Erreurs courantes en français : orthographe et grammaire

Accent oublié, accord hasardeux, préposition mal choisie : certaines erreurs courantes en français reviennent si souvent qu’on finit par ne plus les voir. Voici un tour d’horizon des erreurs courantes en français, classées par thème, avec la forme correcte et une explication rapide. Pour les confusions entre mots qui se ressemblent, comme acquis et acquit ou censé et sensé, nous leur consacrons une page à part. Nous avons réuni ici les autres erreurs courantes en français, d’orthographe, de grammaire, de vocabulaire et de typographie.

Erreurs courantes en français : orthographe et accents

  • accueil : après un c, on écrit « ueil » pour garder le son dur : accueil, cueillir, recueil.
  • accroc / accro : un « accroc », avec un c, est une déchirure ou un incident ; on est « accro », familier, à quelque chose.
  • agressif : « agressif », « agression » et « agressivité » ne prennent qu’un seul g.
  • aigu, ambigu, contigu, exigu : au féminin, le e prend un tréma : aiguë, ambiguë, contiguë. Les rectifications de 1990 admettent aussi aigüe, ambigüe, le tréma passant sur le u prononcé.
  • -âtre / -iatre : les mots en « -âtre » prennent un accent circonflexe (verdâtre, plâtre, théâtre), mais pas ceux en « -iatre » (psychiatre, pédiatre), à l’exception d’acariâtre et d’opiniâtre.
  • aborigène : on écrit « aborigène », et non « arborigène » : le mot vient du latin ab origine, « depuis l’origine ».
  • chiffre d’affaires : « affaires » prend toujours un s : c’est le chiffre des affaires réalisées.
  • chœur / cœur : on chante en « chœur » et on est enfant de « chœur ». Les deux mots s’écrivent avec la ligature œ.
  • compte rendu : ne prend pas de trait d’union.
  • connexion : s’écrit avec un x, et non « connection », forme anglaise.
  • davantage / d’avantage : « davantage » signifie plus (« il en veut davantage ») ; « d’avantage » signifie de bénéfice (« il n’en tire pas d’avantage »).
  • dû / du : le participe passé de devoir prend un accent au masculin singulier seulement : dû, mais due, dus, dues.
  • eh bien : il s’agit d’une exclamation : « eh bien », et non « et bien ».
  • enjôler / enjoliver : « enjôler » prend un accent circonflexe, « enjoliver » n’en prend pas.
  • faire bonne chère : « chère » désignait autrefois le visage, puis l’accueil et le repas. On fait bonne « chère », et non bonne « chair ».
  • fruste : l’adjectif s’écrit « fruste » ; « frustre » n’existe pas.
  • inclus / exclu : « inclus » prend un s au masculin, contrairement à « exclu » : la pièce est incluse, le candidat est exclu.
  • mourir / nourrir : « mourir » ne prend qu’un r, « nourrir » en prend deux. Au futur, on écrit en revanche « je mourrai ».
  • naviguant / navigant : « naviguant » est le participe présent du verbe (« en naviguant ») ; « navigant » est l’adjectif (« le personnel navigant »).
  • notre / nôtre : le déterminant ne prend pas d’accent (« notre maison ») ; le pronom en prend un (« c’est la nôtre »).
  • occurrence : deux c et deux r.
  • petit déjeuner : le nom s’écrit sans trait d’union ; le verbe « petit-déjeuner » en prend un.
  • réveille-matin : le nom composé est formé du verbe réveiller : « réveille-matin », et non « réveil-matin ».
  • roder / rôder : « rôder », c’est errer avec des intentions suspectes ; « roder », c’est mettre au point (« roder un moteur »).
  • re- devant un s : devant un mot commençant par s suivi d’une voyelle, le préfixe double le s pour garder le son [s] : ressortir, ressemer. Exceptions : resaler, resalir, resituer.
  • symptôme / syndrome : « symptôme » prend un accent circonflexe, « syndrome » n’en prend pas.
  • tache / tâche : une « tache » est une marque, une salissure ; une « tâche » est un travail à accomplir.

Grammaire et conjugaison

  • être allé / avoir été : dans la langue soignée, on écrit « je suis allé à Paris » ; « j’ai été à Paris » relève de la langue familière.
  • croient : le verbe croire fait « ils croient » ; « croivent » est fautif.
  • contredisez / contrefaites : « contredire » se conjugue comme médire : « vous contredisez » ; « contrefaire » comme faire : « vous contrefaites ».
  • dites / faites : au présent, on écrit toujours « vous dites », « vous faites », sans accent. « Vous dîtes » n’existe qu’au passé simple, et le « faîte » est le sommet d’un toit ou d’une carrière.
  • ensemble, debout : ces adverbes sont invariables : « ils sont ensemble », « elles restent debout ».
  • une espèce de : « espèce » est un nom féminin : on dit « une espèce de livre », même devant un nom masculin.
  • se faire fort de : devant un infinitif, « fort » reste invariable : « elles se font fort de réussir ».
  • gens : un adjectif placé juste avant « gens » se met au féminin, placé après il reste au masculin : « de vieilles gens », « des gens heureux ».
  • tel que : « tel » s’accorde avec le nom auquel il se rapporte : « des fruits tels que les pommes ».
  • savoir gré : on écrit « je vous en saurais gré » (verbe savoir), et non « je vous en serais gré ».
  • se rappeler / se souvenir : on se rappelle quelque chose, mais on se souvient de quelque chose. « Je m’en rappelle » est à éviter à l’écrit.
  • pallier : le verbe est transitif direct : on pallie une difficulté, et non « à » une difficulté.
  • primer : on dit « la sécurité prime le confort » ou « prime sur le confort » ; la seconde construction, longtemps critiquée, est aujourd’hui admise par les dictionnaires.
  • ayants droit : au pluriel, « ayant » s’accorde : des ayants droit, des ayants cause.
  • 1,5 kilomètre : le pluriel commence à deux : on écrit « 1,5 kilomètre », mais « 2 kilomètres ».

