Génération Interbellum (1901-13): une génération d’entre-deux guerres ambivalente

Génération interbellum, les Américains nés de 1901 à 1913

La génération interbellum désigne la cohorte américaine née entre 1901 et 1913. Le mot vient du latin inter et bellum, littéralement entre les guerres, et décrit exactement sa position : trop jeune pour servir pendant la Première Guerre mondiale, trop âgée pour être envoyée en première ligne pendant la Seconde. La génération interbellum occupe ainsi … Lire la suite

Génération perdue (1883-1900) : une génération sacrifiée en quête de sens

Génération perdue , les enfants de 1914 et l'âge du jazz

La génération perdue désigne, selon les théoriciens des générations William Strauss et Neil Howe, la cohorte née entre 1883 et 1900. Devenue majeure pendant la Première Guerre mondiale, la génération perdue a traversé les tranchées avant de connaître les années folles, deux expériences que rien ne préparait à se succéder. L’expression désigne aussi, dans un … Lire la suite

Baby-boomers (1946-64) : la génération des Trente Glorieuses sous pression

Baby-boomers

Les baby-boomers forment la cohorte née entre 1946 et 1964, pendant l’explosion des naissances qui suit la Seconde Guerre mondiale et qui a donné son nom au phénomène. En France, les baby-boomers représentent aujourd’hui environ un cinquième de la population. Aucune autre génération n’a connu une conjonction aussi favorable au moment d’entrer dans la vie … Lire la suite

Cuisine hybride : du cronut au crookie, deux recettes en une

cuisine hybride, le burger

La cuisine hybride consiste à fusionner deux recettes en une seule : un croissant qui devient beignet, un brownie qui devient cookie. Depuis le succès du cronut à New York en 2013, la cuisine hybride s’est répandue dans les pâtisseries du monde entier, jusqu’au crookie qui a fait la queue devant une boulangerie parisienne en … Lire la suite

Transhumanisme : l’homme Dieu ?

Transhumanisme : un visage humain mi-chair mi-circuits électroniques, symbole de l'homme augmenté

Vaincre la maladie, ralentir le vieillissement, repousser la mort : ces rêves, aussi vieux que l’humanité, sont au cœur du transhumanisme. Ce courant de pensée veut utiliser les sciences et les techniques pour dépasser les limites biologiques de l’homme. Porté par les milliardaires de la Silicon Valley, le transhumanisme fascine autant qu’il inquiète. Définition, origines, technologies, acteurs, critiques et cadre légal : voici ce qu’il faut savoir sur le transhumanisme.

Le transhumanisme, de quoi s’agit-il ?

Le transhumanisme est un mouvement intellectuel et culturel qui prône l’usage des progrès scientifiques pour améliorer l’être humain : allonger sa durée de vie en bonne santé, augmenter ses capacités physiques et intellectuelles, voire fusionner l’homme et la machine. Pour ses partisans, comme le philosophe suédois Nick Bostrom, chacun devrait pouvoir choisir librement de recourir à ces technologies, explique-t-il sur son site.

Ses critiques y voient une « techno-religion » qui fait de l’homme son propre dieu. Certains transhumanistes visent une forme d’« amortalité » : une vie sans vieillissement, où l’on ne mourrait plus que par accident. Le gérontologue britannique Aubrey de Grey estime ainsi que la première personne qui vivra plus de 1 000 ans est probablement déjà née, rapporte Business AM. Une prédiction très contestée par la communauté scientifique.

Transhumanisme et posthumanisme

On distingue souvent le transhumanisme, qui veut améliorer l’homme, du posthumanisme, qui envisage l’apparition d’une nouvelle espèce, une humanité « d’après », profondément transformée par la technique, voire remplacée par des intelligences artificielles.

Aux origines du transhumanisme

Le mot a été popularisé en 1957 par le biologiste britannique Julian Huxley, premier directeur général de l’Unesco et frère de l’écrivain Aldous Huxley, dans son livre New Bottles for New Wine, rappelle le site consacré à Huxley. Il y défend l’idée d’une humanité capable de diriger sa propre évolution.

