Marque personnelle : une nécessité professionnelle

Marque personnelle, professionnelle mettant à jour son profil sur un réseau social professionnel

Indépendants toujours plus nombreux, carrières qui ne se font plus dans une seule entreprise, recruteurs qui consultent les réseaux sociaux avant un entretien : construire sa marque personnelle est devenu une compétence professionnelle à part entière. Popularisée sous le nom de « personal branding », la marque personnelle consiste à définir, faire connaître et entretenir son identité professionnelle, comme une entreprise le fait pour ses produits. Définition, origine, étapes, techniques et pièges à éviter : voici comment bâtir une marque personnelle solide et sincère.

Qu’est-ce que la marque personnelle ?

La marque personnelle désigne l’image professionnelle qu’une personne projette et la réputation qui en découle : ce qu’elle sait faire, ce qui la distingue, les valeurs qu’elle défend. La construire, c’est maîtriser et développer sa communication personnelle, à l’écrit, à l’oral comme en ligne, pour promouvoir ses activités, son expertise et sa notoriété.

Elle repose sur une stratégie claire autour de son identité professionnelle, et sur une réalité que l’on oublie souvent : chacun a déjà une marque personnelle, ne serait-ce que ce qu’on trouve en tapant son nom dans un moteur de recherche. La seule question est de savoir si on la subit ou si on la construit.

D’où vient le personal branding ?

L’expression naît aux États-Unis. Le 31 août 1997, le consultant américain Tom Peters, coauteur du best-seller Le Prix de l’excellence, publie dans le magazine Fast Company un article intitulé « The Brand Called You ». Il y affirme que, quels que soient son âge, son poste ou son secteur, chacun doit se considérer comme le dirigeant de sa propre entreprise et le premier responsable du marketing de sa propre marque.

L’idée prend toute son ampleur avec l’essor des réseaux sociaux professionnels, à commencer par LinkedIn, lancé en 2003. En quelques années, le personal branding devient un métier, avec ses consultants, ses livres et ses formations.

Pourquoi la marque personnelle est devenue une nécessité

Plusieurs évolutions du travail rendent la marque personnelle indispensable :

  • l’essor du travail indépendant : fin 2023, 4,2 millions de personnes exerçaient une activité non salariée en France selon l’Insee, dont plus de la moitié sous le statut de micro-entrepreneur. Hors agriculture, leur nombre a augmenté de 78 % depuis 2008. Face à une concurrence de plus en plus vive sur les prestations comme sur les prix, se distinguer devient vital ;
  • des carrières moins linéaires : changements de poste, reconversions et activités multiples, celles des « slashers », imposent de savoir présenter un parcours cohérent ;
  • des recrutements qui passent par le numérique : un profil en ligne est souvent la première impression laissée à un recruteur ou à un client ;
  • l’employabilité : même salarié, savoir faire reconnaître ses talents facilite la mobilité interne et externe.

Les nouvelles générations, qui ont grandi avec les réseaux sociaux, abordent d’ailleurs cette question très tôt dans leur vie professionnelle, comme le montre notre tableau des grandes générations du XXe et du XXIe siècle.

Les étapes pour construire sa marque personnelle

Comme pour une marque d’entreprise, la démarche suit plusieurs étapes :

  • découvrir sa marque : définir ses objectifs (évoluer dans sa carrière, décrocher un nouveau poste, développer son activité d’indépendant, affirmer son leadership), puis identifier sa valeur ajoutée, ses compétences et ce qui fait sa différence ;
  • créer et communiquer : choisir son positionnement, ses messages clés et ses supports (réseaux sociaux, blog, conférences, publications spécialisées), produire des contenus, participer à des communautés ;
  • valider sa marque : mesurer son e-réputation et l’impact de son image en termes d’engagement et de retours ;
  • entretenir et corriger : actualiser ses profils, ajuster son discours, rectifier ce qui ne correspond plus à son projet ;
  • animer son réseau : échanger, partager, recommander, rendre service. Une marque personnelle vit par les relations qu’elle tisse.

Les techniques empruntées aux marques

Le personal branding reprend les outils utilisés par les entreprises et les influenceurs :

  • le storytelling : raconter son propre parcours de façon vivante et cohérente, dans un but professionnel ;
  • le marketing numérique : publier régulièrement sur les réseaux sociaux, pratiquer le « social selling », qui consiste à prospecter en partageant son expertise ;
  • la démarche réseau : rencontres, événements professionnels, associations d’anciens élèves, communautés de métier ;
  • la cohérence visuelle : même photo professionnelle, même titre et même ton sur tous les supports.

