GUÉRILLA MARKETING : un marketing de choc

Initié par les petites et moyennes entreprises pour promouvoir à moindre coût leurs produits et services puis adopté par les grandes marques, le « guérilla marketing » a révolutionné le marketing et la vente. Théorisée dès 1984 par Jay Conrad Levinson, cette stratégie marketing de rue profite du développement des réseaux sociaux et de l’arrivée des nouvelles générations, imprégnées de culture de la rue, de street art et de digital.

De quoi s’agit-il ?

La guérilla militaire est une guerre de l’ombre, non conventionnelle, faite d’actions surprises.

Par analogie, la guérilla marketing consiste en l’utilisation de stratégies et de tactiques non conventionnelles, faisant appel à l’ingéniosité et à la créativité plutôt qu’à des investissements publicitaires massifs, de nature à capter l’attention positive d’un maximum de personnes dans sa cible.

Quels sont ses objectifs ?

  • Toucher le maximum de monde en privilégiant les lieux publics et fréquentés, les évènements d’importance de type culturel ou sportif ,
  • Favoriser la participation et l’interaction avec les utilisateurs,
  • Générer des réactions positives, un effet de bouche à oreille, déclencher un buzz social, un effet viral en relayant ses actions sur les réseaux sociaux
  • Construire une image de marque disruptive, innovante, sympathique.

Quels sont ses impératifs ? 

  • Sortir du format habituel, se démarquer par sa créativité, son originalité, détourner les usages habituels et favoriser l’aspect ludique ,
  • Être imprévisible, créer un effet de surprise, en choisissant le bon endroit au bon moment.

Quels sont les principaux types de guérilla marketing ?

En particulier,

  • le marketing de rue ou ‘street marketing » est une technique qui utilise la rue et les lieux publics, souvent de façon détournée, pour promouvoir un produit, une marque ou un évènement;
  • le marketing embusqué ou « ambush marketing » consiste à parasiter un grand évènement très exposé médiatiquement (concert, festival ou évènement sportif) sans en être le partenaire officiel ;
  • le marketing furtif ou « stealth marketing » est une technique visant à communiquer sur un produit sans en avoir l’air, de façon faussement naïve ou désintéressée. Une de ses formes est l’undercover marketing : diffuser une information ou un message favorable à la marque ou à ses produits, sans que le message apparaisse comme venant de la marque ou de son agence ;
  • le marketing ambiant ou ambient marketing est un format publicitaire qui se fond dans l’environnement de ses cibles pour attirer leur attention dans des endroits imprévus ;
  • le marketing viral est une technique utilisant les destinataires du message pour assurer l’essentiel de sa diffusion finale (phénomène de bouche à oreille électronique ou marketing de réseau).

Le développement des médias sociaux démultiplie son impact

Les techniques de guérilla marketing utilisant l’espace public trouvent dans les réseaux sociaux et l’internet un effet amplificateur unique.

La diffusion des vidéos internet, des installations furtives, des mises en scène style flash mobs sur les réseaux sociaux, blogs ou portails vidéos améliore en outre l’expérience  marque.

Un marketing créatif, organisé et planifié

Marketing d’un nouveau genre, collaboratif, replaçant le client au centre, axé sur les émotions et la psychologie, le guérilla marketing requiert du temps, de l’imagination et de l’énergie pour fonctionner de façon positive et exponentielle.

L’effet viral est par nature imprévisible et incontrôlable comme la tournure que peut prendre l’évènement. Il est important de soigner sa conception et sa planification pour éviter des conséquences désastreuses sur l’image de marque de l’entreprise. De même, le caractère retentissant de l’évènement ne doit pas occulter la marque, mais la mettre en valeur de façon détournée, décalée et positive.

Créer de la sympathie envers la marque, la rendre inoubliable et obtenir un retour sur investissement gigantesque en un temps record vaut bien de mobiliser la créativité et l’intelligence collective de l’entreprise.

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DONNÉES : comment restaurer la confiance numérique ?

La numérisation de la société s’accélérant, la multiplication des usages à titre commercial ou malhonnête entraîne une méfiance de plus en plus grande des usagers vis-à-vis de l’économie numérique. Malgré l’adoption de lois et d’un règlement européen (RGPD), les grands groupes collecteurs de données semblent seuls à même de restaurer la confiance numérique en instaurant de nouvelles pratiques responsables et de partage. 

Qu’est-ce qu’une donnée personnelle ?

Selon la CNIL, il s’agit de « toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement (nom, prénom, photo, adresses, numéros de téléphone, carte bancaire, élément d’identification, données de géolocalisation…) ».

Quelles sont les protections juridiques  ?

En France, dès 1978, la loi « Informatique et Libertés » énonce un certain nombre de principes de protection des données personnelles :

  • le principe de finalité : le recueil et le traitement des données ne peut se faire que pour un usage déterminé et légitime correspondant aux missions de l’établissement,
  • le principe de proportionnalité : seules sont enregistrées les informations nécessaires et pertinentes pour leur finalité,
  • le principe de pertinence des données : elles doivent être adéquates, pertinentes et non excessives au regard des objectifs poursuivis,
  • le principe de durée limitée de conservation des données ou droit à l’oubli : déterminée en fonction de la finalité du fichier,
  • le principe de sécurité et de confidentialité : le responsable du traitement est astreint à une obligation de sécurité pour garantir la confidentialité des données et éviter leur divulgation,
  • le principe de transparence : il s’agit de donner l’information aux personnes de la collecte et du traitement de leurs données,
  • le principe du respect du droit des personnes en informant les intéressés, en garantissant les droits d’accès et de rectification et le droit d’opposition.