Le courant s’organise à partir des années 1980 en Californie, avec le mouvement extropien, puis l’Association transhumaniste mondiale, fondée en 1998 et devenue Humanity+. L’ingénieur Ray Kurzweil, recruté par Google en 2012, popularise l’idée de « singularité » : le moment où l’intelligence artificielle dépasserait l’intelligence humaine, qu’il situe vers 2045. Pour l’Institut Montaigne, la Silicon Valley a offert au transhumanisme libertarien un terrain idéal, où l’amélioration humaine devient un produit de consommation.

Les technologies de l’homme augmenté

Le transhumanisme s’appuie sur la convergence de quatre grands domaines, souvent résumée par l’acronyme NBIC : nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives. Parmi les pistes explorées :

  • l’édition du génome, notamment grâce aux ciseaux moléculaires CRISPR-Cas9, qui permettent de modifier l’ADN avec précision ;
  • les cellules souches et la médecine régénérative, pour réparer ou remplacer les tissus abîmés ;
  • les prothèses bioniques et les exosquelettes, qui restaurent ou augmentent les capacités physiques ;
  • les interfaces cerveau-machine, qui relient directement le cerveau à un ordinateur ;
  • l’
  • intelligence artificielle
  • , à laquelle certains rêvent de « télécharger » un jour leur esprit ;
  • la cryogénisation, qui consiste à conserver des corps à très basse température dans l’espoir de les ranimer un jour, sans aucune preuve scientifique que ce soit possible.

Certaines de ces technologies ont d’abord une finalité médicale. La société Neuralink, fondée par Elon Musk, a ainsi implanté sa puce cérébrale chez 27 patients, souvent paralysés, qui peuvent contrôler un ordinateur ou un fauteuil roulant par la pensée, selon DiarioBitcoin en juillet 2026. Toute la question est de savoir où s’arrête la réparation et où commence l’augmentation. Pour aller plus loin, découvrez la robolution et la deep tech.

La Silicon Valley à l’assaut de la mort

Les géants de la tech investissent des sommes considérables dans la lutte contre le vieillissement. Google (aujourd’hui Alphabet) a créé dès 2013 la société Calico, consacrée aux mécanismes du vieillissement. En 2022, la start-up Altos Labs s’est lancée avec 3 milliards de dollars, cofondée notamment par l’investisseur Yuri Milner, rapporte The Economist. Le patron d’OpenAI, Sam Altman, a quant à lui investi 180 millions de dollars dans Retro Biosciences, qui veut ajouter dix ans à l’espérance de vie en bonne santé, selon Fortune.

Ces recherches restent pour l’instant très loin de leurs promesses : aucune n’a encore permis d’allonger significativement la durée de vie humaine.

Les critiques du transhumanisme

Le transhumanisme soulève de nombreuses questions philosophiques, sociales et morales. En 2004, le politologue américain Francis Fukuyama l’a qualifié d’« idée la plus dangereuse du monde » dans la revue Foreign Policy : selon lui, l’égalité des droits repose sur une nature humaine commune que l’amélioration technologique mettrait en péril.

D’autres critiques pointent le risque d’une humanité à deux vitesses, entre ceux qui pourront s’offrir ces technologies et les autres, la tentation de l’eugénisme, ou encore le refus de la vulnérabilité et de la finitude, qui font pourtant partie de la condition humaine. L’affaire des bébés génétiquement modifiés a montré ces dérives : en novembre 2018, le chercheur chinois He Jiankui a annoncé la naissance de jumelles dont il avait modifié l’ADN. Il a été condamné à trois ans de prison en décembre 2019, rapporte Allodocteurs.

Ces débats rejoignent ceux sur les villes intelligentes ou l’hyper-réalité numérique : jusqu’où laisser la technologie transformer nos vies ? Une question qui concerne au premier chef la génération alpha.

