Manager atypique : un atout maître pour l’entreprise

Dans un monde où la concurrence se mondialise, la capacité des entreprises à se différencier n’a jamais été aussi stratégique. Penser out of the box, s’entourer de talents plus que de simples compétences, accueillir des idées et des comportements originaux devient essentiel. Le manager atypique peut alors faire la différence. Qui est le manager atypique, quels sont ses atouts, et comment intégrer un manager atypique dans une organisation encore très normée ?

Qu’est-ce qu’un manager atypique ?

C’est un manager non conforme, qui n’entre pas dans le moule. Son identité, son parcours professionnel, sa façon de penser ou son comportement diffèrent de ceux de ses pairs : autodidacte, reconverti, venu d’un autre secteur ou d’un autre pays, doté d’une forte personnalité ou d’un mode de pensée singulier.

Il partage beaucoup de traits avec les autres profils atypiques, les rebelles positifs et les multipotentiels. Certains sont aussi neuroatypiques : un regard différent sur les problèmes, qui favorise la créativité et l’innovation, souligne l’Apec.

Pourquoi le manager atypique peut jouer un rôle déterminant

  • il dispose de qualités précieuses dans une économie qui exige flexibilité et adaptabilité ;
  • il apporte un regard neuf et propose des solutions auxquelles personne n’avait pensé ;
  • il a soif d’apprendre et s’investit pleinement dans sa mission ;
  • c’est souvent un passionné, qui entraîne son équipe par son énergie ;
  • habitué à être regardé comme différent, il a appris à encaisser les critiques et à garder le cap ;
  • il accorde une place centrale à la dimension humaine.

Il peut ainsi aider l’entreprise à se positionner là où on ne l’attend pas, à surprendre positivement ses clients et à imaginer de nouvelles expériences.

L’humain au centre de son engagement

Plus attaché à la qualité des relations qu’au rang hiérarchique, il sait motiver ses équipes et partage avec elles des valeurs et des expériences vécues. Il veille à développer l’intelligence émotionnelle de chacun, pour favoriser la coopération et l’épanouissement des talents. Par tempérament, il laisse volontiers une grande liberté d’action à ses collaborateurs, à l’opposé du micromanager.

Nombre de dirigeants autodidactes, à la forte personnalité et au parcours sinueux, ont fait de leur différence un atout. Steve Jobs avait abandonné l’université ; Richard Branson, dyslexique, a quitté l’école à 16 ans avant de fonder Virgin. Souvent passé par des épreuves, le manager atypique s’est forgé une résistance et un caractère solides, au service d’un management humain et concret, proche du management bienveillant.

Pourquoi les entreprises sont mal à l’aise avec les managers atypiques

L’atypisme n’est pas encore reconnu à sa juste valeur. Il se heurte au fonctionnement normé des organisations, à une culture du risque minimal et à l’entre-soi des recrutements. L’entreprise est aussi déstabilisée par des profils dont les motivations ne sont pas d’abord la rémunération, le prestige ou le titre.

Les managers atypiques sont plus difficiles à cerner et à contrôler. Les entreprises très attachées aux normes, aux codes sociaux et aux procédures hésitent donc davantage à leur faire confiance.

Comment intégrer un manager atypique ?

L’entreprise qui veut une démarche plus créative et plus humaine, fondée sur l’intelligence collective, a tout intérêt à passer un contrat moral avec son manager atypique : définir sa mission, ses objectifs et les valeurs partagées, puis le laisser exercer ses talents d’animateur. Il excelle souvent dans le management transversal, qui exige plus d’influence que d’autorité.

Par bien des aspects, il ressemble à certains entraîneurs sportifs iconoclastes, admirés et jalousés, à qui l’on pardonne leurs excentricités tant que les résultats sont au rendez-vous. Pour lui aussi, le juge de paix, ce sont les résultats. Les liens entre sport et entreprise ne s’arrêtent d’ailleurs pas là.

En replaçant l’humain au cœur de l’organisation, le manager atypique peut contrebalancer les effets déshumanisants de la transformation numérique, améliorer l’expérience collaborateur et rendre l’entreprise plus agile. Lisez aussi notre article sur le management au féminin.

Citation :

« Je veux qu’on me distingue ; et pour le trancher net, / L’ami du genre humain n’est point du tout mon fait. »

Molière, Le Misanthrope (1666), acte I, scène 1, Alceste

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