L’essentiel est de renvoyer une image de soi claire, sincère et authentique, mais aussi cohérente, différenciante et engagée.

Marque personnelle et entreprise : le collaborateur ambassadeur

La marque personnelle ne concerne pas que les indépendants. Elle se déploie aussi dans l’entreprise : on parle de « marque collaborateur » ou d’« employee branding ». Certaines entreprises s’appuient de façon concertée sur l’image de leurs salariés, devenus de véritables ambassadeurs : c’est l’« employee advocacy ». Des dirigeants utilisent également leur notoriété personnelle pour promouvoir leur entreprise.

Bien gérée, cette dynamique renforce la marque employeur, c’est-à-dire l’attractivité de l’entreprise auprès des candidats. Elle suppose toutefois des règles claires : respect de la confidentialité, de l’image de l’entreprise et de la liberté de chacun de ne pas s’exposer.

La démarche étant exigeante, certains font appel à un « personal brander », consultant qui aide à définir ses objectifs, ses talents et son positionnement, puis à déployer sa marque sur les réseaux sociaux et dans les publications spécialisées.

Les pièges à éviter

  • l’artifice : une image fabriquée, sans lien avec ses compétences réelles, finit toujours par se voir ;
  • l’incohérence : un discours différent d’un réseau à l’autre brouille le message ;
  • la surexposition : publier sans cesse fatigue son audience, et parfois soi-même, au point que le New York Times a consacré en 2022 un article à l’épuisement lié à l’entretien de sa marque personnelle ;
  • l’oubli du privé : photos, opinions ou commentaires personnels visibles publiquement peuvent nuire à l’image professionnelle ;
  • l’absence de suivi : un profil laissé à l’abandon donne l’impression d’une activité éteinte.

Loin d’être artificielle ou superflue, la démarche est souvent fondatrice. Elle permet de mieux se connaître (ses objectifs, ses points forts, sa valeur ajoutée), de se faire connaître (maîtriser son identité professionnelle et développer sa notoriété) et de se faire reconnaître (gérer sa réputation). Dans un monde où l’image compte, montrer ce qui nous anime et ce qui fait notre différence aide à se démarquer, à rester employable et à évoluer.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le personal branding ?

C’est l’expression anglaise désignant la construction de sa marque personnelle : définir son identité professionnelle, la faire connaître et gérer sa réputation, en s’inspirant des techniques des marques commerciales.

Faut-il forcément être sur les réseaux sociaux ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est aujourd’hui le moyen le plus simple d’être visible. Un profil professionnel à jour suffit souvent à lancer la démarche ; la qualité et la régularité comptent plus que la quantité.

Quelle différence entre marque personnelle et marque employeur ?

La marque personnelle est l’image d’une personne ; la marque employeur, celle d’une entreprise en tant que lieu de travail. Les deux se renforcent lorsque les salariés deviennent ambassadeurs de leur entreprise.

Combien de temps faut-il pour construire sa marque personnelle ?

Il n’y a pas de délai fixe : la réflexion de départ peut prendre quelques semaines, mais la réputation se construit sur la durée, par la cohérence et la régularité.

SOCIAL SELLING : comment mieux vendre avec les réseaux sociaux ?

Le développement des réseaux sociaux a révolutionné le processus d’achat, transférant le pouvoir du vendeur au client. 70 % des achats sont réalisés sans vendeur et 60 % des décisions d’achat BtoB sont prises lors du pré-achat.

75 % des acheteurs et 85 % des décideurs fréquentant les réseaux sociaux pour orienter leur achat (« social buying »), développer une stratégie de « social selling » parait indispensable.

De quoi s’agit-il ?

Le social selling ou « vente sociale » consiste en l’utilisation des réseaux sociaux dans les différentes étapes du processus de vente.

C’est un processus de recherche, sélection, écoute et interaction avec des prospects via les réseaux sociaux. Dans l’entreprise, il concerne tous ceux qui guident les prospects vers la décision d’achat : dirigeants, managers, commerciaux, vendeurs, marketeurs..