Ce que dit la loi en France

En France, les lois de bioéthique interdisent toute modification du patrimoine génétique transmissible à la descendance. L’article 16-4 du Code civil proscrit ainsi toute pratique eugénique et toute transformation des caractères génétiques dans le but de modifier la descendance. La convention d’Oviedo du Conseil de l’Europe, ratifiée par la France, n’autorise une intervention sur le génome humain que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques, et à condition qu’elle ne touche pas la descendance, rappelle une réponse ministérielle publiée par l’Assemblée nationale.

Entre promesses médicales réelles et fantasmes d’immortalité, le transhumanisme oblige ainsi à redéfinir ce qui fait l’humain.

Citation :

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

François Rabelais, Pantagruel (1532), chapitre VIII

Bon pain : les artisans boulangers font de la résistance face au pain industriel

Bon pain artisanal : miches au levain et baguettes de tradition sur le comptoir d'une boulangerie

Aliment de base depuis des millénaires, le pain reste un symbole de la gastronomie française, mais les Français en mangent de moins en moins. Face aux chaînes et aux terminaux de cuisson, les artisans boulangers misent sur le bon pain : farines choisies, levain, fermentation lente et cuisson soignée. Comment le bon pain fait-il de la résistance, et qu’est-ce qu’un bon pain aujourd’hui ?

Selon les chiffres repris par Futura Sciences, un Français mangeait environ 900 g de pain par jour en 1900, 375 g en 1950, 153 g en 2000 et seulement 120 g environ aujourd’hui.

Pourquoi les Français mangent-ils moins de pain ?

Plusieurs raisons expliquent cette désaffection :

  • l’évolution des modes de vie et des habitudes alimentaires : le petit déjeuner se simplifie ou se saute, le déjeuner se prend souvent hors de chez soi et le dîner s’accompagne de moins de pain ;
  • le succès des régimes sans gluten ou pauvres en glucides, et des cuisines du monde qui se passent de pain ;
  • une qualité inégale : un pain industriel blanc, vite fermenté, rassit vite et a peu de goût ;
  • la hausse du prix : selon
  • l’Observatoire de la formation des prix et des marges
  • , la baguette courante est passée d’environ 3,50 € le kilo entre 2016 et 2020 à environ 4,05 € le kilo en 2025.

Le bon pain, un plaisir plus qu’une habitude

La consommation de pain devient moins quantitative et plus qualitative. On achète moins de pain, mais on le choisit davantage pour son goût, sa croûte et sa mie. Une demande croissante, bien que minoritaire, se tourne vers des pains sains, naturels et biologiques, au levain, riches en fibres et aux saveurs authentiques.

Le pain du quotidien, lui, se partage entre plusieurs circuits : boulangeries artisanales, chaînes de boulangerie, terminaux de cuisson et rayons des grandes surfaces. Les artisans réalisent encore environ la moitié des achats de pain des Français, et la France compte environ 30 000 boulangeries artisanales.

Ce que dit la loi : boulanger, pain maison et pain de tradition

En France, plusieurs mots sont protégés. Depuis la loi du 25 mai 1998, seul peut se dire boulanger celui qui assure lui-même, sur le lieu de vente, le pétrissage de la pâte, sa fermentation, son façonnage et la cuisson du pain, sans jamais le surgeler. Le décret du 13 septembre 1993 réserve l’appellation pain maison au pain entièrement pétri, façonné et cuit sur place.

Le même décret définit le pain de tradition française : il n’est fait que de farine de blé, d’eau, de sel et de levure ou de levain, sans additifs, et n’a jamais été surgelé. Pour reconnaître un pain artisanal d’un pain industriel, voyez notre article pains, croissants et gâteaux : artisanal ou industriel.

Enfin, le 30 novembre 2022, l’UNESCO a inscrit le savoir-faire artisanal et la culture de la baguette de pain au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, comme le rappelle le ministère de la Culture.

