SMART CITIES : villes du futur ou dystopie ?

La moitié de la population mondiale vit dans de grands centres urbains qui émettent 80% des gaz à effet de serre. Cette part pourrait grimper à 70% en 2050.  Les questions d’organisation, d’optimisation des coûts, de développement durable et de qualité de vie en ville vont se devenir primordiaux. Ayant déjà connu quelques concrétisations par le passé, le concept de « smart city » tente … Lire la suite

RADIOHEAD : un groupe mythique au delà du rock

Radiohead est un groupe de rock alternatif britannique fondé en 1985 par cinq musiciens originaires d’Abingdon près d’Oxford. Connaissant un succès planétaire dès 1992 avec leur single Creep, ils vont se lancer au fil des albums dans une quête de sonorités et d’arrangements originaux, délivrant une musique protéiforme, hors-norme et émouvante.
Le groupe attache un soin méticuleux aux rythmes, aux mélodies, aux textes qui dépeignent l’aliénation sociale, la perte de repères, l’isolement ou le désenchantement.
A chacune de ses productions, Radiohead fait l’histoire du pop/rock, dans la lignée des Pink Floyd, Rolling Stones, Beatles ou David Bowie.
Pionnier de la distribution alternative (notamment sur internet), maîtrisant leur communication et leur marketing, leur indépendance économique garantit une liberté, intégrité et créativité musicale hors norme.
Radiohead est avant tout une alchimie parfaite de cinq musiciens d’exception jouant ensemble depuis le lycée.
Thom Yorke, né en 1968, est le leader du groupe.
Chanteur, principal compositeur, il est le deuxième guitariste et un des pianistes du groupe. C’est un être musical total, un musicien hors pair. Ultra perfectionniste, vocaliste aux tonalités aiguës déchirantes, il compose des mélodies aériennes, des refrains entêtants et des textes poétiques qui dépeignent la perte de repères et le malaise des êtres dans notre société moderne déshumanisée.
Jonny Greenwood, né en 1971, est le deuxième membre clé du groupe. Guitariste principal, considéré comme l’un des plus grands guitaristes de tous les temps, c’est un compositeur, multi-instrumentiste et touche à tout génial (orgue, piano, xyophone, synthétiseur, ondes Martenot…). Influencé par la musique classique du XXe siècle, expert en musique assistée par ordinateur, c’est amateur de gros son, de distorsion et d’arrangements orchestraux.
Ed O’Brien, né en 1968, est le troisième guitariste, également considéré comme un des meilleurs guitaristes modernes. Spécialiste des effets en direct sur le chant et la partie instrumentale, il assure également des parties chant.
Colin Greenwood, né en 1969, a fondé avec Tom Yorke un premier groupe punk TNT à l’âge de treize ans. Il joue de la guitare basse.
Phil Selway, né en 1967, est le batteur du groupe. Il a un jeu extrêmement précis qui constitue une des composantes fondamentales du son du groupe. Il s’adjoint parfois les services de Clive Deamer, batteur additionnel, jouant également pour Portishead ou Damien Saez.
Nigel Godrich, né en 1971, est le producteur, arrangeur, mixeur. Il est souvent considéré comme le « sixième membre » du groupe. Très psychologue, il est le garant de la cohésion d’un groupe aux personnalités très fortes débordant de créativité.
Depuis ses débuts, Radiohead, est animé par une quête insatiable de sonorités nouvelles. Il n’a cessé d’enchainer les albums « culte », oscillant entre un rock progressif très élaboré, facile d’accès et efficace, et une musique avant gardiste, très électronique et plus hermétique.
Pablo Honey (1993)
Inspiré par le post punk de Joy Division, la pop mélancolique des Cure ou le sens rythmique des Pixies, cet album rock, joué en formation rock classique (trois guitaristes, une basse, une batterie) délivre des mélodies et des refrains efficaces. Il connaîtra un succès planétaire grace au morceau Creep qui deviendra la référence de toute une génération.
Plutôt inégal, cet album dénote un potentiel musical important.
The Bends (1995)
Cet album plus mature développe un rock mélodique et émouvant. La voix de Thom Yorke est perchée dans les aigus, l’instrumentation folk et électrique gagne en qualité et efficacité. La plupart des morceaux deviendront des classiques du rock.
OK computer (1997)
Composé dans un manoir soi-disant hanté, cet album constitue un tournant majeur pour le groupe. Exprimant l’aliénation sociale des êtres dans notre société moderne déshumanisée et informatisée, chaque morceau est d’une amplitude et d’une richesse musicale hors norme. Passant de l’acoustique à la distorsion, cet album est porté par la voix déchirante de Thom Yorke. Le calibrage rigoureux des mélodies et la rythmique claire et efficace nous portent vers un ailleurs musical sublime et émouvant.
Kid A et Amnesiac (1999-2001)
Dans ces albums, sortis à quelques mois d’intervalle, le groupe va s’imposer un renouvellement musical radical passant par l’expérimentation électronique et le free jazz. La voix de Thom Yorke est déformée au moyen d’effets et les samples remplacent les guitares.
Même si Kid A est considéré par Rolling Stones comme le meilleur album de la décennie 2000, les morceaux très électroniques tutoient souvent l’inaudible ou la monotonie.
Censés refléter la vision musicale d’un feu de loin et celle au sein de ce même feu, ces deux albums déroutent et déçoivent.
Hail to the Thief (2003)
Dans cet album, l’exercice laborieux de recherche d’une perfection musicale très électronique est délaissé au profit d’une approche plus instinctive, spontanée, rock. Les textes, rageurs contre la société et ses responsables politiques participent à une musique plus impulsive et moins réfléchie. La voix brute déchirante de Thom Yorke est de retour. Les guitares saturées et les basses libérées associées à des boites à rythme et du sampling témoignent d’une synthèse réussie entre l’électro et le rock alternatif ;
In Rainbows (2007)
Dans cet album, la recherche de la spontanéité et de l’essentiel prend à nouveau le dessus sur l’ultra-perfectionnisme. Cet album se focalise sur le rythme, la mélodie et la simplicité. Le rendu est proche du diamant brut avec ses imperfections, ses aspérités et ses morceaux d’anthologie.
Le groupe devenu indépendant, après avoir rompu avec sa maison de disque EMI, innove en distribuant cet album sur internet (par téléchargement d’abord puis laissant la possibilité de commander sur le site un CD).
Cette expérience pionnière rencontre un grand succès.
King of the Limbs (2011)
Pour fuir la routine du format chanson, cet album aux rythmes complexes, aux riches textures sonores et aux complaintes répétitives, se perd dans la musique électronique et les chants déchirants monotones.
A Moon shaped Pool (2016)
Ce dernier album, plus rock progressif qu’électronique, très finement organisé, marque le retour à la dimension orchestrale, à l’instrumental, à la fermeté et la grâce vocale. Les thèmes portent sur le désenchantement, le malaise, le point de non-retour ou la déviation. Ils sont sublimés par une composition précise et inspirée, justifiant le statut hors norme du groupe.
Alliant grande maîtrise et créativité musicale, il réussit l’amalgame de formats mélodieux classiques et de sonorités avant-gardistes.
Radiohead apparaît comme l’un des groupes les plus originaux et les plus importants de ces vingt cinq dernières années. En quête permanente d’un au delà du rock sensible, mélodieux et viscéral, Radiohead est une des rares formations à pouvoir, à chacune de ses créations, transporter son public vers des territoires musicaux inédits, captivants et bouleversants. 

