Fête de l’Ascension : signification, histoire et date

La fête de l’Ascension est une fête chrétienne célébrée le quarantième jour à compter de Pâques, en comptant le dimanche de Pâques, soit 39 jours plus tard : elle tombe donc toujours un jeudi. La fête de l’Ascension commémore la dernière rencontre de Jésus ressuscité avec ses disciples et son élévation au ciel. Pour les croyants, elle marque le passage d’une présence physique et visible du Christ à une présence intérieure, à travers les sacrements. La fête de l’Ascension annonce aussi la venue de l’Esprit saint à la Pentecôte, dix jours plus tard, et préfigure la vie éternelle.

La signification de la fête de l’Ascension

Le mot « ascension » vient du latin ascensio, « action de monter », dérivé du verbe ascendere, monter. Il désigne la montée au ciel de Jésus, que racontent les Évangiles et les Actes des Apôtres.

L’Ascension marque la fin de la présence physique de Jésus sur la terre, après sa mort et sa résurrection. Elle inaugure un nouveau mode de présence du Christ, intérieur, universel et hors du temps, en particulier par les sacrements comme l’Eucharistie.

Pour les chrétiens, l’Ascension accomplit le mystère pascal. Le Christ, qui s’est abaissé jusqu’à la mort (Ph 2, 7-9), est élevé dans la gloire de Dieu, et cette élévation est promise à tous. Il n’abandonne pas pour autant les hommes : il leur envoie l’Esprit saint à la Pentecôte, après laquelle les apôtres partent annoncer l’Évangile, et il intercède sans cesse pour eux auprès du Père (He 7, 25 ; Jn 14, 1-4).

L’Ascension préfigure enfin la vie éternelle à laquelle chaque femme et chaque homme sont destinés. Selon la foi chrétienne, le retour glorieux du Christ, la Parousie, conclura l’histoire humaine et établira définitivement le Royaume de Dieu.

L’Ascension dans le Nouveau Testament

Les textes ne racontent pas tous l’événement de la même manière :

  • l’Évangile selon saint Marc (Mc 16, 19) place l’Ascension juste après la Résurrection : Jésus apparaît aux apôtres, les envoie en mission avec le pouvoir de faire des miracles en son nom, puis est enlevé au ciel. Ce passage appartient à la finale longue de l’Évangile, que la plupart des exégètes considèrent comme un ajout postérieur ;
  • l’Évangile selon saint Luc (Lc 24, 50-51) en fait la conclusion de la vie de Jésus : près de Béthanie, il bénit ses apôtres, se sépare d’eux et est emporté au ciel ;
  • les Actes des Apôtres (Ac 1, 6-11), du même auteur, en font au contraire une ouverture : l’Ascension, située au mont des Oliviers, inaugure le temps du témoignage des apôtres ;
  • l’Évangile selon saint Matthieu ne mentionne pas l’Ascension ;
  • l’Évangile selon saint Jean l’annonce sans la décrire : lors de la dernière Cène, Jésus dit qu’il s’en va vers le Père.

Ascension et Assomption : ne pas confondre

Dans le christianisme, le terme « Ascension » est réservé au Christ, qui monte au ciel par sa propre puissance. L’Assomption, célébrée le 15 août, désigne l’élévation au ciel de la Vierge Marie, qui y est emportée par Dieu.

L’histoire de la fête de l’Ascension

La célébration de l’Ascension est attestée à la fin du IVe siècle, et elle reste souvent associée à la Pentecôte jusqu’au Ve siècle. À Jérusalem, la pèlerine Égérie raconte que les fidèles se retrouvaient alors à l’Imbomon, le sanctuaire du mont des Oliviers, pendant la Semaine sainte et le jour de la Pentecôte.

À partir du Ve siècle, la fête est précédée par les Rogations, trois jours de prières et de processions destinés à bénir les champs et les récoltes. Instituées vers 470 à Vienne, elles sont étendues à toute la Gaule par le concile d’Orléans en 511, puis introduites à Rome par le pape Léon III, d’où elles gagnent toute la chrétienté vers l’an 800. Elles survivent encore aujourd’hui dans certaines communautés rurales.

La Sensa, l’Ascension des doges de Venise

À Venise, l’Ascension se dit « Sensa » en vénitien, et elle était la plus fastueuse des fêtes de la République. Ce jour-là, le doge embarquait sur le Bucentaure, sa galère d’apparat dorée, et gagnait le Lido pour célébrer le « mariage avec la mer » : il jetait dans l’Adriatique un anneau d’or, en signe de la domination de Venise sur les flots. La cérémonie commémorait notamment la victoire navale du doge Pietro II Orseolo en Dalmatie, remportée un jour d’Ascension vers l’an 1000.

Le peintre Canaletto a représenté plusieurs fois le retour du Bucentaure au Môle le jour de l’Ascension, notamment vers 1733-1734 dans une toile aujourd’hui conservée dans la collection royale britannique. La tradition a pris fin avec la chute de la République en 1797 : le dernier Bucentaure a alors été brûlé par les troupes de Bonaparte. Une version de la cérémonie est toujours célébrée chaque année à San Nicolò del Lido.