Les artisans boulangers réinventent le bon pain

Souvent concurrencés sur la viennoiserie et la pâtisserie par les produits industriels, les boulangers font de la résistance sur le pain. Certains revoient toute la chaîne de fabrication et utilisent :

  • des farines biologiques, issues de blés anciens ou de semences paysannes, moulues sur meule de pierre ;
  • des levains naturels entretenus à la boulangerie ;
  • un pétrissage lent, une fermentation longue et une cuisson au four à sole.

D’autres, véritables boulangers créateurs, se lancent dans :

  • des recettes originales, comme des pains signature au levain, au foin, au thé vert, au charbon végétal ou aux fruits secs ;
  • des farines anciennes ou nouvelles : épeautre, petit épeautre, seigle, sarrasin, maïs ou khorasan, vendu sous la marque Kamut.

Leur objectif : proposer de nouveaux accords, des textures différentes et des arômes plus riches. Pour mieux connaître ces ingrédients, voyez nos guides des types de farine et des différents types de levure.

La boulangerie, un lieu de vie du matin au soir

Forts de leurs atouts, une image d’artisan, un emplacement de proximité et une clientèle fidèle, les boulangers soignent l’expérience client. Leur boutique devient un lieu de vie adapté à chaque moment de la journée :

  • le petit déjeuner, avec des viennoiseries à emporter ;
  • la pause du matin, avec un coin café ;
  • le déjeuner, debout, au comptoir ou avec des places assises ;
  • le goûter, avec un espace détente ;
  • le dîner, avec des plats à emporter et un rayon traiteur.

On y trouve des formules et des menus complets, des produits traiteurs à réchauffer, des vitrines qui changent selon les saisons, des opérations spéciales pour les fêtes, la livraison et la commande en ligne à retirer en boutique.

Quel avenir pour le bon pain ?

Ces évolutions sont nécessaires pour enrayer la baisse de la consommation. Avec l’industrialisation du pain, le risque est réel d’une boulangerie à deux vitesses : l’une artisanale, naturelle et de grande qualité, réservée à une minorité, l’autre industrielle et banale pour le reste de la population. À moins qu’une voie moyenne ne se dessine, portée par des générations de plus en plus attentives à leur santé et à l’environnement.

Faire son bon pain à la maison

Le pain se fait aussi chez soi, avec de la farine, de l’eau, du sel et de la levure ou du levain. Essayez notre baguette maison, notre pain de campagne, le pain complet, le pain rustique ou le pain sans pétrissage, et pour les intolérants, notre pain sans gluten. Pour bien régler votre four, consultez nos températures de four, et découvrez l’origine de l’expression avoir du pain sur la planche.

Citation :

« Ce peuple qui donnait autrefois l’empire, les faisceaux, les légions, tout enfin, aujourd’hui se tient tranquille et ne désire plus avidement que deux choses : du pain et les jeux du cirque. »

Juvénal, Satires, X, vers 78-81

Vegan : un mode de vie respectueux des animaux et de l’environnement

Vegan : une assiette de légumes, légumineuses et céréales, sans aucun produit d'origine animale

Le vegan ne se résume pas à une assiette sans viande : c’est un mode de vie qui refuse, autant que possible, toute forme d’exploitation des animaux, de l’alimentation aux vêtements en passant par les cosmétiques. En France, le mouvement reste minoritaire : selon une enquête menée en 2020 auprès de 15 000 personnes pour … Lire la suite

Génération grandiose (1911-24) : la plus grande des générations ?

Génération grandiose

La génération grandiose désigne la cohorte née entre 1914 et 1924, celle qui a grandi dans la Grande Dépression, combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, puis bâti la prospérité de l’après-guerre. L’expression traduit the greatest generation, formule du journaliste américain Tom Brokaw dans son livre de 1998. Parents des baby-boomers et enfants de la génération … Lire la suite

Artisanal ou industriel : comment reconnaître le pain, les croissants et les gâteaux

Croissants artisanaux ou industriels : croissant coupé montrant son feuilletage en nid d'abeille