Pourquoi adopter le social selling ?

  • le social listening : les réseaux sociaux permettent d’« écouter » les conversations et les interrogations sur son secteur, la concurrence et ses propres produits. Cela facilite l’identification des prospects (ou « leads »). Les nombreuses informations sur leurs besoins facilitent la prise de contact et une réponse qualifiée ;
  • le social networking : une fois les invitations de contact acceptées, les réseaux sociaux permettent de nouer une relation de confiance par l’exposé de ses compétences et de sa valeur ajoutée et d’engager de nombreuses interactions avec les contacts ;
  • l’adaptation au « social buying » : les acheteurs utilisant majoritairement les réseaux sociaux lors de la phase de préachat, il est indispensable d’être présent et de se démarquer de la concurrence en communiquant sur sa marque, ses compétences. Il faut apparaître comme l’expert de son domaine et publier un contenu unique de qualité ;
  • la social compétition : le social selling étant de plus en plus utilisé par la concurrence, être absent reviendrait à lui laisse le champ libre ;
  • le social CRM : grâce à la masse d’informations recueillies sur les réseaux sociaux, le CRM devient augmenté, évolutif et collaboratif.

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Marque employeur : un enjeu clé pour l’entreprise

Marque employeur, collaborateurs réunis autour d’une table de travail

La marque employeur est l’image qu’une entreprise donne d’elle-même comme lieu de travail, auprès de ses collaborateurs comme de ses futurs candidats. Elle recouvre l’ensemble des problématiques de recrutement et de fidélisation liées à cette image et à la réputation qui l’accompagne. Une marque employeur forte permet d’attirer les profils recherchés, de raccourcir les recrutements … Lire la suite

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : les fondamentaux

Notion formulée dans les années 1950, l’intelligence artificielle ou I.A. connait depuis les années 2000 un fort développement académique et applicatif. Dans une ère centrée sur l’expérience utilisateur, le recours à l’intelligence artificielle s’avère indispensable. Après avoir investi 12,5 Mds $ dans l’I.A.en 2017, les géants de la technologie et de l’industrie prévoient d’accroître leurs … Lire la suite

GUÉRILLA MARKETING : un marketing de choc

Initié par les petites et moyennes entreprises pour promouvoir à moindre coût leurs produits et services puis adopté par les grandes marques, le « guérilla marketing » a révolutionné le marketing et la vente. Théorisée dès 1984 par Jay Conrad Levinson, cette stratégie marketing de rue profite du développement des réseaux sociaux et de l’arrivée des nouvelles générations, imprégnées de culture de la rue, de street art et de digital.

De quoi s’agit-il ?

La guérilla militaire est une guerre de l’ombre, non conventionnelle, faite d’actions surprises.

Par analogie, la guérilla marketing consiste en l’utilisation de stratégies et de tactiques non conventionnelles, faisant appel à l’ingéniosité et à la créativité plutôt qu’à des investissements publicitaires massifs, de nature à capter l’attention positive d’un maximum de personnes dans sa cible.

Quels sont ses objectifs ?

  • Toucher le maximum de monde en privilégiant les lieux publics et fréquentés, les évènements d’importance de type culturel ou sportif ,
  • Favoriser la participation et l’interaction avec les utilisateurs,
  • Générer des réactions positives, un effet de bouche à oreille, déclencher un buzz social, un effet viral en relayant ses actions sur les réseaux sociaux
  • Construire une image de marque disruptive, innovante, sympathique.

Quels sont ses impératifs ? 

  • Sortir du format habituel, se démarquer par sa créativité, son originalité, détourner les usages habituels et favoriser l’aspect ludique ,
  • Être imprévisible, créer un effet de surprise, en choisissant le bon endroit au bon moment.

Quels sont les principaux types de guérilla marketing ?

En particulier,

  • le marketing de rue ou ‘street marketing » est une technique qui utilise la rue et les lieux publics, souvent de façon détournée, pour promouvoir un produit, une marque ou un évènement;
  • le marketing embusqué ou « ambush marketing » consiste à parasiter un grand évènement très exposé médiatiquement (concert, festival ou évènement sportif) sans en être le partenaire officiel ;
  • le marketing furtif ou « stealth marketing » est une technique visant à communiquer sur un produit sans en avoir l’air, de façon faussement naïve ou désintéressée. Une de ses formes est l’undercover marketing : diffuser une information ou un message favorable à la marque ou à ses produits, sans que le message apparaisse comme venant de la marque ou de son agence ;
  • le marketing ambiant ou ambient marketing est un format publicitaire qui se fond dans l’environnement de ses cibles pour attirer leur attention dans des endroits imprévus ;
  • le marketing viral est une technique utilisant les destinataires du message pour assurer l’essentiel de sa diffusion finale (phénomène de bouche à oreille électronique ou marketing de réseau).

