Faut-il écrire cauchemar ou cauchemard ? Le doute vient des mots de la même famille, « cauchemarder » et « cauchemardesque », qui prennent un d. Le nom, lui, n’en prend pas. Voici la bonne orthographe, le sens du mot, son étymologie et une astuce pour ne plus hésiter entre cauchemar ou cauchemard. Car entre cauchemar ou cauchemard, une seule graphie est correcte.
Cauchemar ou cauchemard : la bonne orthographe
On écrit toujours cauchemar, sans d final, au singulier comme au pluriel : un cauchemar, des cauchemars. C’est la seule graphie retenue par le Dictionnaire de l’Académie française et par tous les dictionnaires d’usage. « Cauchemard » est une faute d’orthographe, que les rectifications de 1990 n’ont pas modifiée.
| Correct | Incorrect |
| un cauchemar | un cauchemard |
| des cauchemars | des cauchemards |
| cauchemarder | cauchemarer |
| cauchemardesque | cauchemaresque |
| cauchemardeux, cauchemardeuse | cauchemareux |
Que signifie « cauchemar » ?
Le mot désigne d’abord un rêve pénible ou effrayant, qui provoque de l’angoisse et parfois une sensation d’oppression. Par extension, c’est une situation très pénible, une perspective redoutée ou un souvenir obsédant. Être le cauchemar de quelqu’un, c’est être l’objet de son aversion.
J’ai fait un cauchemar cette nuit. Ce déménagement a tourné au cauchemar. Les maths sont son cauchemar.
Inutile d’écrire « un mauvais cauchemar » : un cauchemar est forcément mauvais. C’est l’un des pléonasmes les plus courants.
D’où vient le mot cauchemar ?
Selon l’Académie française, cauchemar est un mot picard du XIVe siècle, formé de deux éléments : cauche, impératif de l’ancien verbe cauchier, « presser, fouler », issu du latin calcare, et mar, emprunté au moyen néerlandais mare, « fantôme nocturne ». Le cauchemar est donc à l’origine le démon qui vient presser la poitrine du dormeur. On retrouve ce mare dans l’anglais nightmare, rappelle la chronique de l’Académie « Les cauchemars de Caligula ».
Au XVIIe siècle, le mot désigne encore une créature : dans Le Pédant joué (1654), Cyrano de Bergerac cite « le cauchemar » parmi les esprits follets, les loups-garous et les farfadets. Les graphies ont longtemps varié, entre cauchemare et cochemar, et l’on trouve même « cochemard » au XVIIIe siècle, dans une parade de Thomas-Simon Gueullette intitulée L’Amant cochemard. L’orthographe s’est ensuite fixée sans d.
Pourquoi hésite-t-on entre cauchemar ou cauchemard ?
La faute vient des dérivés : cauchemarder (faire des cauchemars), cauchemardesque et cauchemardeux (qui tient du cauchemar) prennent tous un d, que le nom n’a pas. On l’ajoute aussi par analogie avec des mots en -ard comme « bavard » ou « hasard ».
L’astuce : pensez à l’anglais nightmare, qui se termine lui aussi sans d. Le d n’apparaît que lorsque le mot s’allonge : cauchemar, mais cauchemarder.
Il cauchemarde depuis l’accident. Une journée cauchemardesque. Un sommeil cauchemardeux.
Cauchemar ou cauchemard et autres difficultés à ne pas confondre
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Citation :
« Oui, par le ciel ! oui, j’ai fait un rêve ; hélas ! les rois seuls n’en font jamais : toutes les chimères de leurs caprices se transforment en réalités, et leurs cauchemars eux-mêmes se changent en marbre. »
Alfred de Musset, Lorenzaccio (1834), acte III, scène 6, la Marquise