Pain, croissant ou éclair : artisanal ou industriel ? Dans les boulangeries-pâtisseries, la fabrication industrielle gagne du terrain, surtout en viennoiserie, et rien ne l’indique toujours au client. Voici ce que dit la loi, et comment savoir si un produit est artisanal ou industriel, à l’œil, au nez et en bouche. Car pour le pain … Lire la suite

Kendrick Lamar : biographie, albums et parcours du rappeur

Kendrick Lamar sur scène, micro en main, lors d'un concert

Kendrick Lamar est l’un des artistes les plus importants de sa génération, tous genres confondus. Né le 17 juin 1987 et élevé à Compton, dans la banlieue de Los Angeles, Kendrick Lamar a fait du rap un art du récit, de l’introspection et de l’engagement. Premier musicien hors du classique et du jazz à recevoir le prix Pulitzer de musique, tête d’affiche du spectacle de la mi-temps du Super Bowl en 2025, Kendrick Lamar est devenu en 2026 le rappeur le plus récompensé de l’histoire des Grammy Awards.

De l’enfance à Compton aux sommets de la musique mondiale, voici le parcours, le style et la discographie d’un rappeur qui ne ressemble à aucun autre.

Kendrick Lamar, une enfance à Compton

Kendrick Lamar Duckworth grandit à Compton, ville longtemps marquée par la pauvreté, les guerres de gangs et le trafic de drogue. Ses parents, venus de Chicago, s’y installent au milieu des années 1980. Il raconte dans ses chansons une enfance modeste, la violence du quartier et l’engrenage qui guette chaque adolescent de Compton.

  • Un choc fondateur : à huit ans, il assiste au tournage du clip California Love de Tupac Shakur et Dr. Dre, dans les rues de Compton. Il a souvent décrit ce moment comme celui où il a compris ce que la musique pouvait représenter.
  • Les débuts : adolescent, il commence à rapper sous le nom de K-Dot, avant de signer chez le label indépendant Top Dawg Entertainment, puis de revenir à son vrai nom.
  • Un témoin plutôt qu’un acteur : entouré d’amis pris dans la délinquance, il choisit la musique pour échapper au destin qu’on lui promettait, une tension qui nourrit toute son œuvre.

Compton, berceau du gangsta rap

Compton est le berceau du gangsta rap, apparu à la fin des années 1980 avec le groupe N.W.A, formé notamment par Dr. Dre, Ice Cube et Eazy-E, et son album Straight Outta Compton (1988). Dans les années 1990, Snoop Doggy Dogg, Tupac Shakur ou Coolio prolongent ce courant, que The Game perpétue dans les années 2000.

Ce rap raconte la vie des jeunes Afro-Américains des banlieues de Los Angeles : la violence, la drogue, la défiance envers la police, l’argent et la survie. Kendrick Lamar en hérite les décors, mais il en renverse souvent le regard : là où le gangsta rap glorifiait parfois la rue, il en montre les blessures et les contradictions.

Un rappeur à part

Kendrick Lamar ne correspond pas au profil type de la star du rap. Discret, peu présent dans les médias, il vit depuis le lycée avec la même compagne, Whitney Alford, avec qui il a deux enfants. Son art tient en quelques qualités qui le distinguent.

  • Une grande qualité d’écriture : ses textes forment de véritables histoires, avec un début, un cœur et une fin, comme des courts-métrages. Engagés contre les discriminations, honnêtes et introspectifs, ils racontent aussi ses doutes, ses peurs et ses conflits intérieurs, avec un goût marqué pour les doubles sens et les jeux de mots.
  • Un phrasé hors norme : il se sert de sa voix comme d’un instrument, change de débit, d’intonation et même de personnage d’un couplet à l’autre, pour coller au récit et au rythme.
  • Un improvisateur redoutable : dans la lignée d’Eminem, de Nas ou de Jay-Z, il excelle dans le freestyle.
  • Une musique très travaillée : entouré de producteurs de premier plan, dont Dr. Dre, et de musiciens comme le saxophoniste Kamasi Washington ou le bassiste Thundercat, il puise dans toute la musique afro-américaine, du jazz au funk, de la soul au gospel.