Le développement des médias sociaux démultiplie son impact

Les techniques de guérilla marketing utilisant l’espace public trouvent dans les réseaux sociaux et l’internet un effet amplificateur unique.

La diffusion des vidéos internet, des installations furtives, des mises en scène style flash mobs sur les réseaux sociaux, blogs ou portails vidéos améliore en outre l’expérience  marque.

Un marketing créatif, organisé et planifié

Marketing d’un nouveau genre, collaboratif, replaçant le client au centre, axé sur les émotions et la psychologie, le guérilla marketing requiert du temps, de l’imagination et de l’énergie pour fonctionner de façon positive et exponentielle.

L’effet viral est par nature imprévisible et incontrôlable comme la tournure que peut prendre l’évènement. Il est important de soigner sa conception et sa planification pour éviter des conséquences désastreuses sur l’image de marque de l’entreprise. De même, le caractère retentissant de l’évènement ne doit pas occulter la marque, mais la mettre en valeur de façon détournée, décalée et positive.

Créer de la sympathie envers la marque, la rendre inoubliable et obtenir un retour sur investissement gigantesque en un temps record vaut bien de mobiliser la créativité et l’intelligence collective de l’entreprise.

Qu’est-ce que l’EXPÉRIENCE ÉTUDIANT ?

Au cours de ses études supérieures, l’étudiant est souvent livré à lui-même, enchainant les redoublements, les échecs et les reconversions à la hâte. Délaissé par une orientation pédagogique peinant à suivre la transformation accélérée des métiers, il est confronté à une offre pléthorique de formations onéreuses et de voies de garage. Devenu consommateur de formation, acquéreur … Lire la suite

ALGORITHMES : comment les rendre plus efficaces, éthiques et responsables ?

À l’ère du big data et de l’intelligence artificielle, les algorithmes prennent de plus en plus de place dans les processus de décision et la vie quotidienne. Utilisés à des fins de rentabilité et de productivité, ces constructions logiques ne sont pas exemptes de biais ou d’effets non désirés. Les algorithmes posent des questions éthiques et … Lire la suite

TALENTS : la priorité des entreprises agiles

Les années 2000 se caractérisent par le développement de l’hyper-compétition, le poids de l’innovation dans le coût des produits et les risques de pénurie de main-d’œuvre très qualifiée. La performance des entreprises repose de plus en plus sur l’excellence individuelle d’un petit nombre d’individus clés doués de talents. Une véritable guerre des talents est en train de se mettre … Lire la suite

GIG ECONOMY : l’économie à la tâche mondialisée

La France compterait en 2017 plus de 2,5 millions de freelances et 4,5 millions de « slashers » (personnes exerçant plus de deux activités professionnelles). À l’horizon 2030, la « freelancisation » pourrait concerner 30 % à 40 % de la population active. La « gig-economy » (être libre de travailler où on veut et quand on veut), loin d’être une utopie, devient une réalité de plus en plus … Lire la suite

EXPÉRIENCE APPRENANT : clé de l’agilité de l’entreprise

Développer l’expérience utilisateur (UX), qu’il soit client, collaborateur ou candidat, est devenu indispensable dans une économie mondialisée, à la demande, évoluant en permanence. Les entreprises exigeant de leurs collaborateurs toujours plus d’adaptabilité (compétences nouvelles, tâches multiples), cela nécessite qu’elles conçoivent des expériences d’apprentissage personnalisées, motivantes et opérationnelles. Qu’est-ce que l’expérience apprenant ? Il s’agit de l’ensemble des interactions, émotions … Lire la suite

DONNÉES : comment restaurer la confiance numérique ?

