Expressions françaises de A à C : 117 expressions à connaître et à utiliser (1/4)

La langue française est riche de nombreuses expressions françaises, dont certaines remontent à l’Antiquité, à la Bible ou aux grands textes de la littérature. Bien employées, ces expressions françaises enrichissent l’expression écrite comme orale, et beaucoup ont des équivalents, proches ou très différents, dans d’autres langues. Cet article réunit 117 expressions françaises de A à C, classées par ordre alphabétique avec leur signification.

Cet article fait partie d’une série de quatre :

Expressions françaises en A

  • À bâtons rompus : Sans continuité, avec de fréquentes interruptions.
  • À beau mentir qui vient de loin : On peut facilement raconter des mensonges (et être cru) quand ce qu’on dit n’est pas vérifiable.
  • À bouche que veux-tu : Abondamment, à profusion.
  • À bras raccourcis : En donnant des coups violents. Pour attaquer ou agresser.
  • À bras-le-corps : Avec les bras passés autour du corps (d’un autre), fermement, avec une grande énergie, en s’y attelant sérieusement.
  • À bride abattue : Sans aucune retenue. Très rapidement, à toute vitesse.
  • À brûle-pourpoint : Brusquement, sans ménagement, très à propos.
  • À cheval donné on ne regarde pas la bride / la bouche / les dents : Il faut toujours être content d’un cadeau reçu. On ne doit pas critiquer un cadeau, quand bien même aurait-il un défaut.
  • À cor et à cri : À grand bruit, avec beaucoup d’insistance.
  • À fleur de peau : Qui réagit à la plus petite sollicitation.
  • À fleurets mouchetés : Qui vise à ne pas blesser, à ménager l’adversaire.
  • À force de crier au loup : À force de donner de fausses alertes… l’alerte véritable n’est plus écoutée.
  • À la mode de Bretagne : Désigne des parents éloignés à qui on donne des noms de proches parents (cousin, tante…). Marque une relation lointaine entre deux choses.
  • À la petite semaine : Sans réflexion préalable, ambition ou vision à long terme.
  • À l’emporte-pièce : D’une manière directe, nette, franche, mordante, incisive. Brutalement, sans tact, ni finesse.
  • À l’usage du dauphin : Se dit d’un texte / expurgé de ce qui pourrait choquer le public auquel il est destiné ; adapté pour les besoins d’une cause.
  • À Pâques ou à la Trinité : À une date indéterminée. Jamais.
  • À pied d’œuvre : Prêt à commencer un travail.
  • À plein badin : À toute vitesse.
  • À point nommé : Au moment adéquat, attendu, souhaité.
  • À son corps défendant : Contre son gré, à regret, à contrecœur, malgré soi.
  • Acheter/vendre chat en poche : Conclure un marché sans voir/montrer l’objet de la vente (avec le risque de se faire duper).
  • Adieu, veau, vache, cochon, couvée : Formule généralement citée lorsqu’on doit, avec déception, faire une croix sur ce qu’on espérait.
  • Adorer le veau d’or : Avoir le culte de l’argent et des biens matériels. Courtiser ceux qui sont riches.
  • Aller / battre à Niort : Nier.
  • Aller à Canossa : Céder complètement devant quelqu’un. S’humilier devant quelqu’un.
  • Aller (à quelqu’un) comme un tablier à une vache / comme des guêtres à un lapin : Lui aller très mal.
  • Aller à Tataouine : Aller très loin, au bout du monde. Aller en enfer.
  • Aller à vau-l’eau : Aller à sa perte, péricliter.
  • Aller sur la haquenée des cordeliers : Se déplacer à pied, un bâton à la main.
  • Amis jusqu’aux autels / jusqu’à la bourse : Très amis, tant qu’il n’y a rien de contraire à la religion / qu’il n’est pas question de prêt d’argent.
  • Appeler un chat un chat : Appeler les choses par leur nom. Être franc et direct.
  • Apporter de l’eau au moulin (de quelqu’un) : Donner involontairement des arguments à son interlocuteur au cours d’un débat. Fournir des arguments permettant d’étayer une opinion.
  • Attendre quelqu’un comme les moines l’abbé : Ne pas attendre une personne.
  • Attendre sous l’orme : Attendre très longtemps, en vain.
  • Au creux de la vague : Dans une mauvaise situation psychologique, économique…Au bas de sa popularité (pour un artiste).
  • Au débotté : À l’improviste. Au moment où on arrive.