AI WEIWEI : artiste entrepreneur 2.0.

Ai Weiwei, dissident libéral-libertaire, utilise la caisse de résonance des réseaux sociaux pour faire connaître et prospérer son entreprise artistique.
Nourri à Duchamp ou Warhol, il incarne l’artiste entrepreneur 2.0. ayant érigé ses installations et ses tentatives plastiques en happenings spectaculaires.
AI Weiwei a compris très tôt que l’art contemporain pouvait être une façon et un moyen de vivre confortablement.
Adulé par nombre de curateurs et d’amateurs fortunés, il a fait de son art un puissant outil de marché et de communication.
Le héros travaillant à l’émancipation de tous, le porte-voix de la contre-culture s’est révélé être un redoutable homme d’affaires. Il fait travailler des dizaines de petites mains pour nourrir ses projets d’entertainment artistique.
En cela, il est en parfaite adéquation avec l’individualisme et les nécessités commerciales du moment.
Brillant communiquant, il a su profiter de son statut de rebelle pour se faire un nom, devenir une marque.
Le Kyoto Journal disait récemment qu’« Ai Weiwei était au XXIe siècle ce que Picasso était au XXe siècle ».
Ses actes politiques et artistiques sont relayés à la perfection par les médias sociaux. Ceux-ci en ont fait une icône de la société de l’information, un producteur d’émotions provoquées par ses installations marquantes.
Si on ne peut nier sa capacité à surprendre, divertir ou indigner, la valeur esthétique de ses œuvres pose question.
La personnalité charismatique de l’artiste et l’émotion suscitée par ses performances-choc semblent contribuer fortement à la valeur de ses œuvres.
Cette forme d’art action, troublant et touchant l’âme humaine par des canaux digitaux parait loin de l’art tel que l’envisageait Kandinsky, cette puissance dont le but est de développer et d’améliorer l’âme humaine.
Il semble néanmoins coller à l’air du temps, plus instable et émotionnel, influencé par les nouvelles attentes des générations digitales.
Tant qu’il n’anesthésie pas le jugement esthétique et critique, éveille les consciences et agite les passions, ne remplit-il pas une des fonctions essentielles de l’art?