La numérisation de la société s’accélérant, la multiplication des usages à titre commercial ou malhonnête entraîne une méfiance de plus en plus grande des usagers vis-à-vis de l’économie numérique. Malgré l’adoption de lois et d’un règlement européen (RGPD), les grands groupes collecteurs de données semblent seuls à même de restaurer la confiance numérique en instaurant de nouvelles pratiques responsables et de partage. 

Qu’est-ce qu’une donnée personnelle ?

Selon la CNIL, il s’agit de « toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement (nom, prénom, photo, adresses, numéros de téléphone, carte bancaire, élément d’identification, données de géolocalisation…) ».

Quelles sont les protections juridiques  ?

En France, dès 1978, la loi « Informatique et Libertés » énonce un certain nombre de principes de protection des données personnelles :

  • le principe de finalité : le recueil et le traitement des données ne peut se faire que pour un usage déterminé et légitime correspondant aux missions de l’établissement,
  • le principe de proportionnalité : seules sont enregistrées les informations nécessaires et pertinentes pour leur finalité,
  • le principe de pertinence des données : elles doivent être adéquates, pertinentes et non excessives au regard des objectifs poursuivis,
  • le principe de durée limitée de conservation des données ou droit à l’oubli : déterminée en fonction de la finalité du fichier,
  • le principe de sécurité et de confidentialité : le responsable du traitement est astreint à une obligation de sécurité pour garantir la confidentialité des données et éviter leur divulgation,
  • le principe de transparence : il s’agit de donner l’information aux personnes de la collecte et du traitement de leurs données,
  • le principe du respect du droit des personnes en informant les intéressés, en garantissant les droits d’accès et de rectification et le droit d’opposition.

Le recueil et le traitement des données dites sensibles (informations faisant apparaître directement ou indirectement origines raciales, opinions politiques, philosophiques religieuses, relatives à la santé ou la vie sexuelle et à l’appartenance syndicale des personnes) sont interdits.

La technologie ayant fortement évolué (développement du Big Data et des usages commerciaux des données personnelles), un Réglement Général sur la Protection des Données (RGPD), harmonisant le droit applicable sur le plan européen est entré en application en mai 2018.

Ce règlement prévoit quelques mesures phares :

  • la portabilité des données : possibilité de récupérer toutes les données en la possession d’une société ;
  • la possibilité d’actions de groupe pour déposer des recours contre les grands groupes ;
  • la refonte des conditions d’utilisation pour les mineurs avec consentement du représentant légal ;
  • la loyauté de collecte des données par les objets connectés, proportionnée et pertinente par rapport à l’usage prévu.

De plus, les concepteurs d’applications ont l’obligation d’intégrer dès la conception de leur produit ou service les questions de confidentialité et de protections des données (privacy by design). Ledit service doit être calé sur le niveau le plus protecteur pour le consommateur (privacy by default).

Qu’en est-il des transferts de données de citoyens européens vers des pays n’offrant pas un niveau de protection suffisant ?

 Du fait de l’hétérogénéité des législations d’un État à l’autre, ils sont interdits. Depuis mai 2016, un « Privacy Shield » encadre les échanges des données transatlantiques, le récent décret Trump Privacy Act, excluant les non-Américains des programmes de protection de la vie privée afin de renforcer la sécurité intérieure des États-Unis, ne le remettant pas en cause.

 

Une défiance numérique généralisée 

Malgré cet arsenal juridique, la défiance est de plus en plus forte vis-à-vis des grandes entreprises qui communiquent peu sur l’usage des données personnelles sources principales de revenus. 

La pression commerciale sur les usagers, ou ciblage publicitaire, étant de plus en plus forte, des stratégies d’évitement se mettent en place (pseudonymes, effaçage des historiques..) et des peurs irrationnelles surgissent.

Les annonces de piratage ou d’utilisation frauduleuse se multipliant, la défiance numérique se généralise.

Les besoins en termes de chartes d’utilisation des données et de garanties techniques n’ont jamais été aussi forts, seuls susceptibles de restaurer la confiance numérique.

La voie du partage et de la réappropriation des données personnelles

Si l’utilisation des données personnelles est aussi importante pour les entreprises ou les administrations pour cibler ou orienter nos décisions, l’usager doit se poser la question de se les réapproprier (self data).

L’usage privé de ses propres données sur le plan de la santé, de l’alimentation ou de la consommation pourrait nous aider à ajuster nos comportements et faire de meilleurs choix pour consommer ou acheter différemment. Le partage du pouvoir des données pourrait restaurer la confiance dans les collecteurs de ces données.