La discographie de Kendrick Lamar

Chacun de ses albums est pensé comme un concept, avec ses personnages, son histoire et son univers sonore.

  • Section.80 (2011) : premier album, consacré à sa génération, avec les thèmes du racisme et de l’addiction.
  • good kid, m.A.A.d city (2012) : présenté comme un « court-métrage », l’album raconte une journée de son adolescence à Compton vers 2004. Le jeune homme influençable résiste à la pression de la rue et devient témoin de sa violence. Un véritable film noir, peuplé de personnages aux points de vue opposés.
  • To Pimp a Butterfly (2015) : une réflexion sur son statut de figure de la communauté noire, ses failles et ses démons. Imprégné de jazz, de funk et de soul, l’album est salué comme l’un des plus importants de la décennie, et son titre Alright devient un hymne des manifestations contre les violences policières.
  • untitled unmastered. (2016) : un recueil de maquettes inédites issues des sessions de To Pimp a Butterfly.
  • DAMN. (2017) : plus direct, avec des morceaux plus courts aux refrains percutants, l’album parle de famille, de foi, de peur et de violence, et lui vaut le prix Pulitzer.
  • Black Panther: The Album (2018) : la bande originale du film de Marvel, qu’il supervise et produit.
  • Mr. Morale & the Big Steppers (2022) : un double album introspectif, presque une séance de thérapie, sur les traumatismes, la famille et la paternité.
  • GNX (2024) : sorti par surprise en novembre 2024, un retour aux sons de la côte Ouest, porté notamment par luther, en duo avec SZA.

Le prix Pulitzer, une première pour le rap

En avril 2018, DAMN. reçoit le prix Pulitzer de musique. C’est la première fois que la récompense, jusque-là réservée à la musique classique et au jazz, distingue un album de rap. Le jury salue une œuvre qui capte la complexité de la vie afro-américaine moderne. Pour beaucoup, ce prix consacre l’entrée du hip-hop dans la culture savante, et fait de Kendrick Lamar l’un des grands auteurs de son temps.

Kendrick Lamar, de Not Like Us au Super Bowl

  • 2024, le clash avec Drake : au printemps 2024, la rivalité entre les deux rappeurs éclate au grand jour. Le titre Not Like Us devient un phénomène mondial et l’emblème de ce conflit.
  • 2025, la consécration : Not Like Us remporte cinq Grammy Awards, dont l’enregistrement et la chanson de l’année. Le 9 février 2025, Kendrick Lamar assure le spectacle de la mi-temps du Super Bowl à La Nouvelle-Orléans, avec SZA en invitée, puis les deux artistes enchaînent une tournée commune record, le Grand National Tour.
  • 2026, le record : lors de la 68e cérémonie des Grammy Awards, le 1er février 2026, il remporte cinq nouveaux trophées, dont l’enregistrement de l’année pour luther et le meilleur album rap pour GNX. Avec 27 Grammy Awards, il dépasse Jay-Z et devient le rappeur le plus récompensé de l’histoire de la cérémonie.

Questions fréquentes

Quel est le vrai nom de Kendrick Lamar ?

Son nom complet est Kendrick Lamar Duckworth. Il a débuté sous le pseudonyme K-Dot avant d’adopter ses deux prénoms comme nom de scène.

Pourquoi a-t-il reçu le prix Pulitzer ?

Il l’a reçu en 2018 pour l’album DAMN., devenant le premier artiste hors classique et jazz récompensé par le Pulitzer de musique.

Combien de Grammy Awards a-t-il gagnés ?

Après la cérémonie du 1er février 2026, il totalise 27 Grammy Awards, un record pour un rappeur.

Par quel album commencer ?

good kid, m.A.A.d city est la porte d’entrée idéale pour découvrir son art du récit. To Pimp a Butterfly montre ensuite toute l’ambition musicale de son œuvre.