Un jour férié en France depuis le Concordat

Lors du Concordat conclu entre Bonaparte et le pape Pie VII, l’Ascension est retenue comme l’une des quatre fêtes chômées, avec Noël, l’Assomption et la Toussaint. La loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 ne l’a pas supprimée : l’Ascension figure toujours parmi les onze jours fériés listés par le Code du travail. Comme elle tombe un jeudi, beaucoup de Français posent leur vendredi pour profiter du « pont de l’Ascension ».

La date de la fête de l’Ascension

Le chiffre de quarante jours vient des Actes des Apôtres, où Luc écrit que Jésus, pendant quarante jours, était apparu aux apôtres et les avait entretenus du Royaume de Dieu (Ac 1, 3). L’Église a retenu ce délai, que ni l’Évangile de Marc ni celui de Luc ne mentionnent.

Le nombre 40 revient souvent dans la Bible, toujours pour désigner un temps d’attente, d’épreuve ou d’apprentissage :

  • les quarante jours du déluge ;
  • les quarante jours de Moïse sur le mont Sinaï, avant de recevoir les Tables de la Loi ;
  • les quarante années d’Israël au désert, après la sortie d’Égypte ;
  • les quarante jours au terme desquels Ninive devait être détruite, selon la prophétie de Jonas.

Les quarante jours qui séparent Pâques de l’Ascension répondent aux quarante jours du carême : quarante jours de fête et de joie succèdent à quarante jours de prière et de jeûne.

Comme Pâques tombe un dimanche, l’Ascension tombe toujours un jeudi : entre le 30 avril et le 3 juin pour les Églises d’Occident, entre le 13 mai et le 16 juin pour les Églises orthodoxes, qui calculent Pâques selon le calendrier julien. Les prochaines dates sont les suivantes :

  • 2027 : jeudi 6 mai (Églises orthodoxes : 10 juin) ;
  • 2028 : jeudi 25 mai, à la même date pour les orthodoxes ;
  • 2029 : jeudi 10 mai (Églises orthodoxes : 17 mai).

La fête de l’Ascension, jour férié dans de nombreux pays

Le jeudi de l’Ascension est férié en France et dans une grande partie de l’Europe : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Islande, Liechtenstein, Luxembourg, Monaco, Norvège, Pays-Bas, Suède et Suisse. D’autres pays, comme le Royaume-Uni, l’Espagne, la Pologne ou le Portugal, reportent la célébration au dimanche suivant, et le jeudi n’y est pas chômé. L’Italie fait de même, tandis que le jeudi reste férié au Vatican.

Le lieu de l’Ascension, au mont des Oliviers

D’après l’Évangile de Luc, l’Ascension a eu lieu près de Béthanie, le village de Marthe, de Marie et de Lazare, les amis de Jésus, où il avait ressuscité Lazare. Les Actes des Apôtres la situent sur le mont des Oliviers, d’où les apôtres regagnent ensuite Jérusalem, à la distance d’un chemin de sabbat (Ac 1, 12).

La tradition place l’événement au sommet du mont des Oliviers. La chapelle de l’Ascension, petit édifice octogonal bâti par les croisés vers 1152, y abrite un rocher qui porterait la dernière empreinte du pied de Jésus sur la terre. Elle faisait alors partie d’un ensemble plus vaste. En 1198, après la reconquête de Jérusalem par Saladin, l’édifice est coiffé d’une coupole et transformé en mosquée : l’islam reconnaît lui aussi l’élévation au ciel de Jésus, Îsâ.

Le lieu présente une particularité unique : chaque année, le jour de l’Ascension, la Custodie de Terre sainte y célèbre la messe. C’est l’une des rares mosquées au monde où l’Eucharistie est célébrée. Non loin de là, l’Église orthodoxe russe a construit au XIXe siècle sa propre église de l’Ascension, reconnaissable à son haut clocher.

Pour la tradition chrétienne, en montant au ciel, Jésus révèle le sens de sa résurrection : entrer dans la gloire de Dieu. C’est aussi, pour les croyants, l’avenir promis aux hommes.

Questions fréquentes

Pourquoi l’Ascension tombe-t-elle toujours un jeudi ?

Parce qu’elle est célébrée le quarantième jour en comptant le dimanche de Pâques comme premier jour, soit 39 jours après Pâques, ce qui tombe toujours un jeudi.

Quelle est la différence entre l’Ascension et l’Assomption ?

L’Ascension célèbre la montée au ciel du Christ, quarante jours après Pâques. L’Assomption, le 15 août, célèbre l’élévation au ciel de la Vierge Marie.

Combien de jours séparent l’Ascension de la Pentecôte ?

Dix jours. La Pentecôte est célébrée le dimanche qui suit de dix jours le jeudi de l’Ascension, le cinquantième jour à compter de Pâques.

Le vendredi de l’Ascension est-il férié ?

Non. Seul le jeudi est férié en France. Le vendredi est un pont que de nombreux salariés posent en congé, et que certaines entreprises accordent.

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