Citation sur l’art :

« L’art illumine ce qui ternit dans l’ombre. »

Nicolas Robert

ET SI ON PARLAIT FRANCAIS – N°2

Nous utilisons parfois certains mots ou expressions de façon incorrecte. Quelques exemples d’erreurs courantes : MOT/EXPRESSION INCORRECT CORRECT Achalandé Qui a beaucoup de marchandises Qui a beaucoup de clients Avoir droit au chapitre Avoir voix au chapitre N/A Bon an mal an Tant bien que mal L’un dans l’autre, en moyenne Conséquent Important Avec conséquence, … Lire la suite

STREET ART : un art de rue démultiplié par le numérique

Récemment légitimé, voire récupéré par le marché de l’art, le street art connait un fort engouement public et professionnel, démultiplié par l’internet et le numérique. De quoi s’agit-il ? Né aux États-Unis dans les années 1970, le street art regroupe les expressions artistiques (images, signatures visuelles) réalisées dans la rue, autres que celles appartenant à l’art graffiti … Lire la suite

OTONA MAKI : une technique de relaxation emballante !

Inventée par Nobuko Watanabe, sage-femme à l’origine d’une ceinture de maternité très populaire au Japon, l’otona maki est une technique de relaxation basée sur l’enveloppement ou emmaillotage des adultes dans des draps blancs aérés. Elle s’inspire de l’ohina maki, technique d’emmaillotage des bébés dans un tissu de mousseline, censée favoriser leur développement physique. Elle a … Lire la suite

VIDEO PROGRAMMATIQUE : l’avenir de la publicité

Les années 2010 ont vu l’avènement de la publicité sous forme de vidéo en ligne à l’impact bien supérieur à celui d’une simple bannière. Les multiples possibilités d’individualisation et d’interaction s’adaptent parfaitement aux nouveaux usages des utilisateurs qui délaissent de plus en plus la publicité télévisée traditionnelle. Dans les cinq prochaines années, il est prévu en Europe … Lire la suite

OPEN INNOVATION : l’innovation partagée

Les grandes entreprises éprouvent de plus en plus de difficultés à suivre le rythme des innovations. Seuls une connexion étroite à leur écosystème et le développement de nouveaux process d’innovations dits d’open innovation peuvent dynamiser les processus internes, remotiver les équipes et instiller une culture de l’innovation. De quoi s’agit-il ? Développé en 2003 par H. Chesbrough … Lire la suite

TRANSHUMANISME : l’homme Dieu ?

Vaincre la maladie, bloquer le processus de vieillissement et faire reculer la mort jusqu’à un âge « mathusalesque » de 1000 ans, font partie des plus grands rêves de l’homme…

Face au refus par l’homme de sa propre vulnérabilité, s’est développé  un courant transhumaniste qui cherche à repousser ses limites physiologiques.

De quoi s’agit-il ?

Le transhumanisme est un mouvement de pensée qui prône l’usage des sciences et des techniques pour repousser les limites biologiques humaines.

Forme de post-humanisme qui recherche le bien de l’homme en le rendant son propre dieu, cette « techno-religion » s’appuie sur les dernières avancées de la science et des technologies : développement de l’intelligence artificielle, séquençage du génome et thérapie génétique, utilisation de cellules souches, nouvelles prothèses…

Certaines multinationales des nouvelles technologies telles que Google ou Facebook investissent des sommes considérables dans ces recherches.Cette quête de l »amortalité », où seule la mort par accident serait possible, pose de nombreux problèmes d’ordre philosophique, social et moral.

Les techno-prophètes, nouveaux gourous de la transhumanité, en faisant de l’homme de demain un sujet technologique à la longévité quasi éternelle, présupposent une supériorité des technologies développées par l’homme à l’ordonnancement naturel.

S’affranchir de la Nature qui nous a fait mortel, devenir le maître de sa propre horloge biologique et de son devenir, telle est la nouvelle frontière des transhumanistes.

