leur fera sentir. / La République aquatique / Pourrait bien s’en repentir. Traduction par La Fontaine d’une fable latine du père Commire contre les Provinces-Unies, pendant la guerre de Hollande. |
| Le Songe d’un habitant du Mogol (XI, 4) | Quand le moment viendra d’aller trouver les morts, / J’aurai vécu sans soins, et mourrai sans remords. Pas de morale à proprement parler, mais l’un des plus beaux passages des Fables, un éloge de la solitude. « Sans soins » : sans soucis. |
| Les Souhaits (VII, 6) | Ils demandèrent la sagesse : / C’est un trésor qui n’embarrasse point |
| Les Souris et le Chat-huant (XI, 9) | Il ne faut jamais dire aux gens : / « Écoutez un bon mot, oyez une merveille. » / Savez-vous si les écoutants / En feront une estime à la vôtre pareille ? |
| La Souris métamorphosée en fille (IX, 7) | Tout débattu, tout bien pesé, Les âmes des souris et les âmes des belles / Sont très différentes entre elles ; / Il en faut revenir toujours à son destin, / C’est à dire, à la loi par le Ciel établie. / Parlez au diable, employez la magie, / Vous ne détournerez nul être de sa fin. |
| Le Statuaire et la Statue de Jupiter (IX, 6) | Chacun tourne en réalités, / Autant qu’il peut, ses propres songes : / L’homme est de glace aux vérités ; / Il est de feu pour les mensonges. |
| Le Testament expliqué par Ésope (II, 20) | Le peuple s’étonna comme il se pouvait faire / Qu’un homme seul eût plus de sens / Qu’une multitude de gens. Dernière fable du livre II. Ésope seul comprend le testament d’un père qui a voulu ruser avec ses trois filles. |
| La Tête et la Queue du serpent (VII, 17) | Malheureux les États tombés dans son erreur ! La queue du serpent veut mener à la place de la tête et le conduit à sa perte : une fable sur le gouvernement. |
| Du Thésauriseur et du Singe (XII, 3) | Dieu veuille préserver maint et maint financier / Qui n’en fait pas meilleur usage ! Le singe jette à la mer, pièce par pièce, le trésor de son maître avare. |
| Tircis et Amarante (VIII, 13) | Il est force gens […] / Qui prétendent n’agir que pour leur propre compte, / Et qui font le marché d’autrui. Tircis parle d’amour à Amarante, qui en éprouve aussi… mais pour un autre. |
| Le Torrent et la Rivière (VIII, 23) | Les gens sans bruit sont dangereux ; / Il n’en est pas ainsi des autres. |
| La Tortue et les deux Canards (X, 2) | Imprudence, babil, et sotte vanité, / Et vaine curiosité / Ont ensemble étroit parentage. / Ce sont enfants tous d’un lignage. |
| Le Trésor et les deux Hommes (IX, 16) | L’avare rarement finit ses jours sans pleurs : / Il a le moins de part au trésor qu’il enserre, / Thésaurisant pour les voleurs, / Pour ses parents, ou pour la terre. |
| Tribut envoyé par les Animaux à Alexandre (IV, 12) | […] c’eût été lion contre lion ; / Et le proverbe dit : Corsaires à corsaires, / L’un l’autre s’attaquant, ne font pas leurs affaires. Les petits doivent plier devant la force, et en appeler à une autre force ne servirait à rien. |
| Les Vautours et les Pigeons (VII, 8) | Tenez toujours divisés les méchants ; / La sûreté du reste de la terre / Dépend de là : semez entre eux la guerre, / Ou vous n’aurez avec eux nulle paix. |
| Le Vieillard et l’Âne (VI, 8) | Notre ennemi, c’est notre maître : / Je vous le dis en bon françois ; |
| Le Vieillard et les trois Jeunes Hommes (XI, 8) | […] Est-il aucun moment / Qui vous puisse assurer d’un second seulement ? Un vieillard plante des arbres sous les moqueries de trois jeunes gens, qui meurent avant lui : la mort guette à tout âge. |
| Le Vieillard et ses Enfants (IV, 18) | Toute puissance est faible, à moins que d’être unie. |
| La Vieille et les deux Servantes (V, 6) | C’est ainsi que le plus souvent, / Quand on pense sortir d’une mauvaise affaire, / On s’enfonce encore plus avant |
| Le Vieux Chat et la Jeune Souris (XII, 5) | La jeunesse se flatte, et croit tout obtenir / La vieillesse est impitoyable |
| Le Villageois et le Serpent (VI, 13) | Il est bon d’être charitable : / Mais envers qui, c’est là le point. / Quant aux ingrats, il n’en est point / Qui ne meure enfin misérable. |
| Les Voleurs et l’Âne (I, 13) | L’âne, c’est quelquefois une pauvre province : / Les voleurs sont tel ou tel prince, / Comme le Transylvain, le Turc, et le Hongrois. Deux voleurs se battent pour un âne, qu’un troisième emporte : la discorde profite aux autres. La Fontaine applique la fable aux guerres d’Europe centrale. |
Petit lexique pour lire La Fontaine
- Galant : homme élégant et habile en société, pas seulement en amour.
- Fourbe : la fourberie, la tromperie.
- Placet : une requête adressée à un roi ou à un dieu.
- Goujat : à l’origine, un valet d’armée, un homme grossier.
- Daubeur : celui qui dit du mal des autres.
- Soins : soucis, inquiétudes.
- Avecque : forme ancienne de « avec », utilisée pour le compte des syllabes.
Pour d’autres grands textes et formules de la littérature française, retrouvez les formules de Molière, les citations de Victor Hugo, les citations de Balzac ou le poème Voyelles d’Arthur Rimbaud.
Trois siècles et demi plus tard, les morales des fables de La Fontaine n’ont presque rien perdu de leur justesse : les animaux ont changé de costume, pas les hommes.
Citation de La Fontaine :
« Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. »
Jean de La Fontaine, Fables, dédicace « À Monseigneur le Dauphin »