FÊTES DE LA SAINT-JEAN : origines et traditions

Il y a trois mille ans, les Celtes célébraient la lumière en allumant des brasiers sur les sommets.

Selon Pline l’Ancien, les Romains fêtaient aussi le solstice d’été par de grands brasiers. Dans le symbolisme romain, les fêtes solsticiales renvoyaient à Janus, le dieu des portes qui gardait les portes du ciel et du domaine des dieux. Représenté avec deux visages, l’un tourné vers le passé et l’autre tourné vers le futur, il regardait en direction de la phase ascendante et de la phase descendante du soleil en pointant à la fois la Saint-Jean d’hiver (Jean l’évangéliste fêté le 27 décembre) et la Saint-Jean d’été (Jean le Baptiste fêté le 24 juin). ob_c90fd8_janus.jpgDieu des commencements et des fins, des choix, des clés et des portes, il ouvrait ou fermait avec la clé d’or la voie ascendante vers la lumière ou la connaissance spirituelle, et avec la clé d’argent, il ouvrait ou fermait la voie descendante vers l’obscurité ou l’ignorance spirituelle. Le moment de la Saint Jean d’été est associé à la porte des hommes, celle qui donne accès aux « petits mystères » (en opposition à la porte des dieux qui ouvre sur les grands mystères au moment de la Saint Jean d’hiver). Cette porte ouvre la voie à l’état proprement humain.

L’Église catholique a christianisé les pratiques païennes en remplaçant les dieux païens par des Saints et en interdisant les baignades nocturnes et les pratiques à caractères magiques. Ainsi au Ve siècle, la France catholique a subrogé la célébration païenne par la Saint-Jean-Baptiste, le 24 Juin. Toutefois, les fêtes de la Saint Jean jouissaient d’une telle réputation, qu’elles furent intégrées aux célébrations de Saint-Jean-Baptiste. 1024px-Leonardo_da_Vinci_-_Saint_John_the_Baptist_C2RMF_retouched.jpgDans la religion chrétienne, Jean-Baptiste, cousin de Jésus, baptisait les gens dans le fleuve Jourdain en annonçant l’arrivée du royaume de Dieu.

La fête de la Saint-Jean fut un jour férié en France jusqu’au Concordat de 1801. Maintenue jusqu’au début du siècle, la tradition se perdit au fil des ans, même si elle reste profondément ancrée dans certaines régions de France.

Les peuples slaves de Russie et de l’est célébraient la Saint Jean en hommage à Yvan Koupalo, le dieu du soleil, de la réincarnation et de la purification. Le choix de l’Église orthodoxe de remplacer la fête de Koupalo par la Saint Jean n’est pas anodin, car en slave Yvan signifie Jean et Koupalo la baignade.

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