  • Au diable vauvert : Extrêmement loin.
  • Au doigt mouillé : Très approximativement. De manière très imprécise / empirique.
  • Au marc le franc : Proportionnellement, au prorata.
  • Au pied levé : Sans avoir le temps de se préparer.
  • Au ras des pâquerettes : Sans intérêt, sans envergure. Désolant.
  • Au royaume / pays des aveugles, les borgnes sont rois : Un médiocre paraît remarquable parmi des gens sans valeur. Il est facile pour un ignorant de briller parmi de plus ignorants que lui.
  • Autant que faire se peut : Dans la mesure du possible. Autant que possible.
  • Aux petits oignons : Avec beaucoup de soins et/ou d’attention. Parfait, très bien.
  • Avaler des couleuvres : Subir des affronts, des désagréments sans pouvoir protester. Accepter n’importe quelles déclarations comme des vérités.
  • Avaler des poires d’angoisse : Subir des traitements cruels. Vivre des situations très désagréables.
  • Avoir / mettre le pied à l’étrier : Être / mettre quelqu’un dans une situation favorable à la réussite de quelque chose.
  • Avoir des jambes de faucheur / faucheux : Avoir des jambes très longues.
  • Avoir des oursins dans la poche / le porte-monnaie : Être avare.
  • Avoir des yeux de lynx : Avoir une excellente vue, le regard perçant. Par extension, y voir clair dans les affaires ou dans le comportement des autres.
  • Avoir deux poids et deux mesures : Juger différemment une même chose, selon les personnes, les circonstances, les intérêts…
  • Avoir du chien : Pour une femme, avoir un charme un peu canaille, du sex-appeal.
  • Avoir du pain sur la planche : Avoir beaucoup de travail, de tâches à accomplir.
  • Avoir du sang de navet : Manquer de vigueur ou de courage.
  • Avoir la foi du charbonnier : Avoir une conviction absolue, inébranlable et naïve.
  • Avoir la tête près du bonnet : Se mettre facilement en colère.
  • Avoir l’air de revenir de Pontoise : Avoir l’air confus, troublé. Ne pas comprendre ce qui se passe.
  • Avoir le cœur qui bat la chamade : Avoir le cœur qui s’affole, éprouver une forte attirance pour ou être prêt à succomber au charme d’une personne.
  • Avoir le cœur sur la main : Être généreux.
  • Avoir le compas dans l’œil : Savoir apprécier correctement des distances, des proportions sans prendre de mesures.
  • Avoir le dos au feu et le ventre à table : Être confortablement installé, avoir ses aises pour faire bonne chère.
  • Avoir le feu sacré / Être tout feu tout flamme : De manière générale, éprouver de l’enthousiasme, de la passion. Plus précisément, éprouver pour une activité une passion, un enthousiasme qui permet de la vivre pleinement et de la continuer malgré ses aspects ingrats ou contraignants.
  • Avoir le nez creux : Avoir du flair, deviner à bon escient.
  • Avoir le vent en poupe : Être favorisé par les circonstances, être poussé vers le succès.
  • Avoir les coudées franches : Avoir une entière liberté d’action.
  • Avoir les dents longues : Être très ambitieux.
  • Avoir les deux pieds dans le même sabot : Être embarrassé, incapable d’agir. Être passif, sans initiative.
  • Avoir les yeux de Chimène : Éprouver un fort intérêt ou une passion (pour quelque chose ou quelqu’un).
  • Avoir les yeux plus gros que le ventre : Ne pas être capable de manger tout ce qu’on a demandé à se faire servir. Avoir plus d’appétit apparent que réel. Voir trop grand, exagérer ses capacités.
  • Avoir l’esprit de l’escalier : Manquer de répartie. Ne pas pouvoir ou savoir répliquer sur le moment, mais après coup.
  • Avoir l’estomac dans les talons : Avoir très faim.
  • Avoir maille à partir (avec quelqu’un) : Avoir un différend plus ou moins vif (avec quelqu’un).
  • Avoir un appétit d’oiseau / manger comme un moineau : Manger très peu.
  • Avoir un chat dans la gorge : Être enroué.
  • Avoir un cœur d’artichaut : Tomber facilement et souvent amoureux.
  • Avoir une marotte : Avoir une manie, une idée fixe.
  • Avoir vent de… : Être informé de…
  • Avoir voix au chapitre : être consulté, avoir le droit d’exprimer une opinion, de participer à une délibération. Avoir de l’influence, avoir autorité pour se mêler d’une affaire.

