Entrepreneur : ce mouton à cinq pattes qui sommeille en chacun de nous

L’avènement de la société de l’information et des services a ouvert un large champ de possibles à celles et ceux qui lancent leur entreprise, par choix ou par nécessité. En France, plus d’un million d’entreprises sont créées chaque année. Mais qu’est-ce qu’un entrepreneur, qu’est-ce qui le pousse à se lancer, et naît-on entrepreneur ou le devient-on ? Portrait de l’entrepreneur, de ses motivations, de son profil et des qualités qu’exige l’aventure.

Qu’est-ce qu’un entrepreneur ?

L’entrepreneur est celui qui, après avoir observé son environnement, repère une opportunité, réunit les ressources nécessaires et met en œuvre un projet en acceptant d’en assumer le risque, dans l’espoir d’en tirer un profit.

Les économistes s’y intéressent depuis longtemps. Au XVIIIe siècle, Richard Cantillon le décrit déjà comme celui qui supporte l’incertitude du marché. Au XXe siècle, l’économiste autrichien Joseph Schumpeter en fait le moteur de l’innovation : l’entrepreneur est celui qui ose sortir de la routine pour introduire de « nouvelles combinaisons », un produit, un procédé, un marché ou une organisation inédits. C’est par lui que passe la « destruction créatrice », ce mouvement par lequel les innovations remplacent les activités anciennes.

Pourquoi devient-on entrepreneur ?

  • le choix de l’indépendance, de la liberté et de l’autonomie : être son propre patron ;
  • la volonté de mener à bien un projet, de saisir une opportunité ou de relever de nouveaux défis ;
  • la nécessité de créer son propre emploi, après une période de chômage ou face à la précarité ;
  • l’ambition d’améliorer sa situation matérielle.

Le désir d’indépendance arrive nettement en tête. Selon l’Insee, il est cité par 43 % des créateurs d’entreprise de 2022, et par plus de la moitié dans la construction ou l’information-communication.

Le profil des créateurs d’entreprise en France

Les créations d’entreprises battent des records. L’Insee en a recensé 1 165 800 en 2025, un niveau jamais atteint. Près des deux tiers sont des immatriculations de micro-entrepreneurs, le régime simplifié créé en 2009 sous le nom d’auto-entrepreneur, et les créations de sociétés atteignent elles aussi un sommet.

Les enquêtes de l’Insee auprès des créateurs dessinent un profil type :

  • un homme le plus souvent : les femmes ne représentaient qu’environ 30 % des créateurs d’entreprises classiques en 2018 ;
  • âgé de 41 ans en moyenne, les créatrices étant souvent plus jeunes que leurs homologues masculins ;
  • venant le plus souvent du salariat du secteur privé, un créateur sur cinq étant auparavant au chômage ;
  • souvent seul à l’origine de son projet, et dans un cas sur trois déjà passé par une précédente création.

Naît-on entrepreneur ?

L’esprit d’entreprise ne semble pas inné. Il est le fruit de connaissances et de compétences qui s’acquièrent avec le temps, le travail et l’expérience. C’est un état d’esprit qui repose sur des qualités plus ou moins développées chez chacun d’entre nous. Pour entreprendre, il faut notamment :

  • bien se connaître : ses motivations, ses forces et ses faiblesses ;
  • avoir confiance en soi pour relever des défis et affronter la concurrence ;
  • être créatif et savoir voir les choses autrement ;
  • sortir de sa zone de confort ;
  • être ambitieux pour porter sa vision, mais aussi persévérant et adaptable ;
  • être résilient, capable de surmonter ses échecs et d’en tirer des leçons ;
  • rester enthousiaste et voir le verre à moitié plein ;
  • tolérer l’incertitude, source d’opportunités, et savoir prendre des risques calculés ;
  • s’engager pleinement, en temps, en argent et en mode de vie, dans la réussite de son projet.

De créateur à chef d’entreprise

Pour faire grandir son entreprise, le créateur passionné doit devenir un organisateur et un leader, bien inséré dans son environnement. Il lui faut se fixer des objectifs à court et à long terme, définir des critères de réussite et se donner les moyens de les atteindre.

Une planification et une organisation rigoureuses sont indispensables, tout comme la capacité à s’entourer de profils complémentaires, à les fédérer, à déléguer et à rester à l’écoute. Même s’il tient son cap, l’entrepreneur doit rester ouvert aux conseils pour adapter en permanence son entreprise au marché et à la concurrence.

Les freins et les risques de l’aventure

La peur de perdre la protection du salariat, de se retrouver seul ou de se heurter aux complexités administratives retient souvent de se lancer. Et l’aventure comporte de vrais risques : selon l’Insee, moins de trois micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 sur dix étaient encore actifs cinq ans plus tard.

Il est pourtant fréquent que des femmes et des hommes de tous horizons, parfois autodidactes ou sans moyens financiers importants, se lancent, convaincus de la pertinence de leur projet. Animés par l’envie de le concrétiser, certains se révèlent des entrepreneurs hors pair, capables de fédérer une équipe et d’avoir un impact sur la société. Se faire accompagner, par un réseau, un incubateur ou une structure d’aide à la création, aide à franchir le cap délicat des premières années.

Demain, tous entrepreneurs ?

Pourquoi pas ? Le développement du travail indépendant, du numérique et de l’esprit start-up rend l’aventure plus accessible que jamais. On dit que la chance sourit aux audacieux, à ceux qui ont « les pieds dans la glaise et la tête dans les étoiles ». Malgré les écueils et les échecs, être entrepreneur, c’est vivre une aventure humaine unique et devenir l’acteur principal de sa vie professionnelle.

Questions fréquentes

Quelle différence entre entrepreneur et chef d’entreprise ?

L’entrepreneur crée ou développe une activité en prenant un risque. Le chef d’entreprise dirige une entreprise existante, qu’il l’ait fondée ou non. On peut être l’un sans être l’autre, mais un entrepreneur qui réussit devient généralement chef d’entreprise.

Faut-il un diplôme pour devenir entrepreneur ?

Non, sauf pour certaines professions réglementées. De nombreux entrepreneurs sont autodidactes, même si une formation à la gestion aide à éviter bien des écueils.

Qu’est-ce qu’un micro-entrepreneur ?

C’est un entrepreneur individuel qui bénéficie d’un régime simplifié de déclaration et de cotisations, dans la limite d’un plafond de chiffre d’affaires. C’est aujourd’hui la forme la plus courante de création d’entreprise en France.

Qui a défini le rôle de l’entrepreneur en économie ?

Richard Cantillon au XVIIIe siècle, puis Jean-Baptiste Say, et surtout Joseph Schumpeter au XXe siècle, qui a fait de l’entrepreneur innovateur le moteur du développement économique.

2 réflexions au sujet de “Entrepreneur : ce mouton à cinq pattes qui sommeille en chacun de nous”

  1. Je ne sais pas si c’est juste moi, mais j’ai de la difficulté a lire sur ton blog, car l’espace de lecture n’est pas très large comme dans les autres blogs qui sont généralement page pleine

Laisser un commentaire