Le recueil et le traitement des données dites sensibles (informations faisant apparaître directement ou indirectement origines raciales, opinions politiques, philosophiques religieuses, relatives à la santé ou la vie sexuelle et à l’appartenance syndicale des personnes) sont interdits.

La technologie ayant fortement évolué (développement du Big Data et des usages commerciaux des données personnelles), un Réglement Général sur la Protection des Données (RGPD), harmonisant le droit applicable sur le plan européen est entré en application en mai 2018.

Ce règlement prévoit quelques mesures phares :

  • la portabilité des données : possibilité de récupérer toutes les données en la possession d’une société ;
  • la possibilité d’actions de groupe pour déposer des recours contre les grands groupes ;
  • la refonte des conditions d’utilisation pour les mineurs avec consentement du représentant légal ;
  • la loyauté de collecte des données par les objets connectés, proportionnée et pertinente par rapport à l’usage prévu.

De plus, les concepteurs d’applications ont l’obligation d’intégrer dès la conception de leur produit ou service les questions de confidentialité et de protections des données (privacy by design). Ledit service doit être calé sur le niveau le plus protecteur pour le consommateur (privacy by default).

Qu’en est-il des transferts de données de citoyens européens vers des pays n’offrant pas un niveau de protection suffisant ?

 Du fait de l’hétérogénéité des législations d’un État à l’autre, ils sont interdits. Depuis mai 2016, un « Privacy Shield » encadre les échanges des données transatlantiques, le récent décret Trump Privacy Act, excluant les non-Américains des programmes de protection de la vie privée afin de renforcer la sécurité intérieure des États-Unis, ne le remettant pas en cause.

 

Une défiance numérique généralisée 

Malgré cet arsenal juridique, la défiance est de plus en plus forte vis-à-vis des grandes entreprises qui communiquent peu sur l’usage des données personnelles sources principales de revenus. 

La pression commerciale sur les usagers, ou ciblage publicitaire, étant de plus en plus forte, des stratégies d’évitement se mettent en place (pseudonymes, effaçage des historiques..) et des peurs irrationnelles surgissent.

Les annonces de piratage ou d’utilisation frauduleuse se multipliant, la défiance numérique se généralise.

Les besoins en termes de chartes d’utilisation des données et de garanties techniques n’ont jamais été aussi forts, seuls susceptibles de restaurer la confiance numérique.

La voie du partage et de la réappropriation des données personnelles

Si l’utilisation des données personnelles est aussi importante pour les entreprises ou les administrations pour cibler ou orienter nos décisions, l’usager doit se poser la question de se les réapproprier (self data).

L’usage privé de ses propres données sur le plan de la santé, de l’alimentation ou de la consommation pourrait nous aider à ajuster nos comportements et faire de meilleurs choix pour consommer ou acheter différemment. Le partage du pouvoir des données pourrait restaurer la confiance dans les collecteurs de ces données.

En outre, nous retrouverions de nouvelles marges d’ajustement et d’initiatives grâce à l’usage intelligent de nos propres données et résisterions à la catégorisation statistique issue de leur traitement informatisé…

DRONES : des aéronefs connectés multi-usages

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ROBOLUTION : la robot-révolution est en marche

Il y aurait, selon la Fédération internationale de robotique, plus de 12 millions de robots dans le monde. Avec le développement des technologies d’automation, d’intelligence artificielle et d’internet des objets, une véritable révolution des robots se profile.

De quoi s’agit-il ?

La robolution, néologisme formé à partir des mots « robot » et « révolution » désigne les bouleversements engendrés par la généralisation des robots mécaniques au travail et à la maison.

Quels usages ?

Les robots sont fortement utilisés dans l’industrie (automobile, aéronautique, mécanique…) pour automatiser des tâches répétitives ou dangereuses.

Il existe aussi des robots humanoïdes d’aide à la personne, des robots professeurs ainsi que des robots animaux.

Quels développements ?

Grâce au développement de l’intelligence artificielle, les automates sont devenus des robots effectuant des tâches programmées, interagissant avec leur environnement.

L’avènement des robots pourrait permettre un partage du travail optimal. Les tâches pénibles réservées aux robots, l’homme se consacrerait au contrôle, à la maintenance des machines et aux tâches à valeur ajoutée.

Les transhumanistes envisagent une collaboration étroite entre la machine et l’homme pour allier les performances des robots à la créativité et l’intelligence humaine.

Les amateurs de science-fiction vont plus loin en imaginant un être mi-homme, mi-robot.

Quel cadre éthique et juridique ?

Au fur et à mesure que les robots deviennent plus humains (qu’ils réfléchissent, apprennent et corrigent leurs erreurs), un cadre juridique et éthique devient indispensable pour interdire la conception de robots susceptibles d’attenter à la sécurité ou à la dignité humaine.

Le 15 février 2017, le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de définir les normes juridiques et éthiques applicables aux robots.

Une révolution à venir ?

De fait, la « robolution » est en marche, bien qu’elle semble, pour le moment, plus un slogan qu’une réalité.

La réorganisation des taches au travail et à la maison s’organise très progressivement.

La révolution des bots numériques, la « bolution », semble plus proche, porteurs de plus de destruction massive d’emplois que les robots mécaniques.

En effet, les tâches réalisées par les bots devenant de plus en plus sophistiquées, il est à craindre qu’une partie des actifs les moins qualifiés et « les moins numérisés » soient progressivement exclus du marché du travail.

Aller plus loin :

The Second Machine Age: Work, progress and prosperity in a time of brilliant technologies- Erik Brynjolfsson, Andrew Mac Affee

Rise of robots: Technology an the threat of a jobless future- Martin Ford

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