Expressions françaises en B

  • Battre en brèche : Attaquer, réfuter une argumentation, une règle, une décision…Attaquer violemment et systématiquement une personne, ses idées…
  • Battre la campagne : Déraisonner, divaguer, délirer. Parcourir le terrain de chasse dans tous les sens pour faire lever le gibier. Parcourir de grandes étendues à la recherche de quelque chose ou quelqu’un.
  • Battre sa coulpe : Se repentir. Reconnaître ses torts.
  • Bayer aux corneilles : Regarder en l’air, rester sans rien faire.
  • Bête à manger du foin : Complètement idiot, stupide.
  • Bête comme chou : Très facile à faire ou à comprendre, enfantin.
  • Bisque ! Bisque ! Rage ! : Formule enfantine destinée à faire enrager un adversaire et à s’en moquer.
  • Blanchir sous le harnais : Exercer longtemps le même métier. Acquérir une expérience reconnue dans un domaine.
  • Boire comme un templier : Boire avec excès.
  • Boire du petit lait : Éprouver un sentiment de vive satisfaction d’amour-propre.
  • Boire le calice jusqu’à la lie : Souffrir jusqu’au bout un mal ou une douleur. Subir une humiliation complète.
  • Bon sang ne peut / ne saurait mentir : Les qualités ou les défauts des parents se retrouvent chez les enfants. Ce qu’un parent a fait, son enfant le fera.
  • Boucler la boucle : Se retrouver à son point de départ, là ou dans l’état où on était lorsqu’on a commencé quelque chose. Terminer quelque chose.
  • Brûler ses vaisseaux : Accomplir un acte après lequel tout recul, tout revirement est impossible. S’engager dans une entreprise, prendre une décision en s’interdisant de revenir en arrière.
  • Brut de décoffrage / de fonderie : Tel quel, en l’état. À l’état de projet, de brouillon.