MARKETING D’INFLUENCE : le passage obligé des marques

Les campagnes de publicité traditionnelles s’avérent de moins en moins efficaces et très coûteuses. 80 % des internautes déclarent suivre les conseils d’un influenceur de confiance. Le marketing d’influence, plus adapté aux usages de nouvelles générations « digital native », s’est développé pour conforter la notoriété et la visibilité des marques. De quoi s’agit-il ? Le marketing d’influence est une … Lire la suite

BLOCKCHAIN : la fin de l’intermédiation?

On parle beaucoup de la technologie de la « blockchain » qui promet d’ubériser Uber, de révolutionner l’intermédiation, notamment en faisant disparaître les tiers de confiance (plateformes d’échanges, banques, compensateurs)…Les interactions entre les agents économiques s’en trouveraient profondément changées. De quoi s’agit-il ? De façon simplifiée, la technologie de la « blockchain » ou de la « chaine de blocs » est une technologie qui permet de … Lire la suite

DESIGN THINKING : l’innovation centrée sur l’humain

Conçu dans les années 1950 par Rolf Faste à l’université de Stanford, le « design thinking » connaît actuellement un grand engouement. Rendre simples d’usage et d’expérience optimale des produits de plus en plus complexes devient une véritable gageure. La qualité de l’expérience utilisateur étant devenue clé dans la conception des produits ou des services, elle nécessite un processus d’innovation itératif et collaboratif. 

De quoi s’agit-il ?

Selon Tim Brow, fondateur de l’agence de design IDEO, il s’agit d’ « une approche centrée sur l’humain incluant les besoins réels des consommateurs, les possibilités technologiques et les prérequis pour un succès commercial ».

Le « design thinking » est un modèle de management inspiré des méthodes du design qui permet d’incrémenter l’innovation dans l’entreprise. 

Il s’attache à réunir les conditions nécessaires à l’expression de la créativité, du stade de l’idée à celui de la mise en production.

Quelles logiques sous-tendent le design thinking ?

  • la co-création : l’ensemble des départements sont sollicités pour favoriser l’intelligence collective;
  • l’alternance de phases d’intuition et d’analyse dans une logique de go/no go aboutissant à une synthèse ;
  • l’importance majeure donnée à l’étude, au prototype et au test terrain (l’empathie et le prototypage s’avérent essentiels).

Quelle sont les différentes phases du design thinking ?

Il comporte schématiquement trois grandes phases, chacune se découpant en étapes faisant appel à des dispositions d’esprit particulières :

  • une phase d’inspiration (process de réflexion sur le besoin ou le désir qui motive la recherche de solutions) : il s’agit d’une étape de compréhension et d’observation empathique permettant de formuler et de se focaliser sur le besoin ou le problème à résoudre ;
  • une phase d’idéation (process de génération, de développement et de test d’idées) : la génération d’idées nécessite de s’ouvrir aux idées les plus folles ainsi que de l’optimisme. Le prototypage permet de rendre l’idée tangible, le test auprès de vrais utilisateurs d’évaluer sa pertinence ;
  • une phase d’implémentation (process menant du projet au marché) : raconter une histoire et piloter une mise en production profitable concrétisent la démarche.

Force est de constater que le design thinking permet à l’entreprise de développer une culture et mettre en place une organisation et une conduite de l’innovation centrées sur l’utilisateur.

Quelles sont les contraintes et les limites du design thinking ?

Pour être efficace, cette méthode itérative, basée sur des allées/retours permanents, avec son lot d’échecs, de conflits, d’émotions et de désordre ne doit pas se transformer en un process linéaire et fermé, générateur de micro-innovations incrémentales.

Cette démarche pose également de nombreuses questions en termes de définition des besoins utilisateurs. S’adresse-t-on à leurs besoins conscients, inconscients ou influencés ? 

A ce sujet, un courant de « design éthique » est en train de se développer. L’objectif est d’introduire de la transparence et de la raison dans le processus:

  • comprendre les causes réelles de nos besoins,
  • mesurer les effets négatifs de certains de nos choix,
  • faire des propositions responsables.

Rendre l’utilisateur conscient de ses réels besoins ne fait-il pas pleinement partie de l’amélioration de son expérience, d’une utilisation adéquate du produit ou du service ? N’ajoute-t-il pas une valeur supplémentaire à la proposition globale de l’entreprise ?