En outre, nous retrouverions de nouvelles marges d’ajustement et d’initiatives grâce à l’usage intelligent de nos propres données et résisterions à la catégorisation statistique issue de leur traitement informatisé…

ROBOLUTION : la robot-révolution est en marche

Il y aurait, selon la Fédération internationale de robotique, plus de 12 millions de robots dans le monde. Avec le développement des technologies d’automation, d’intelligence artificielle et d’internet des objets, une véritable révolution des robots se profile.

De quoi s’agit-il ?

La robolution, néologisme formé à partir des mots « robot » et « révolution » désigne les bouleversements engendrés par la généralisation des robots mécaniques au travail et à la maison.

Quels usages ?

Les robots sont fortement utilisés dans l’industrie (automobile, aéronautique, mécanique…) pour automatiser des tâches répétitives ou dangereuses.

Il existe aussi des robots humanoïdes d’aide à la personne, des robots professeurs ainsi que des robots animaux.

Quels développements ?

Grâce au développement de l’intelligence artificielle, les automates sont devenus des robots effectuant des tâches programmées, interagissant avec leur environnement.

L’avènement des robots pourrait permettre un partage du travail optimal. Les tâches pénibles réservées aux robots, l’homme se consacrerait au contrôle, à la maintenance des machines et aux tâches à valeur ajoutée.

Les transhumanistes envisagent une collaboration étroite entre la machine et l’homme pour allier les performances des robots à la créativité et l’intelligence humaine.

Les amateurs de science-fiction vont plus loin en imaginant un être mi-homme, mi-robot.

Quel cadre éthique et juridique ?

Au fur et à mesure que les robots deviennent plus humains (qu’ils réfléchissent, apprennent et corrigent leurs erreurs), un cadre juridique et éthique devient indispensable pour interdire la conception de robots susceptibles d’attenter à la sécurité ou à la dignité humaine.

Le 15 février 2017, le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de définir les normes juridiques et éthiques applicables aux robots.

Une révolution à venir ?

De fait, la « robolution » est en marche, bien qu’elle semble, pour le moment, plus un slogan qu’une réalité.

La réorganisation des taches au travail et à la maison s’organise très progressivement.

La révolution des bots numériques, la « bolution », semble plus proche, porteurs de plus de destruction massive d’emplois que les robots mécaniques.

En effet, les tâches réalisées par les bots devenant de plus en plus sophistiquées, il est à craindre qu’une partie des actifs les moins qualifiés et « les moins numérisés » soient progressivement exclus du marché du travail.

Aller plus loin :

The Second Machine Age: Work, progress and prosperity in a time of brilliant technologies- Erik Brynjolfsson, Andrew Mac Affee

Rise of robots: Technology an the threat of a jobless future- Martin Ford

L’ÉCONOMIE DE LA TRANSFORMATION : la prochaine économie

En 1999, J. Pine et J. Gilmore dans « The experience economy » prévoyaient avec l’élévation des attentes des agents économiques que l’économie de services serait supplantée par une économie fondée sur l’expérience. Dans ce même ouvrage, ils estimaient que faire vivre à l’utilisateur une expérience transformatrice serait la prochaine progression de la valeur économique, marquant l’avènement d’une économie … Lire la suite

FINTECHS : la révolution financière est en marche

Selon le Guardian, les « fintechs ont provoqué en 10 ans plus d’innovations qu’en 200 ans de gestion bancaire traditionnelle! » Les fintechs profitent de l’arrivée de nouvelles générations qui utilisent technologies digitales et réseaux sociaux ainsi que de la désaffection croissante du grand public vis à vis des établissements traditionnels (mauvaise expérience à un coût élevé). En … Lire la suite

EXPÉRIENCE FOURNISSEUR : une des priorités de l’entreprise agile

Dans une économie exigeant toujours plus de différenciation, de flexibilité et d’innovation, la dépendance vis-à-vis des partenaires de l’entreprise s’accroit (externalisation croissante des compétences). Fidéliser ses fournisseurs et améliorer leur expérience suppose un changement culturel profond, mais cela s’avère de plus en plus indispensable  . Qu’est-ce que l’expérience fournisseur ? Il s’agit de l’ensemble des expériences vécues … Lire la suite