FÊTES DE LA SAINT-JEAN : origines et traditions

Quelques variantes régionales de fêtes de la Saint-Jean

En Poitou, on entourait d’un bourrelet de paille une roue de charrette  que l’on allumait  avec un cierge bénit, que l’on promenait à travers les campagnes pour fertiliser les champs. La roue qui brûlait figurait l’image du disque du soleil qui fécondait les terres.
Le long de la Loire, les mariniers allumaient des feux de joie sur lesquels ils faisaient une Matelote, un plat traditionnel.
Dans l’Oise, les jeunes mères tournaient trois fois autour du feu avec leur nouveau-né dans les bras pour lui porter chance. En Bresse, on tournait quatorze fois autour du feu « pour être assuré de ne jamais avoir mal aux reins ». Dans la Creuse, on en faisait le tour neuf fois si on voulait trouver une femme ou un mari dans l’année.
Dans la Creuse et le Poitou, on jetait des pierres dans le brasier pour les récupérer ensuite et les placer dans les champs de raves : plus grosses étaient les pierres, plus grosses seraient les raves.


En Touraine, en Limousin ou dans le Haut-Poitou, on y jetait des pierres marquées d’une croix pour que « la bonne Vierge vienne s’asseoir sur la plus jolie de ces pierres, de sorte que le lendemain on y voit de ses beaux cheveux d’or ».
À Metz, on faisait brûler des bouquets d’armoise pour éviter les maux de reins des moissons. Pour obtenir le même résultat, on pouvait dans certaines régions se faire balancer au-dessus du feu.
Dans les Charentes, balancer son petit enfant au-dessus du feu neuf fois, c’était lui assurer une croissance rapide.
En Gironde, celui qui voulait avoir de l’argent toute l’année devait tourner autour du feu de la Saint-Jean en y jetant une pièce, qu’il lui fallait retrouver dans les cendres une fois le feu éteint et la conserver précieusement.
En Bretagne, des sièges étaient posés autour du feu pour que les ombres des défunts viennent s’y placer, écouter les chants et contempler les danse.

En pays catalan, un mois avant le solstice de Saint Jean, les enfants ramassent des objets en bois qu’ils entassent sur la place du village avant d’allumer le feu. À la Saint-Jean, les adultes, y participe avec des danses populaires, des chansons et en mangeant de la coca accompagnée de « cava », vin mousseux fait avec la méthode champenoise.  À la fin de chaque chanson, les danseurs et les danseuses croisent les mains sur leur poitrine et font une révérence au feu. Traditionnellement les jeunes filles et les jeunes hommes à marier dansaient autour du feu et souvent naissaient de belles histoires d’amour grâce à cette communion, où le feu était le témoin principal.
Chaque année depuis, le 22 juin, un groupe de personnes monte au sommet du Canigou par allumer un feu et le surveiller toute la nuit.

Dès que le jour commence, elles descendent du Canigou jusqu’au Castellet de Perpignan avec la torche ayant allumé le grand feu qui servira à transmettre la flamme aux feux de Saint Jean répartis en Catalogne et alentour.

Il existe aussi une tradition de la « Sant Joan »en pays occitan. Il est de tradition de prononcer des phrases magiques avant de sauter le feu, pour appeler à des moissons et des récoltes prospères, se donner du courage pour franchir le feu et se souhaiter une année entière de fête et de danses.

A Paris, les fêtes de la Saint-Jean se donnaient sur la place de Grève; le feu de la Saint Jean étant traditionnellement allumé par le roi de France en personne jusqu’en 1648.Maisondeville.jpg

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