Expressions françaises en C

  • Casser du sucre sur le dos (de quelqu’un) : Dire du mal (de quelqu’un) en son absence.
  • Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces : On n’apprend pas la ruse (ou les pièges de son métier) à un homme plein d’expérience.
  • Ce n’est pas une sinécure : Ce n’est pas une situation, un emploi, quelque chose de facile ou de tout repos. Ce n’est pas une mince affaire.
  • Céder au chant des sirènes : Céder à la tentation. Se laisser séduire.
  • Cela va faire du bruit dans Landerneau : C’est une affaire qui va faire beaucoup de bruit. C’est un petit fait qui va provoquer beaucoup de commérages.
  • C’est bonnet blanc et blanc bonnet : Se dit de choses présentées comme différentes, mais en réalité très similaires.
  • C’est fort de café ! : C’est exagéré, excessif, insupportable.
  • C’est le cadet de mes soucis : Cela ne m’importe pas, ne m’intéresse pas du tout, m’est égal.
  • C’est le chien de Jean de Nivelle (qui s’enfuit quand on l’appelle) : S’utilise pour désigner quelqu’un qui se dérobe quand on a besoin de lui ou un lâche.
  • C’est l’hôpital qui se moque / se fout de la charité : S’utilise lorsque quelqu’un se moque, chez un autre, d’un défaut qu’il a lui-même.
  • C’est l’horloge du palais (qui fait comme il lui plaît) : Se dit à propos d’une horloge déréglée.
  • Chacun son métier et les vaches seront bien gardées : Si chacun ne se mêlait que de ce qu’il connaît parfaitement, tout irait pour le mieux.
  • Comme on fait son lit, on se couche : Il faut assumer les conséquences de ses actes. On ne récolte que ce qu’on sème. Le succès dépend des moyens qu’on se donne pour réussir.
  • Compter les étoiles : Entreprendre une action impossible.
  • Contre vents et marées : Malgré tous les obstacles.
  • Convoquer le ban et l’arrière-ban : Convoquer / réunir toutes ses connaissances, ses amis, sa famille.
  • Couper l’herbe sous le pied : Frustrer quelqu’un d’un avantage attendu en le devançant. Empêcher quelqu’un de réussir dans une entreprise en le supplantant.
  • Courir deux / plusieurs lièvres à la fois : Mener de front plusieurs activités, poursuivre plusieurs objectifs, avoir plusieurs partenaires amoureux (au risque de tout faire imparfaitement).
  • Cousu de fil blanc : Très grossier et visible (pour un procédé). Extrêmement prévisible (pour une histoire).
  • Cracher dans la soupe : Afficher du mépris pour ce dont on tire avantage, critiquer ce qui permet d’assurer sa subsistance.
  • Crier haro (sur le baudet) : Manifester publiquement son indignation ou sa réprobation envers quelqu’un ou quelque chose. Désigner quelqu’un (parfois injustement) à la vindicte populaire. Accuser un innocent, désigner un bouc émissaire.
  • Croire dur comme fer : Croire très fermement, sans pouvoir être détrompé.
  • Croiser les doigts : Conjurer le mauvais sort. Faire les vœux les plus ardents pour le succès d’une affaire.

D’où viennent ces expressions ?

Beaucoup d’expressions gardent la trace d’un événement historique, d’un mythe ou d’une œuvre littéraire. Quelques exemples tirés de cette liste :

  • Aller à Canossa : En 1077, l’empereur germanique Henri IV se rend en pénitent au château de Canossa, en Italie, pour obtenir du pape Grégoire VII la levée de son excommunication.
  • Appeler un chat un chat : La formule est popularisée par Boileau dans sa première satire : « J’appelle un chat un chat, et Rolet un fripon ».
  • Adorer le veau d’or : Dans le livre de l’Exode, les Hébreux, lassés d’attendre Moïse, fondent une idole en or et l’adorent au pied du Sinaï.
  • À brûle-pourpoint : Le pourpoint était le vêtement qui couvrait le buste : tirer à brûle-pourpoint, c’était tirer de si près que le tissu brûlait.

Pour aller plus loin, découvrez aussi nos expressions classées par thème, sur les animaux, les couleurs, le cœur, la tête, la main, les locutions latines.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une expression idiomatique ?

C’est une tournure dont le sens ne se déduit pas des mots qui la composent : « avaler des couleuvres » n’a rien à voir avec les serpents.

Quelle différence entre une expression et un proverbe ?

Le proverbe énonce une vérité générale sous forme de phrase complète ; l’expression est une locution qui s’insère dans une phrase.

Pourquoi dit-on « à bâtons rompus » ?

L’image évoque une conversation hachée, sans suite, interrompue sans cesse, comme un bâton brisé en morceaux.

Comment les 4 articles de la série sont-ils organisés ?

Par ordre alphabétique : de A à C, de D à J, de L à R, puis de S à V.

Retrouvez toute la série des expressions françaises :

Citation sur la langue française :

« Curieuse langue française, et prophétique, qui fait commencer l’amour comme la guerre par une déclaration ! »

Jean Simard

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