ENTREPRENEUR : ce mouton à cinq pattes qui sommeille en chacun de nous

L’avènement de la société de l’information et de services a ouvert un large champ de possibles pour celles et ceux qui lancent leur entreprise, que ce soit par choix ou nécessité. Qu’est-ce qu’un(e) entrepreneur(e) ? Dans son ouvrage « Le cycle des affaires » paru en 1939, l’économiste Joseph Schumpeter le décrivait comme « un aventurier, une personne capable de prendre … Lire la suite

BON PAIN : les artisans boulangers font de la résistance

Aliment de base depuis des temps immémoriaux, le pain est un symbole fort de la gastronomie française. Depuis le début du XXe siècle, sa consommation n’a cessé de baisser : 600 g par personne par jour en 1900, 120 g aujourd’hui.
Depuis une dizaine d’années, ce repli s’amplifie : 10% de baisse pour les adultes et 28% pour les jeunes. Les artisans boulangers, qui pratiquent encore ce métier de façon artisanale, multiplient les initiatives pour enrayer ce déclin.
Quelles sont les raisons  de cette désaffection croissante ?
  • l’évolution des modes de vie et des comportements alimentaires :  la pratique du petit déjeuner est en recul, le déjeuner se fait à l’extérieur pour 3 actifs sur 4 et le diner avec moins de pain ;
  • le développement des régimes sans gluten et des cuisines sans pain ;
  • une dégradation de la qualité : le pain blanc industriel est souvent trop sucré, trop salé, trop riche en gluten et faible en vitamines et fibres ;
  • la hausse du prix du pain : +25 % depuis dix ans pour la baguette.
De fait, la consommation de pain devient de moins en moins fonctionnelle et quantitative et de plus en plus hédoniste ou qualitative.
Il y a une demande croissante, bien que minoritaire, pour des produits sains, naturels, biologiques, respectueux de l’environnement, aux saveurs authentiques (goût, nutriment, fibres, pauvre en gluten).
Concernant le pain quotidien, les terminaux de cuisson, les chaines, les rayons pains des hypermarchés n’ont jamais été aussi puissants. Ils représentent plus de la moitié du pain vendu.
Les artisans boulangers réinventent le bon pain
Ayant abandonné le combat dans la viennoiserie et la pâtisserie, les  boulangers font de la résistance dans le pain artisanal.
Certains artisans revisitent l’ensemble de la chaine de fabrication, utilisant :
  • de l’eau de source ;
  • des farines biologiques issues de semences paysannes et moulues artisanalement sur des meules de pierre ou dans des moulins artisanaux ;
  • des levains « maison » ;
  • un pétrissage, une fermentation et une cuisson à l’ancienne.
D’autres, véritables « boulangers-chefs », se lancent dans:
  • la création de recettes originales (« pain signature » au levain naturel, au foin, au thé vert, au charbon noir, à l’abricot…);
  • l’utilisation de farines nouvelles (maïs grillé, quinoa, kamut) ou anciennes (sarrasin, épeautre…).
L’objectif est de proposer de nouveaux accords, des textures différentes et des arômes originaux.
Les boulangeries deviennent des lieux d’expérience consommateur

Capitalisant sur leurs atouts (image d’artisan, emplacement, clientèle fidèle…), les boulangers essaient d’améliorer l’expérience consommateur. Ils transforment leur point de vente en véritable lieu de vie adapté aux moments de consommation de la journée :
  • le petit déjeuner (viennoiseries à emporter) ;
  • l’en cas du matin (coin café avec viennoiseries) ;
  • le déjeuner debout, au comptoir ou avec des places assises ;
  • le gouter (espace détente) ;
  • le diner (plats à emporter, traiteur).
Y sont proposés :
  • des formules et des menus complets,
  • des produits traiteurs qui peuvent être chauffés,
  • des vitrines évolutives,
  • des opérations spéciales fêtes, 
  • des services de livraison,
  • du « click and collect ».
Ces évolutions sont nécessaires pour enrayer la chute de la consommation du pain.
Avec l’industrialisation croissante du pain, le risque est important que la boulangerie devienne à deux vitesses. L’une de haute qualité, artisanale, naturelle, hédoniste et ludique serait réservée à une minorité et l’autre, industrielle et de piètre qualité, au reste de la population.
À moins qu’une voie moyenne ne se dessine, les nouvelles générations étant soucieuses  de consommer des produits bons pour la santé et l’environnement.

ARTE POVERA : un art de rupture poétique et visionnaire

La fin des années 1960 est marquée par le mode de vie américain et l’art consumériste (pop art) caractérisé par la surenchère, le spectaculaire et le tout médiatique. Un groupe d’artistes italiens (Alighiero Boetti, Mario Merz, Jannis Kounellis, Luciano Fabro, Michelangelo Pistoletto, Giulio Paolini), originaires de Turin, ville industrielle marquée par les conflits sociaux, vont rejeter le mercantilisme du … Lire la suite