Vocabulaire et tournures

  • à Paris / sur Paris : on habite et on travaille « à Paris », et on part « pour Paris ». « Sur Paris » est critiqué par l’Académie française.
  • à vélo / en vélo : l’usage soigné préfère « à vélo », comme « à cheval » ; « en vélo » est très courant à l’oral.
  • apporter / amener : on « apporte » une chose ; on « amène » une personne ou un animal. De même, on emporte un objet et on emmène quelqu’un.
  • chargé de / en charge de : « être chargé de » est la forme correcte ; « être en charge de » est un anglicisme.
  • causer avec : on cause « avec » quelqu’un ; « causer à quelqu’un » est familier.
  • c’est la faute de : à l’écrit soigné, on écrit « c’est ma faute », « c’est la faute de Paul » ; « c’est de ma faute » est familier.
  • conjecture / conjoncture : une « conjecture » est une hypothèse ; la « conjoncture » est la situation, notamment économique.
  • dénoter / détonner : « dénoter » demande un complément (« son attitude dénote une grande fatigue ») ; pour dire qu’une chose ne s’accorde pas avec son environnement, on emploie « détonner ».
  • sur le plan / au plan : on écrit « sur le plan juridique » plutôt que « au plan juridique ».
  • remercier de / pour : « remercier de » s’impose devant un infinitif (« merci de venir ») ; devant un nom, les deux sont possibles (« merci de votre aide », « merci pour votre aide »).
  • rien moins que / rien de moins que : « rien de moins que » signifie bel et bien (« c’est rien de moins qu’un chef-d’œuvre ») ; « rien moins que » signifiait à l’origine nullement, mais son sens est devenu ambigu : mieux vaut l’éviter.
  • parfois / des fois : « des fois » n’est pas une faute, mais relève de la langue familière ; à l’écrit, on préfère « parfois » ou « quelquefois ».
  • de temps à autre, depuis quelque temps : « autre » et « temps » restent au singulier dans ces expressions.

Typographie, nombres et abréviations

  • 1er, 1re, 2e : on abrège premier en 1er, première en 1re, deuxième en 2e, second en 2d, seconde en 2de, et on ajoute un s au pluriel (3es). Les formes « 1ère », « 2ème » ou « 2nd » sont fautives.
  • majuscules accentuées : en français, les majuscules prennent leurs accents : « À la plage », « les États-Unis », « l’Île-de-France ».
  • etc. : abréviation d’et cetera, elle s’écrit avec un seul point et ne se fait pas précéder de points de suspension : ni « etc… », ni « …etc. », ni « etc., etc. ».
  • les heures : dans un texte, on écrit « 9 h », « 9 h 30 ». Pour les minutes inférieures à dix, « 9 h 5 » et « 9 h 05 » sont tous deux en usage ; l’essentiel est de rester cohérent.

Comment éviter les erreurs courantes en français

  • Consulter les rectifications de l’orthographe : les rectifications orthographiques de 1990 ont admis de nombreuses graphies simplifiées, qui ne sont donc plus des fautes.
  • Relire à voix haute : beaucoup d’accords et de prépositions fautives sautent aux oreilles.
  • Remplacer par un équivalent : « dû » par « devant être », « davantage » par « plus », pour vérifier la bonne forme.
  • Garder un dictionnaire à portée de main : en cas de doute sur un accent ou un trait d’union, il tranche en quelques secondes.

Questions fréquentes

Quelles sont les erreurs courantes en français les plus fréquentes ?

Parmi les plus répandues : « 2ème » au lieu de « 2e », les majuscules non accentuées, « sur Paris », « pallier à », « je m’en rappelle » et la confusion entre « tache » et « tâche ».

Faut-il écrire 1ère ou 1re ?

« 1re ». De même, on écrit « 2e » et non « 2ème ».

Doit-on accentuer les majuscules ?

Oui. L’Académie française recommande d’accentuer les majuscules, qui ont pleine valeur orthographique.

« Sur Paris » est-il correct ?

Non, on dit « à Paris ». « Sur » ne s’emploie pas devant un nom de ville pour indiquer le lieu.

Quelle différence entre tache et tâche ?

Une tache est une marque ou une salissure ; une tâche, avec un accent circonflexe, est un travail à faire.

Citation sur la langue :

« Ce qui n’est pas clair n’est pas français. »

Antoine de Rivarol