Phytothérapie, acupuncture, ostéopathie, sophrologie ou yoga : les médecines douces, aussi appelées médecines alternatives, naturelles ou complémentaires, regroupent des centaines de pratiques. Les autorités de santé parlent de pratiques de soins non conventionnelles. Voici un tableau général des médecines douces, leur statut en France et les précautions à prendre, car les médecines douces ne remplacent jamais un traitement médical.
Selon Santé.fr, le site public d’information en santé, 4 Français sur 10 ont recours à ces médecines dites alternatives, dont 60 % des personnes atteintes d’un cancer, et l’on recense plus de 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique.
Qu’appelle-t-on médecines douces ?
Certaines sont très anciennes, comme la phytothérapie ou l’acupuncture, d’autres plus récentes, comme l’homéopathie, née à la fin du XVIIIe siècle, ou l’ostéopathie, à la fin du XIXe. Elles ont en commun de ne pas faire partie de la médecine conventionnelle, enseignée et évaluée scientifiquement. Pour la plupart, leur efficacité n’est pas démontrée scientifiquement, ou seulement pour certains usages, comme la détente ou la gestion du stress.
Elles sont surtout utilisées en complément de la médecine classique, pour soulager certaines douleurs, l’anxiété ou les effets secondaires d’un traitement. Beaucoup de patients y trouvent aussi le sentiment d’être acteurs de leur santé.
Des statuts très différents en France
Contrairement à une idée reçue, toutes ne sont pas hors de tout contrôle :
- l’ostéopathie et la chiropraxie sont des titres réglementés, réservés aux praticiens formés dans des écoles agréées ;
- l’acupuncture et l’hypnose médicale sont pratiquées par des médecins et d’autres soignants, avec des diplômes universitaires ;
- les cures thermales sont prescrites par un médecin et en partie prises en charge par l’Assurance maladie ;
- l’homéopathie, elle, n’est plus remboursée depuis le 1er janvier 2021, faute de preuve suffisante de son efficacité ;
- la plupart des autres pratiques, enfin, ne font l’objet d’aucun diplôme reconnu par l’État.
Tableau général des médecines douces
Voici les principales pratiques, regroupées par famille. Les noms en lien renvoient vers un article plus détaillé.
| Famille | Pratiques |
| Plantes et substances naturelles | Phytothérapie, aromathérapie, homéopathie, naturopathie, détox |
| Méthodes corps-esprit | Yoga, qi gong, sophrologie, méditation, méthode Pilates, hypnose |
| Pratiques manuelles | Ostéopathie, chiropraxie, étiopathie, réflexologie, shiatsu, jin shin jyutsu, massages, drainage lymphatique, fasciathérapie, méthode Mézières |
| Médecines traditionnelles | Acupuncture, médecine traditionnelle chinoise, ayurveda |
| Eau, soleil et énergie physique | Thermalisme, balnéothérapie, thalassothérapie, héliothérapie, électrothérapie |
| Arts, rire et animaux | Art-thérapie, musicothérapie, sonothérapie, rigolo-thérapie, médiation animale |
| Pratiques controversées | Magnétisme, magnétothérapie, radiesthésie, chromothérapie, guérisseurs, rebouteux, programmation neurolinguistique |
La psychanalyse, parfois rangée dans ces listes, relève plutôt des psychothérapies. Le titre de psychothérapeute est d’ailleurs réglementé en France.
Médecines douces : les précautions à prendre
Leur usage ne doit jamais retarder ni remplacer un traitement médical. Certaines pratiques, mal employées, peuvent être dangereuses : des huiles essentielles ou des plantes peuvent interagir avec des médicaments, et une manipulation du cou mal faite n’est pas sans risque. Avant de commencer, parlez-en à votre médecin, vérifiez la formation du praticien, et méfiez-vous de quiconque promet de guérir une maladie grave ou vous conseille d’arrêter vos traitements.
La santé est le premier domaine de signalement à la Miviludes, la mission de lutte contre les dérives sectaires, avec 37 % des signalements, rapporte Santé mentale. Depuis la loi du 10 mai 2024, inciter une personne malade à abandonner ou à refuser un traitement médical est un délit.
Bien-être au quotidien
Sans prétention médicale, de simples gestes de détente font du bien : la respiration carrée, les bains de forêt ou même la larmothérapie, quand pleurer soulage.
Citation :
« Avoir, dans les maladies, deux choses en vue : être utile, ou du moins ne pas nuire. »
Hippocrate, Épidémies, livre I, traduction d’Émile Littré