Marque personnelle : une nécessité professionnelle

Marque personnelle, professionnelle mettant à jour son profil sur un réseau social professionnel

Indépendants toujours plus nombreux, carrières qui ne se font plus dans une seule entreprise, recruteurs qui consultent les réseaux sociaux avant un entretien : construire sa marque personnelle est devenu une compétence professionnelle à part entière. Popularisée sous le nom de « personal branding », la marque personnelle consiste à définir, faire connaître et entretenir son identité professionnelle, comme une entreprise le fait pour ses produits. Définition, origine, étapes, techniques et pièges à éviter : voici comment bâtir une marque personnelle solide et sincère.

Qu’est-ce que la marque personnelle ?

La marque personnelle désigne l’image professionnelle qu’une personne projette et la réputation qui en découle : ce qu’elle sait faire, ce qui la distingue, les valeurs qu’elle défend. La construire, c’est maîtriser et développer sa communication personnelle, à l’écrit, à l’oral comme en ligne, pour promouvoir ses activités, son expertise et sa notoriété.

Elle repose sur une stratégie claire autour de son identité professionnelle, et sur une réalité que l’on oublie souvent : chacun a déjà une marque personnelle, ne serait-ce que ce qu’on trouve en tapant son nom dans un moteur de recherche. La seule question est de savoir si on la subit ou si on la construit.

D’où vient le personal branding ?

L’expression naît aux États-Unis. Le 31 août 1997, le consultant américain Tom Peters, coauteur du best-seller Le Prix de l’excellence, publie dans le magazine Fast Company un article intitulé « The Brand Called You ». Il y affirme que, quels que soient son âge, son poste ou son secteur, chacun doit se considérer comme le dirigeant de sa propre entreprise et le premier responsable du marketing de sa propre marque.

L’idée prend toute son ampleur avec l’essor des réseaux sociaux professionnels, à commencer par LinkedIn, lancé en 2003. En quelques années, le personal branding devient un métier, avec ses consultants, ses livres et ses formations.

Pourquoi la marque personnelle est devenue une nécessité

Plusieurs évolutions du travail rendent la marque personnelle indispensable :

  • l’essor du travail indépendant : fin 2023, 4,2 millions de personnes exerçaient une activité non salariée en France selon l’Insee, dont plus de la moitié sous le statut de micro-entrepreneur. Hors agriculture, leur nombre a augmenté de 78 % depuis 2008. Face à une concurrence de plus en plus vive sur les prestations comme sur les prix, se distinguer devient vital ;
  • des carrières moins linéaires : changements de poste, reconversions et activités multiples, celles des « slashers », imposent de savoir présenter un parcours cohérent ;
  • des recrutements qui passent par le numérique : un profil en ligne est souvent la première impression laissée à un recruteur ou à un client ;
  • l’employabilité : même salarié, savoir faire reconnaître ses talents facilite la mobilité interne et externe.

Les nouvelles générations, qui ont grandi avec les réseaux sociaux, abordent d’ailleurs cette question très tôt dans leur vie professionnelle, comme le montre notre tableau des grandes générations du XXe et du XXIe siècle.

Les étapes pour construire sa marque personnelle

Comme pour une marque d’entreprise, la démarche suit plusieurs étapes :

  • découvrir sa marque : définir ses objectifs (évoluer dans sa carrière, décrocher un nouveau poste, développer son activité d’indépendant, affirmer son leadership), puis identifier sa valeur ajoutée, ses compétences et ce qui fait sa différence ;
  • créer et communiquer : choisir son positionnement, ses messages clés et ses supports (réseaux sociaux, blog, conférences, publications spécialisées), produire des contenus, participer à des communautés ;
  • valider sa marque : mesurer son e-réputation et l’impact de son image en termes d’engagement et de retours ;
  • entretenir et corriger : actualiser ses profils, ajuster son discours, rectifier ce qui ne correspond plus à son projet ;
  • animer son réseau : échanger, partager, recommander, rendre service. Une marque personnelle vit par les relations qu’elle tisse.

Les techniques empruntées aux marques

Le personal branding reprend les outils utilisés par les entreprises et les influenceurs :

  • le storytelling : raconter son propre parcours de façon vivante et cohérente, dans un but professionnel ;
  • le marketing numérique : publier régulièrement sur les réseaux sociaux, pratiquer le « social selling », qui consiste à prospecter en partageant son expertise ;
  • la démarche réseau : rencontres, événements professionnels, associations d’anciens élèves, communautés de métier ;
  • la cohérence visuelle : même photo professionnelle, même titre et même ton sur tous les supports.

L’essentiel est de renvoyer une image de soi claire, sincère et authentique, mais aussi cohérente, différenciante et engagée.

Marque personnelle et entreprise : le collaborateur ambassadeur

La marque personnelle ne concerne pas que les indépendants. Elle se déploie aussi dans l’entreprise : on parle de « marque collaborateur » ou d’« employee branding ». Certaines entreprises s’appuient de façon concertée sur l’image de leurs salariés, devenus de véritables ambassadeurs : c’est l’« employee advocacy ». Des dirigeants utilisent également leur notoriété personnelle pour promouvoir leur entreprise.

Bien gérée, cette dynamique renforce la marque employeur, c’est-à-dire l’attractivité de l’entreprise auprès des candidats. Elle suppose toutefois des règles claires : respect de la confidentialité, de l’image de l’entreprise et de la liberté de chacun de ne pas s’exposer.

La démarche étant exigeante, certains font appel à un « personal brander », consultant qui aide à définir ses objectifs, ses talents et son positionnement, puis à déployer sa marque sur les réseaux sociaux et dans les publications spécialisées.

Les pièges à éviter

  • l’artifice : une image fabriquée, sans lien avec ses compétences réelles, finit toujours par se voir ;
  • l’incohérence : un discours différent d’un réseau à l’autre brouille le message ;
  • la surexposition : publier sans cesse fatigue son audience, et parfois soi-même, au point que le New York Times a consacré en 2022 un article à l’épuisement lié à l’entretien de sa marque personnelle ;
  • l’oubli du privé : photos, opinions ou commentaires personnels visibles publiquement peuvent nuire à l’image professionnelle ;
  • l’absence de suivi : un profil laissé à l’abandon donne l’impression d’une activité éteinte.

Loin d’être artificielle ou superflue, la démarche est souvent fondatrice. Elle permet de mieux se connaître (ses objectifs, ses points forts, sa valeur ajoutée), de se faire connaître (maîtriser son identité professionnelle et développer sa notoriété) et de se faire reconnaître (gérer sa réputation). Dans un monde où l’image compte, montrer ce qui nous anime et ce qui fait notre différence aide à se démarquer, à rester employable et à évoluer.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le personal branding ?

C’est l’expression anglaise désignant la construction de sa marque personnelle : définir son identité professionnelle, la faire connaître et gérer sa réputation, en s’inspirant des techniques des marques commerciales.

Faut-il forcément être sur les réseaux sociaux ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est aujourd’hui le moyen le plus simple d’être visible. Un profil professionnel à jour suffit souvent à lancer la démarche ; la qualité et la régularité comptent plus que la quantité.

Quelle différence entre marque personnelle et marque employeur ?

La marque personnelle est l’image d’une personne ; la marque employeur, celle d’une entreprise en tant que lieu de travail. Les deux se renforcent lorsque les salariés deviennent ambassadeurs de leur entreprise.

Combien de temps faut-il pour construire sa marque personnelle ?

Il n’y a pas de délai fixe : la réflexion de départ peut prendre quelques semaines, mais la réputation se construit sur la durée, par la cohérence et la régularité.